Quinze heures pour lire le cyrillique sans effort. Trente-cinq pour arriver en Mongolie avec de quoi saluer, compter, demander un prix et lire les enseignes. Mille cent pour un usage professionnel, selon le barème de l’institut de formation du département d’État américain. Ces trois chiffres répondent à trois questions différentes, et la plupart des voyageurs n’ont besoin que du deuxième. Voici les paliers, le temps réel pour chacun selon votre rythme, ce qui coûte cher dans cette langue et ce qui ne coûte rien, puis un programme de six semaines à trois quarts d’heure par jour si votre départ est dans deux mois.
Les heures ci-dessous sont des heures de travail effectif, cours et révisions confondus, pour un francophone adulte qui part de zéro et qui travaille avec de l’audio. Elles sont cumulées : le palier des 60 heures suppose les 35 précédentes.
| Heures cumulées | Ce que vous savez faire | La limite |
|---|---|---|
| 2 à 4 h | Déchiffrer les 35 lettres, lettre à lettre, avec hésitations | Vous épelez, vous ne lisez pas ; aucun mot ne vous parle |
| 10 à 15 h | Lire le cyrillique couramment : panneaux, destinations de bus, enseignes, menus, reçus | Vous lisez sans comprendre ; lire reste le meilleur rapport effort-bénéfice du voyage |
| 25 à 35 h | Alphabet acquis, une centaine de mots, une trentaine de phrases : saluer, remercier, compter, demander un prix, dire que vous ne comprenez pas | Vous produisez, vous ne recevez pas : la réponse arrive trop vite |
| 60 h | Échanges courts et prévisibles : commander, marchander, se présenter, dire d’où vous venez, deux à trois cents mots | Dès qu’on sort du script attendu, vous perdez le fil |
| 120 h | Demander son chemin et comprendre l’essentiel de la réponse, suivre une négociation simple, lire un horaire, comprendre les suffixes de cas à l’oral | La conversation libre reste hors de portée ; l’accent de province vous échappe |
| 200 à 250 h | Conversation lente sur des sujets prévisibles : la famille, le troupeau, le trajet, la météo, votre travail | Vous ne tenez pas une discussion d’idées ; la lecture d’un journal demande un dictionnaire |
| 1 100 h | Usage professionnel, cible des diplômates américains | Deux années pleines pour un adulte qui travaille : ce n’est pas un objectif de voyage |
Le palier des 200 à 250 heures mérite une mise en garde, parce qu’une heure de travail ne vaut pas une heure de travail. Les mêmes 250 heures rendent beaucoup dans un pays où l’on entend la langue toute la journée, et nettement moins étalées sur deux ans dans un salon français, sans personne à qui parler. Comptez les heures comme un plancher, pas comme une garantie : ce sont la fréquence et l’usage réel qui les transforment en compétence. Le cours de mongol que le Peace Corps américain a fait écrire pour ses volontaires — sept manuels et une quinzaine de fichiers son, librement consultables — est d’ailleurs conçu pour des gens qui vont vivre deux ans dans le pays, pas pour trois semaines de vacances.
C’est le calcul que personne ne fait avant de commencer, et c’est celui qui décide de tout. Les délais sont arrondis, à rythme tenu sans interruption.
| Votre rythme | Lire le cyrillique (15 h) | Minimum voyage (35 h) | Échanges courts (60 h) | Comprendre la réponse (120 h) | Conversation lente (250 h) |
|---|---|---|---|---|---|
| 15 min par jour (1 h 45 par semaine) | 2 mois | 5 mois | 8 mois | 16 mois | près de 3 ans |
| 30 min par jour (3 h 30 par semaine) | 1 mois | 10 semaines | 4 mois | 8 mois | 17 mois |
| 45 min par jour (5 h 15 par semaine) | 3 semaines | 6 à 7 semaines | 12 semaines | 5 à 6 mois | 11 mois |
| 1 h par jour (7 h par semaine) | 2 semaines | 5 semaines | 9 semaines | 4 mois | 8 à 9 mois |
| 2 h par semaine (un cours du soir) | 2 mois | 4 mois | une année scolaire | 2 ans | 4 ans |
Trois leçons sortent de ce tableau. La première : à un quart d’heure par jour, le minimum voyage demande cinq mois, ce qui veut dire qu’on ne commence pas six semaines avant le départ à ce rythme-là. La deuxième : les six semaines avant le départ ne tiennent qu’à partir de trois quarts d’heure par jour ; à une demi-heure, il faut dix semaines pour le même résultat. La troisième : la demi-heure quotidienne bat le cours du soir hebdomadaire sur tous les paliers, parce qu’une langue agglutinante se mémorise par répétition rapprochée. Si vous ne pouvez tenir qu’un seul créneau, prenez le quotidien court plutôt que l’hebdomadaire long.
