Le mongol passe pour impossible. Il est surtout construit à l’envers du français. Le verbe ferme la phrase, nos prépositions sont devenues des suffixes collés au nom, et rien ne s’accorde : ni genre, ni article, ni terminaison de conjugaison par personne. Tout ce qui occupe les deux premières années d’un cours d’allemand ou d’espagnol n’existe pas ici. Ce qui reste tient dans une quinzaine de mécanismes réguliers, et cette page les donne tous : les cas en tableau, la règle qui choisit la forme d’un suffixe, les terminaisons du verbe, la négation, la question, vingt-six phrases décomposées mot à mot et transcrites, et huit exercices corrigés. Comptez deux soirées pour lire, quelques semaines pour que ce soit un réflexe.
Avant le détail, le squelette. Ces six principes ne souffrent presque aucune exception, et ils suffisent déjà à décoder un panneau ou une phrase courte.
| Principe | Conséquence pratique |
|---|---|
| Le verbe est en dernier | Si vous décrochez avant la fin, vous perdez le temps, la négation et la question d’un coup. |
| Le mongol est agglutinant | Un mot écrit peut valoir une phrase française entière : on empile les suffixes sur une racine qui ne change pas. |
| Pas de prépositions, des suffixes | « à », « de », « avec », « sans », « vers » sont collés à la fin du nom. Il n’y a aucun petit mot à placer devant. |
| Ni genre, ni article, ni accord | Un nom a une seule forme de base. Un adjectif ne bouge jamais. Un verbe ne distingue pas je, tu, il. |
| Le déterminant précède le déterminé | « la vallée de l’Orkhon » se dit « Orkhon-de vallée ». L’inverse est incompréhensible. |
| La forme du suffixe suit les voyelles du mot | Un même suffixe a deux à quatre habillages. C’est l’harmonie vocalique, et c’est mécanique. |
Une précision utile avant d’aller plus loin : ce que décrit cette page est le khalkha, la langue standard de l’État mongol, enseignée à l’école et parlée dans les médias. Elle est comprise partout dans le pays, y compris là où on parle un parler local ; voyez les dialectes du mongol. Dans l’extrême ouest, autour de Bayan-Ölgii, vous entendrez en plus le kazakh, qui n’est pas un dialecte du mongol mais une langue d’une autre famille : grammaire voisine, vocabulaire différent.
L’ordre canonique est sujet, complément, verbe. Décomposons :
| Mongol | Mot à mot | Français |
|---|---|---|
| Би Улаанбаатарт байна bi Ulaanbaatart baina | moi · Oulan-Bator-à · suis | Je suis à Oulan-Bator. |
| Би Францаас ирсэн bi Frantsaas irsen | moi · France-depuis · venu | Je viens de France. |
| Би махтай хоол авмаар байна bi makhtai khool avmaar baina | moi · viande-avec · plat · prendre-vouloir · suis | Je voudrais un plat avec de la viande. |
Deux conséquences qui comptent dès le premier jour. D’abord, l’information décisive est au bout : la même phrase devient négative, interrogative ou passée par un changement de la dernière syllabe seulement. Ensuite, dans un groupe de mots, tout ce qui précise arrive avant ce qui est précisé. L’adjectif précède le nom et ne s’accorde pas : сайн хүн (sain khün), « bonne personne », et сайн хүмүүс (sain khümüüs) au pluriel, avec le même сайн. Le possesseur précède le possédé : Орхоны хөндий (Orkhony khöndii), la vallée de l’Orkhon ; Хөвсгөл нуурын зүүн эрэг (Khövsgöl nuuryn züün ereg), la rive est du lac Khövsgöl. Ce mécanisme explique la quasi-totalité des toponymes mongols : voyez comment lire un nom de lieu mongol.
L’ordre entre les compléments, lui, est relativement libre, parce que les suffixes de cas disent déjà qui fait quoi. Seule la position du verbe est intouchable.
C’est la règle qu’il faut comprendre avant les cas, parce qu’elle commande leur forme. Les voyelles mongoles se répartissent en deux groupes qui ne se mélangent pas dans un même mot, plus une voyelle neutre. La tradition grammaticale mongole les appelle « masculines » et « féminines » ; la phonétique moderne parle de position de la racine de la langue, ce qui ne change rien à la pratique.
| Groupe | Voyelles | Forme du suffixe | Exemple |
|---|---|---|---|
| Arrière, non arrondi | а, у | en а | машин → машинаар (en voiture) ус → усаар (avec de l’eau) |
| Arrière, arrondi | о | en о | онгоц → онгоцоор (en avion) |
| Avant, non arrondi | э, ү | en э | хэл → хэлээр (dans une langue) |
| Avant, arrondi | ө | en ө | хөл → хөлөөр (à pied) |
| Neutre | и | suit le reste du mot ; en а si elle est seule | англи → англиар (en anglais) |
La méthode de lecture est simple : cherchez la dernière voyelle non neutre du mot, et habillez le suffixe du même groupe. Un seul arrondissement compte, celui de о et de ө ; у et ү n’arrondissent pas le suffixe, ce qui explique усаар et non « усоор ». Et les voyelles longues ou doubles d’un suffixe ne sont pas un ornement : en mongol la longueur distingue des mots entiers, donc une voyelle écrite deux fois se tient deux fois plus longtemps. Sur ce point précis, le livre ne remplace pas l’oreille : voyez prononcer le mongol sans devenir incompréhensible.
On en compte de sept à neuf selon les grammaires. Sept sont hors de discussion : nominatif, génitif, accusatif, datif-locatif, ablatif, instrumental, comitatif. Les deux autres, le directif en руу / луу et le privatif en -гүй, ne sont pas toujours rangés dans le paradigme ; le tableau ci-dessous les donne tous les deux, parce qu’ils servent au voyageur plus souvent que l’accusatif. Le désaccord est une affaire de classement, pas de langue : les suffixes sont les mêmes, et il n’y a aucune déclinaison à apprendre par cœur, aucune liste d’exceptions comme en allemand ou en russe. Une racine, un suffixe, une variante vocalique.
| Cas | Suffixe et variantes | Sens | Exemple |
|---|---|---|---|
| Nominatif | aucun | sujet, forme de dictionnaire | ном (nom), un livre / le livre |
| Génitif | -ын, -ийн, -ны, -ний, -гийн | de, appartenance | Монголын (de la Mongolie), багшийн (du professeur), ширээний (de la table) |
| Accusatif | -ыг, -ийг, -г | complément d’objet identifié | номыг (ce livre-là), намайг (moi) |
| Datif-locatif | -д, -т, -ад / -од / -өд / -эд, -нд | à, dans, chez, pour | Монголд (en Mongolie), Улаанбаатарт (à Oulan-Bator), гэрт (à la maison) |
| Ablatif | -аас, -оос, -ээс, -өөс | de, depuis, à partir de | Монголоос (de Mongolie), Хөвсгөлөөс (depuis le Khövsgöl) |
| Instrumental | -аар, -оор, -ээр, -өөр | au moyen de, en, par | онгоцоор (en avion), монголоор (en mongol) |
| Comitatif | -тай, -той, -тэй | avec, qui a | махтай (avec de la viande), сүүтэй (avec du lait) |
| Privatif pas toujours compté comme un cas | -гүй | sans, qui n’a pas | махгүй (sans viande), сахаргүй (sans sucre) |
| Directif pas toujours compté comme un cas | руу, рүү, луу, лүү | vers, en direction de | Хөвсгөл рүү (vers le Khövsgöl), Улаанбаатар луу (vers Oulan-Bator) |
Quatre remarques pour s’en servir vraiment.
Le datif-locatif dit à la fois « à », « dans », « chez » et « pour ». Son choix entre -д et -т dépend de la fin du mot, et la règle tient en trois lignes :
Si vous hésitez, dites -д. Un -д à la place d’un -т ne gêne pas la compréhension ; oublier le suffixe, en revanche, laisse votre interlocuteur sans indication de lieu.