Le Foreign Service Institute, l’école de langues du département d’État américain, classe les langues par nombre de semaines de cours nécessaires pour amener un anglophone à un usage professionnel. Le mongol figure à 44 semaines, soit environ 1 100 heures de cours, dans toutes les versions du barème que l’on peut consulter. Seul son numéro de catégorie change : IV dans la liste à cinq catégories, III dans les versions qui fusionnent les deux premiers groupes. Le nombre d’heures, lui, ne bouge pas, et c’est le seul chiffre qui vous intéresse.
| Groupe | Durée | Heures de cours | Exemples |
|---|---|---|---|
| Langues proches de l’anglais | 23 à 24 semaines | 575 à 600 | français, espagnol, italien, portugais, roumain, néerlandais, danois, suédois, norvégien, afrikaans |
| Langues similaires | 30 semaines | 750 | allemand, et lui seul ; dans la version à quatre catégories, il rejoint le palier suivant à 36 semaines |
| Écarts linguistiques ou culturels marqués | 36 semaines | 900 | indonésien, malais, swahili |
| Écarts importants — le mongol est ici | 44 semaines | 1 100 | mongol, russe, polonais, turc, grec, hébreu, hindi, persan, et avec le même astérisque que le mongol : finnois, hongrois, estonien, géorgien, thaï, vietnamien |
| Exceptionnellement difficiles | 88 semaines | 2 200 | arabe, japonais, coréen, mandarin, cantonais |
Trois précisions comptent plus que le chiffre lui-même. D’abord, le mongol est logé au même palier que le russe, le polonais ou le grec : ce n’est pas une langue extraterrestre, et il est classé deux fois moins exigeant que le mandarin ou l’arabe. Ensuite, il porte un astérisque dans ces listes, mention dont le bas de page précise le sens : habituellement plus difficile que les autres langues du même groupe. Comptez-le donc dans le haut de sa bande, pas au milieu. Enfin, ces heures sont des heures d’école à plein temps, avec de petits groupes, des professeurs natifs et des élèves sélectionnés sur leur aptitude aux langues. Le barème ne dit rien du temps qu’il faut à un adulte qui travaille et qui révise dans le métro. Il sert à situer le mongol par rapport à d’autres langues, pas à planifier votre automne.
Pour un francophone, l’espagnol et l’italien sont des langues à la fois proches du français et abondamment outillées. Les barèmes publiés par les instituts de langues pour le français langue étrangère, qui donnent une idée des ordres de grandeur dans le sens inverse, situent un A1 vers 60 à 100 heures de cours, un A2 vers 160 à 200, un B1 vers 360 à 400 et un B2 autour de 600. Ces chiffres ne viennent pas du Conseil de l’Europe, qui ne fixe aucune durée dans le cadre européen de référence : ce sont des moyennes d’écoles.
Le point important est qu’ils ne se transposent pas. Quatre cents heures d’espagnol donnent à un francophone une vraie autonomie, parce qu’un tiers du vocabulaire lui est offert, que la conjugaison lui est familière et que les sons existent déjà dans sa bouche. Quatre cents heures de mongol donnent une conversation lente et laborieuse. Aucun mot n’est offert, aucune structure n’est familière, et trois ou quatre sons doivent être construits de zéro. Comptez, pour un même résultat pratique, un facteur deux à trois par rapport à l’espagnol. Il n’existe par ailleurs aucun barème horaire officiel pour le mongol langue étrangère : tout ce qui circule, y compris les chiffres de cette page, reste une estimation.
Et l’anglais ? Il fournit au francophone le meilleur point de calibrage dont il dispose, parce qu’il l’a déjà vécu : des années de cours au collège et au lycée, pour un résultat souvent incomplet à l’âge adulte. Ce n’est pas que l’anglais soit difficile : c’est que des heures diluées sur des années, à raison de deux par semaine et sans pratique réelle, rendent peu. Le mongol obéit à la même loi, en plus sévère, puisque rien n’y est devinable. D’où la seule règle qui compte : concentrez vos heures sur quelques semaines, ne les diluez pas sur deux ans.
Le mongol n’est pas uniformément difficile. Il est brutal sur cinq points précis et nettement plus simple que le français sur cinq autres. Savoir où placer son effort change le calcul : le détail des pièges est sur la page des erreurs classiques des francophones.
| Ce qui coûte cher | Ce qui ne coûte rien |
|---|---|
| Aucun mot transparent. Le mongol n’est pas indo-européen : chaque mot se mémorise. Voir le mongol et les langues altaïques. | Pas de genre grammatical. Ni masculin, ni féminin, ni neutre : rien à accorder. |
| L’harmonie vocalique. Les voyelles se répartissent en séries, selon le recul de la racine de la langue et l’arrondissement, et la série du mot impose la forme de tous ses suffixes. Le и est neutre. Ce type d’harmonie est rare dans les langues du monde : aucun réflexe français ne vous aide. | Pas d’article. Ni défini ni indéfini : toute l’énergie qu’un étranger dépense sur le, la, un, des en français, vous ne la dépenserez pas. |
| Les sept voyelles et la longueur. Sept timbres, dont ө et ү qui n’existent pas en français. Chacun sauf и a une longue, écrite doublée, et la longueur est distinctive : la confondre change le mot — цас, la neige ; цаас, le papier. | Le verbe ne se conjugue pas en personne. Pas de terminaisons différentes pour je, tu, il, nous : une forme verbale, un sens. Vous apprenez le temps et le mode, pas six personnes. |
| Les groupes de consonnes, et les voyelles qu’on n’écrit pas. Une syllabe mongole peut se terminer sur trois consonnes. Et quand un groupe ne passe pas, une voyelle d’appui non écrite s’y insère, de timbre dicté par l’harmonie de la syllabe précédente : хоёр (deux) n’a pas de voyelle entre й et р mais s’entend « khoyor ». La graphie ne vous dit donc pas ce qu’il faut dire. Ajoutez le Л, qui n’est pas notre L mais une fricative latérale : le рл de Баярлалаа est le passage le plus massacré par les visiteurs. | Une régularité forte. Les suffixes s’empilent dans un ordre fixe et prévisible : peu d’exceptions, peu de verbes irréguliers, rien de comparable au désordre du français. |
| Les cas. De sept à neuf selon le découpage des grammaires : nominatif, génitif, datif-locatif, accusatif, ablatif, instrumental, comitatif, auxquels certains ajoutent le privatif et le directif. Ils remplacent nos prépositions : Улаанбаатарт, à Oulan-Bator ; Улаанбаатараас, depuis Oulan-Bator. Voir les bases de la grammaire mongole. | L’alphabet. Trente-cinq lettres, dont une trentaine partagées avec le russe, plus Өө et Үү. En usage depuis 1941, officialisé au 1er janvier 1946. C’est le seul chantier de cette liste qui se termine en quelques jours : l’alphabet cyrillique mongol. |
C’est l’obstacle que les débutants découvrent trop tard. Le cyrillique mongol est alphabétique, mais il n’est pas phonétique. Les voyelles courtes qui ne sont pas en première syllabe se réduisent à une trace, parfois disparaissent ; la première voyelle du mot, en revanche, n’est jamais réduite. Résultat : un mot écrit avec cinq voyelles peut s’entendre avec deux. Дэлгүүр (magasin) ou Эмнэлэг (hôpital) ne sonnent pas comme ils s’écrivent. Attention au contresens : ce sont les brèves qui tombent, pas les longues. Une longue reste longue où qu’elle soit dans le mot, y compris à la fin, et c’est elle qu’on entend : dans Баярлалаа, le аа final tient, c’est le а intérieur bref qui disparaît. Concrètement, cela signifie qu’on ne peut pas apprendre le mongol à l’œil, et que tout vocabulaire acquis sans audio devra être réappris. C’est aussi pour cela qu’un lexique sans enregistrement fait perdre du temps au lieu d’en gagner : voyez prononcer le mongol sans devenir incompréhensible.