-тай / -той / -тэй et -гүй valent de l’or devant une carte et dans une cantine. Ils transforment n’importe quel nom en adjectif : махтай, « carné » ; махгүй, « sans viande » ; сүүтэй цай, le thé au lait ; сүүгүй цай, le thé sans lait ; жолоочтой, « avec chauffeur ». Deux syllabes vous font passer un repas entier. Voyez lire un menu en mongol et, si vous ne mangez pas de viande, être végétarien en Mongolie.
Quand un suffixe ne suffit pas, le mongol ajoute un mot — mais il le place derrière le nom. La plupart de ces postpositions se construisent sur le génitif ou sur le nom nu.
| Postposition | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| дээр | sur, à | ширээн дээр, sur la table |
| доор | sous | ширээн доор, sous la table |
| дотор | dans, à l’intérieur de | гэр дотор, dans la yourte |
| дэргэд, хажууд | à côté de | музейн дэргэд, à côté du musée |
| өмнө | devant, avant | гэрийн өмнө, devant la yourte |
| хойно | derrière, après | уулын хойно, derrière la montagne |
| хооронд | entre | хоёр хотын хооронд, entre les deux villes |
| хүртэл | jusqu’à | Хархорин хүртэл, jusqu’à Kharkhorin |
| дараа | après | хоолны дараа, après le repas |
| тухай | au sujet de | Монголын тухай, à propos de la Mongolie |
| төлөө | pour, en faveur de | таны төлөө, pour vous |
| шиг | comme | монгол хүн шиг, comme un Mongol |
Notez le réflexe à prendre : en français, le mot de liaison annonce ce qui vient ; en mongol, il conclut. « à côté du musée » devient « musée-du côté ». Tant que vous attendez un petit mot devant, vous ne comprenez rien ; dès que vous attendez un mot derrière, la phrase s’ouvre.
Un nom mongol sans marque peut désigner un ou plusieurs objets. Le pluriel ne s’emploie que lorsqu’il apporte quelque chose, et il disparaît systématiquement après un nombre : гурван өдөр (gurvan ödör), littéralement « trois jour ». Quand il apparaît, il prend une forme parmi plusieurs :
| Marque | Exemple |
|---|---|
| -ууд / -үүд | хот → хотууд, des villes ; ээж → ээжүүд, des mères |
| -нууд / -нүүд | нүд → нүднүүд, des yeux |
| -чууд / -чүүд | бага → багачууд, les petits |
| -д | хаан → хаад, les khans |
| нар, mot séparé | багш нар, les professeurs ; та нар, vous autres |
| -с | үг → үгс, des mots |
| irrégulier | хүн → хүмүүс, des gens |
Pour le voyageur, la conclusion est confortable : n’essayez pas de mettre au pluriel. Vous serez compris sans, et vous éviterez une forme fausse. Sur le comptage lui-même, les dizaines et la lecture d’un prix à l’oral, voyez les chiffres et les nombres en mongol.
Les pronoms personnels se déclinent comme des noms, à ceci près que plusieurs changent de racine aux cas obliques : би devient над-, чи devient чам-, та devient тан-.
| Français | Sujet | Génitif | Accusatif | Datif |
|---|---|---|---|---|
| je | би | миний | намайг | надад |
| tu (proches) | чи | чиний | чамайг | чамд |
| vous (poli) | та | таны | таныг | танд |
| il, elle, cela | тэр | түүний | түүнийг | түүнд |
| nous | бид | бидний | биднийг | бидэнд |
| eux | тэд | тэдний | тэднийг | тэдэнд |
Deux points pratiques. D’abord, та est le vouvoiement, et c’est la forme à utiliser avec tout adulte que vous ne connaissez pas : un chauffeur, un garde de parc, un hôte sous la yourte. чи est réservé aux proches et aux enfants ; l’employer avec un inconnu est le faux pas le plus courant des francophones, détaillé dans les formules de politesse en mongol.
Ensuite, il n’y a pas de verbe « avoir ». La possession s’exprime par le datif plus le verbe « être » : Надад машин байна, littéralement « chez moi voiture est », pour « j’ai une voiture ». Et à la forme négative, Надад төгрөг байхгүй, « je n’ai pas de tugriks ». La possession d’un nom par un autre nom, elle, passe par le génitif, ou par une particule placée derrière : ном минь, « mon livre ». Quand le possesseur est le sujet de la phrase, le mongol préfère un suffixe réfléchi, -аа / -ээ / -оо / -өө, qui veut dire « le sien propre ».
Le verbe ne porte aucune marque de personne : la même forme vaut pour je, tu, il, nous, vous, ils. Ce que la terminaison porte, c’est le temps, l’aspect et parfois la manière dont le locuteur sait ce qu’il dit. Voici le verbe явах, « aller, partir », et идэх, « manger », sur les formes vraiment utiles.
| Terminaison | Valeur | явах | идэх |
|---|---|---|---|
| -х | forme de dictionnaire, et futur | явах | идэх |
| -на / -но / -нэ / -нө | présent-futur, intention | явна, je pars / je partirai | иднэ |
| -ж / -ч байна | en train de | явж байна, je suis en route | идэж байна |
| -даг / -дог / -дэг / -дөг | habitude, vérité générale | явдаг, j’y vais d’habitude | иддэг |
| -сан / -сон / -сэн / -сөн | passé, le plus courant | явсан, je suis parti | идсэн |
| -лаа / -лоо / -лээ / -лөө | passé récent, constat | явлаа, voilà, c’est parti | идлээ |
| -маар / -моор / -мээр / -мөөр байна | vouloir, désirer | явмаар байна, je voudrais partir | идмээр байна |
| racine nue | impératif direct, sec | яв ! va ! | ид ! |
| -аарай / -оорой / -ээрэй / -өөрөй | impératif poli, demande | яваарай, allez-y je vous prie | идээрэй |
Trois choses à en retenir. La forme en -аарай est votre politesse : le mongol n’a pas de « s’il vous plaît » autonome, et c’est cette terminaison qui joue ce rôle. Суугаарай, « asseyez-vous » ; Уучлаарай, « excusez-moi ». Deuxièmement, une racine nue est un ordre brut : яв ! ou ид ! sont parfaitement grammaticaux et parfaitement brutaux. Allongez la voyelle finale ou ajoutez la terminaison polie, et vous passez de l’ordre à l’invitation.
Troisièmement, beaucoup de mots que vous apprendrez comme des blocs sont en réalité des verbes conjugués. Баярлалаа, « merci », c’est le verbe баярлах, « se réjouir, être content », à la forme en -лаа : « j’ai été content ». Сайн байна уу, « bonjour », c’est « bien êtes-vous ? ». Voir ces mots comme des phrases vous évite de les apprendre deux fois, et vous permet de les décliner : voyez saluer et se présenter en mongol.
Le verbe « être », байх, mérite son paragraphe. байна pour le présent, байсан pour le passé, байдаг pour l’habituel, байхгүй pour la négation. Байхгүй veut dire à la fois « il n’y en a pas » et « absent » ; c’est probablement le mot que vous entendrez le plus souvent en province, et le comprendre vous épargne dix minutes de malentendu à chaque fois.
Quatre outils, quatre emplois qui ne se mélangent pas.
L’erreur classique est de nier avec биш ce qui est un verbe, ou de poser un -гүй sur un nom. Retenez la frontière : un verbe se nie par la fin, un nom se nie par un mot qui le suit.