Il n’existe pas de romanisation unique du mongol. La norme nationale MNS 5217:2012, publiée par l’agence mongole de normalisation, coexiste avec le système ISO 9, avec celui de la Library of Congress et avec le BGN/PCGN adopté en 1964, qui sert aux cartes américaines et britanniques. Pire : la norme nationale n’est pas respectée, y compris par les administrations mongoles, et ce sont précisément ө, ү, х et в, les lettres sans équivalent latin simple, qui sont le plus souvent mal transcrites. C’est ce qui explique que le même lac s’écrive Khovsgol, Hovsgol ou Khuvsgul selon la brochure. Хөвсгөл, en cyrillique, ne varie pas. D’où la règle : dix heures d’alphabet valent mieux que cent phrases en transcription. Le sujet est traité sur comprendre les noms de lieux mongols.
Les chiffres de vocabulaire effraient quand on les prend par le haut. Le grand dictionnaire explicatif en ligne mongoltoli.mn, réalisé par les chercheurs de l’Institut de linguistique de l’Académie des sciences de Mongolie à l’initiative de la présidence, annonce plus de 60 000 entrées et plus de 80 000 combinaisons de mots, consultables librement. Un corpus de cinq millions de mots a été constitué à l’Université nationale de Mongolie pour les travaux de fréquence.
Rien de tout cela n’est votre objectif, et l’écart avec vos besoins réels est là pour vous rassurer, pas pour vous effrayer. Un voyageur fonctionne avec cent mots, et confortablement avec trois cents : un demi-millier de fois moins que le dictionnaire. L’ordre de priorité est toujours le même : les formules de politesse, les chiffres — indispensables dès le premier marché —, puis les cent premiers mots, puis les mots de votre propre voyage. Un végétarien, un photographe et un cavalier n’ont pas besoin des trois mêmes centaines de mots : construisez votre liste à partir de votre itinéraire, pas à partir d’une liste générique.
Trois phrases font plus de travail que trente mots isolés : Хэд вэ ? (khed ve, combien ?), Хаана байна вэ ? (khaana baina ve, où est ?) et Би ойлгохгүй байна (bi oilgokhgui baina, je ne comprends pas). La troisième est la plus utile des trois : elle arrête net le flot de la réponse et déclenche presque toujours une reformulation plus lente.
Voici le programme qui tient dans 25 à 35 heures, étalé sur six semaines. Le compte exact : 25 heures de travail structuré, plus dix minutes d’écoute quotidienne qui s’ajoutent au créneau de travail et pèsent sept heures sur la période, soit 32 heures en tout. Cela fait trois quarts d’heure par jour pendant six semaines. Si vous ne pouvez tenir qu’une demi-heure par jour, étalez les mêmes blocs sur dix semaines : c’est la ligne du tableau des rythmes plus haut, et c’est le même résultat, simplement plus tard. C’est le volume dont parle la page apprendre le mongol avant de partir, détaillé ici semaine par semaine.
Ce que cela change réellement, sur place : vous lisez la destination sur le pare-brise d’un minibus, vous reconnaissez un Гуанз au bord de la piste, vous vérifiez un prix annoncé, vous dites le nom de votre chauffeur correctement, et vous ouvrez les échanges vous-même au lieu d’attendre qu’on vous parle anglais. Ce que cela ne change pas : vous ne comprendrez pas les réponses. Personne, à 35 heures, ne comprend les réponses. Le savoir d’avance évite la déception du troisième jour. Et dans une yourte, les codes de politesse pèsent plus lourd que votre vocabulaire : un geste juste vaut vingt mots.
Dernier point de calendrier : les mots s’oublient en six semaines d’inaction. Si votre itinéraire de deux semaines part en juillet, commencez en mai, pas en janvier. Le travail de langue va dans la checklist avant le départ, au même titre que les vaccins.
Si vous voulez comparer avec un parcours structuré, voici le calcul pour l’ouvrage de référence en français. Introduction à la langue mongole, de Louis-Simon Roy, 3e édition de 2008, compte 348 pages et 12 leçons, qui vont de la page 21 à la page 308 : environ 24 pages par leçon. Chaque leçon comprend un dialogue, le vocabulaire, les règles de grammaire, des exercices et leur corrigé — 75 pages d’exercices et 37 pages de corrigés au total, soit environ six pages d’exercices par leçon. S’y ajoutent deux heures d’audio MP3, enregistré avec une locutrice mongole, Sarangerel Tserenpil, et l’auteur, ainsi que trois annexes : formes verbales, formules de politesse, et un lexique français-mongol de 1 945 entrées aux pages 324 à 345.