Il n’existe pas de « est-ce que », pas d’inversion du sujet, pas de changement d’ordre des mots. Une question mongole, c’est une affirmation plus une syllabe à la fin.
| Particule | Quand | Exemple |
|---|---|---|
| уу / үү | question fermée, après une consonne ou une voyelle finale brève ; le groupe vocalique du mot décide entre les deux | Ус байна уу ? (us baina uu) Y a-t-il de l’eau ? Тийм үү ? (tiim üü) C’est bien ça ? |
| юу / юү | question fermée, après une voyelle longue ou une diphtongue finale | Байгаа юу ? (baigaa yuu) Y en a-t-il ? |
| вэ | question ouverte, après une voyelle et après toutes les consonnes sauf в, л, м, н | Энэ юу вэ ? (ene yuu ve) Qu’est-ce que c’est ? |
| бэ | question ouverte, après в, л, м, н | Та хаанаас ирсэн бэ ? (ta khaanaas irsen be) D’où venez-vous ? |
Le partage entre уу et юу se joue sur la longueur de la dernière voyelle, et c’est là que les francophones trébuchent. байна, qui finit sur un а bref, prend уу : Сайн байна уу ? байгаа, qui finit sur un аа long, prend юу. Et un mot terminé par une consonne prend toujours уу ou үү, jamais юу : Тийм se termine par м, donc Тийм үү ? et non « Тийм юу », qui se lirait « tel quoi » puisque юу est aussi le mot « quoi ». Dans le doute, dites уу ou үү : c’est la forme que vous entendrez vingt fois par jour.
Les mots interrogatifs, eux, se placent là où tomberait la réponse, et non en tête de phrase : юу (quoi), хэн (qui), хаана (où), хэзээ (quand), яагаад (pourquoi), яаж (comment), ямар (quel, quelle sorte de), хэд et хэдэн (combien). Dès qu’un de ces mots est présent, la phrase se termine par вэ ou бэ, jamais par уу. Ces deux moules reviennent sans arrêt, du marchandage à la demande de chemin.
La grammaire se retient par les phrases, pas par les tableaux. Celles-ci couvrent presque tout ce qui précède, et chacune est donnée en cyrillique avec sa transcription, pour que vous puissiez l’essayer à l’oral avant d’avoir fini l’alphabet. Lisez la colonne du milieu : c’est là que la mécanique devient visible.
| Mongol et transcription | Mot à mot | Français |
|---|---|---|
| Сайн байна уу ? sain baina uu | bien · être-présent · question | Bonjour. |
| Баярлалаа. bayarlalaa | se.réjouir-passé.récent | Merci. |
| Тийм. / Үгүй. tiim / ügüi | ainsi / non | Oui. / Non. |
| Уучлаарай. uuchlaarai | pardonner-impératif.poli | Excusez-moi. |
| Би ойлгохгүй байна. bi oilgokhgüi baina | moi · comprendre-sans · suis | Je ne comprends pas. |
| Би ойлгосонгүй. bi oilgosongüi | moi · comprendre-passé-sans | Je n’ai pas compris. |
| Би монголоор ярьдаггүй. bi mongoloor yardaggüi | moi · mongol-en · parler-habituel-sans | Je ne parle pas mongol. |
| Та англиар ярьдаг уу ? ta angliar yardag uu | vous · anglais-en · parler-habituel · question | Parlez-vous anglais ? |
| Намайг Пьер гэдэг. namaig Pier gedeg | moi-accusatif · Pierre · appeler-habituel | Je m’appelle Pierre. |
| Таныг хэн гэдэг вэ ? tanyg khen gedeg ve | vous-accusatif · qui · appeler-habituel · question | Comment vous appelez-vous ? |
| Би Францаас ирсэн. bi Frantsaas irsen | moi · France-depuis · venu | Je viens de France. |
| Та хаанаас ирсэн бэ ? ta khaanaas irsen be | vous · où-depuis · venu · question | D’où venez-vous ? |
| Би Улаанбаатарт байна. bi Ulaanbaatart baina | moi · Oulan-Bator-à · suis | Je suis à Oulan-Bator. |
| Энэ юу вэ ? ene yuu ve | ceci · quoi · question | Qu’est-ce que c’est ? |
| Энэ хэд вэ ? ene khed ve | ceci · combien · question | Combien ça coûte ? |
| Ус байна уу ? us baina uu | eau · être · question | Y a-t-il de l’eau ? |
| Бие засах газар хаана байдаг вэ ? bie zasakh gazar khaana baidag ve | corps · arranger · lieu · où · être-habituel · question | Où sont les toilettes ? |
| Жолооч хаана байна вэ ? jolooch khaana baina ve | chauffeur · où · est · question | Où est le chauffeur ? |
| Хархорин хүртэл хэдэн цаг вэ ? Kharkhorin khürtel kheden tsag ve | Kharkhorin · jusqu’à · combien · heure · question | Combien d’heures jusqu’à Kharkhorin ? |
| Хэзээ явах вэ ? khezee yavakh ve | quand · partir · question | Quand part-on ? |
| Хөвсгөл рүү явна. Khövsgöl rüü yavna | Khövsgöl · vers · aller-présent.futur | Je vais vers le Khövsgöl. |
| Би мах иддэггүй. bi makh iddeggüi | moi · viande · manger-habituel-sans | Je ne mange pas de viande. |
| Махгүй хоол байна уу ? makhgüi khool baina uu | viande-sans · plat · être · question | Y a-t-il un plat sans viande ? |
| Би цай авмаар байна. bi tsai avmaar baina | moi · thé · prendre-vouloir · suis | Je voudrais du thé. |
| Надад төгрөг байхгүй. nadad tögrög baikhgüi | à.moi · tugrik · être-sans | Je n’ai pas de tugriks. |
| Суугаарай. suugaarai | s’asseoir-impératif.poli | Asseyez-vous. |
Apprenez-en six, pas vingt-six, et apprenez-les avec leur découpage. Vous constaterez vite que vous pouvez en fabriquer d’autres en changeant un seul mot : Ус байна уу devient Цай байна уу, Бензин байна уу, Интернет байна уу. C’est tout l’intérêt d’une langue à suffixes. Pour les situations qui demandent une réponse immédiate, voyez se faire comprendre en urgence en mongol et au restaurant en mongol.
Ils ne viennent presque jamais du mongol. Ils viennent de ce que nous y projetons.
Le détail des sons que nous ratons et des faux amis est traité à part, dans les erreurs classiques des francophones en mongol.
Faites-les sur papier, sans regarder la colonne de droite. Ils ne vérifient qu’une chose : savez-vous choisir la forme d’un suffixe.
| Exercice | Réponse | Pourquoi |
|---|---|---|
| Mettre Улаанбаатар au datif-locatif : « à Oulan-Bator » | Улаанбаатарт | mot terminé par р, donc -т |
| Mettre Монгол au datif-locatif : « en Mongolie » | Монголд | mot terminé par л, donc -д |
| Mettre Хөвсгөл à l’ablatif : « depuis le Khövsgöl » | Хөвсгөлөөс | voyelles ө, donc -өөс |
| Mettre онгоц à l’instrumental : « en avion » | онгоцоор | voyelles о arrondies, donc -оор |
| Dire « thé sans sucre » (сахар, цай) | сахаргүй цай | privatif -гүй, et le déterminant avant le déterminé |
| Nier Би мах иддэг | Би мах иддэггүй | un verbe se nie par -гүй collé à la fin |
| Transformer Ус байна en question fermée | Ус байна уу ? | particule finale, aucun changement d’ordre ; байна finit sur un а bref, donc уу |
| Compléter : Энэ хэд ___ ? | вэ | question ouverte, et хэд se termine par д, donc вэ et non бэ |
Si les huit sont justes, vous savez déjà construire et comprendre une phrase mongole simple. Ce qui manque alors n’est plus de la grammaire : c’est du vocabulaire et de l’oreille.
Un détail de grammaire qui sert tous les jours : les mois mongols n’ont pas de nom. Ils se disent par leur rang, avec l’ordinal -дугаар / -дүгээр suivi de сар, « mois ». Novembre est donc арван нэгдүгээр сар, le onzième mois, et s’écrit couramment 11-р сар, l’ordinal étant abrégé en -р. Le même -р revient partout : 1-р хороо, le premier quartier d’un arrondissement d’Oulan-Bator ; 3-р давхар, le troisième étage.
Les dates s’écrivent du plus grand au plus petit, comme la langue : 2026.11.03 pour le 3 novembre 2026, ou en toutes lettres 2026 оны 11 сарын 3, avec он pour l’année, сар pour le mois et le génitif -ын, -ны qui enchaîne les trois. Les zéros initiaux sont généralement omis. L’heure s’écrit sur 24 heures avec deux points, 19:57, et le point est très courant à la place des deux points, y compris sur les documents officiels ; à l’oral, en revanche, on compte souvent sur douze heures. Un billet de bus, un horaire de musée, une feuille d’enregistrement se lisent avec ces trois règles et rien d’autre. Les jours fériés, qui suivent pour certains le calendrier lunaire, sont détaillés dans les jours fériés en Mongolie.
Une page de grammaire honnête doit aussi dire ce qui ne sert pas. Vous n’avez pas besoin de maîtriser les paradigmes complets des cas, ni les formes de politesse honorifiques, ni les converbes qui enchaînent les propositions, ni les nuances entre les cinq passés. Vous n’avez pas besoin non plus de l’écriture traditionnelle : depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi sur la langue mongole, les organes de l’État et des collectivités locales tiennent leurs documents officiels en cyrillique et en mongol bichig, mais la mise en œuvre est progressive et rien de ce que vous aurez à lire en voyage n’en dépend. Vous la croiserez sur des façades, des diplômes et des billets de banque : regardez-la, ne l’apprenez pas.
Ce qui coince vraiment, ce ne sont pas les cas. C’est l’écriture, réglée en trois soirées, et la prononciation, qui demande de l’écoute : l’écart entre l’orthographe cyrillique et le son réel est la vraie difficulté du mongol, et aucun livre muet ne la résout. Les classements de difficulté du Foreign Service Institute américain placent le mongol dans la catégorie des langues demandant environ 1 100 heures de cours pour atteindre un niveau professionnel — une indication utile pour calibrer ses attentes, et sans rapport avec les trente ou quarante heures qui suffisent à voyager correctement. Voyez combien de temps pour apprendre le mongol.
Hors d’Oulan-Bator, l’anglais ne vous sauvera pas. Un chauffeur, une famille d’éleveurs, un gardien de camp ne parlent que mongol. L’ordre de travail qui fonctionne est toujours le même : l’alphabet d’abord, puis une centaine de mots, puis les suffixes de cette page, puis des phrases entières à l’oral. Prendre les phrases en premier ne marche pas, parce qu’on apprend alors des blocs qu’on ne peut pas modifier. En attendant que l’alphabet soit acquis, les transcriptions du tableau ci-dessus vous permettent de tout essayer à l’oral.
Pour travailler les suffixes, les formes verbales et la construction de la phrase dans l’ordre, avec un dialogue, des exercices et leur corrigé à chaque étape, voyez la méthode « Introduction à la langue mongole », écrite en français et accompagnée de deux heures d’audio : son annexe I réunit les formes verbales en un seul endroit, ce qui en fait le complément naturel du tableau des terminaisons ci-dessus. Et si vous voulez structurer vos semaines avant le départ, suivez notre plan de travail semaine par semaine, ou réservez quelques séances de cours sur place dans les premiers jours, quand vous avez déjà les bases et des questions précises à poser.
À voir aussi : cent premiers mots · les prénoms mongols · le mongol et les langues altaïques · apprendre le mongol à Oulan-Bator · le kazakh parlé en Mongolie · les mots mongols passés en français · la calligraphie mongole
Méthode de mongol
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