Traduit en heures, et il s’agit d’une estimation tirée du volume de pages, pas d’une promesse de l’ouvrage : une leçon travaillée sérieusement, dialogue écouté, vocabulaire mémorisé, exercices faits puis corrigés, demande quatre à six heures. Les douze leçons représentent donc de l’ordre de 50 à 70 heures, soit quatre à cinq mois à une demi-heure par jour. Les quatre premières leçons, environ vingt heures, couvrent à peu près le minimum voyage décrit plus haut. C’est la seule méthode progressive de mongol écrite en français : le détail du programme figure sur la page apprendre la langue mongole. Les autres ouvrages francophones sont des descriptions savantes ou des dictionnaires : Parlons mongol de Jacques Legrand, 413 pages chez L’Harmattan en 1997, décrit la langue pour des linguistes ; le Dictionnaire mongol-français de Legrand et Sükhbaatar, 378 pages, et le Dictionnaire français-mongol des Dictionnaires Inalco, 904 pages en 2014, sont des outils de consultation, pas des cours.
Chiffres relevés en novembre 2026, à faire confirmer auprès de chaque établissement : les grilles bougent à chaque rentrée, et les prix mongols ont beaucoup bougé en 2026. Les montants en tugriks sont convertis au change du 3 novembre 2026, soit 1 € pour environ 4 030 MNT.
| Voie | Volume | Coût indicatif | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Seul, manuel et audio | 12 leçons, 348 pages, 2 h d’audio ; 50 à 70 h de travail | 49 € en téléchargement | Celui qui part dans deux à six mois |
| Professeur en visio depuis la France | Une heure par semaine sur huit semaines, soit 8 h de cours, plus votre travail personnel entre les séances | À partir d’environ 50 000 MNT l’heure sur les plateformes de mise en relation, une douzaine d’euros au change du 3 novembre 2026 ; les écoles d’Oulan-Bator qui enseignent à distance ne publient pas leurs tarifs, demandez un devis | Celui qui a six semaines et veut faire corriger sa prononciation : c’est la seule chose que ni le manuel ni l’audio ne font |
| Cours du soir, Inalco (Paris ou à distance) | 60 h par an, 2 h par semaine d’octobre à juin, 19 h-21 h | De l’ordre de 700 à 750 € en autofinancement d’après les fiches des dernières années, environ le double en prise en charge employeur | Celui qui a une année devant lui. Attention : l’ouverture du mongol en cours du soir dépend d’un minimum d’inscrits et il ne figure pas dans la liste publiée ; à demander avant septembre |
| Licence de mongol, Inalco | Trois ans, langue et civilisation | Droits universitaires | Celui qui veut la langue pour elle-même |
| Professeur particulier sur place | 2 h par jour pendant dix jours changent déjà beaucoup | À partir d’environ 50 000 MNT l’heure, une douzaine d’euros à l’automne 2026 | Celui qui est déjà sur place, ou qui arrive avec les bases |
| Stage intensif d’été, ACMS | 8 semaines, environ 17,5 h de cours et 15 h de travail personnel par semaine | 3 000 USD de frais pédagogiques, logement non compris, bourses possibles | L’étudiant, le chercheur, celui qui vise une vraie autonomie |
| Programme intensif de l’Université nationale | Six niveaux, rentrées de septembre et de février, six à dix mois | Environ 10 038 000 MNT par an au tarif international, soit environ 2 490 € au change du 3 novembre 2026 | Celui qui s’installe pour un an |
Les trois dernières lignes sont détaillées, dates de dossier comprises, sur apprendre le mongol à Oulan-Bator : c’est aussi là que vous trouverez l’école qui enseigne à distance, porte d’entrée de la formule en visio. Cette page annonce 2 400 € pour le même tarif de l’Université nationale, au cours de septembre 2026 : le tarif en tugriks n’a pas changé, c’est le tugrik qui s’est raffermi face à l’euro entre septembre et novembre. C’est l’illustration la plus simple de ce que vaut un prix mongol converti sans sa date. Pour l’Inalco, le service de formation continue répond à formation.continue@inalco.fr.
Beaucoup de matériel existe sans frais, et il vaut la peine d’être connu avant d’acheter quoi que ce soit. Le cours de mongol du Peace Corps américain, conçu pour ses volontaires, circule librement : sept manuels et une quinzaine de fichiers son dans les bibliothèques en ligne qui rassemblent ce fonds. C’est le matériel gratuit le plus consistant, mais il est en anglais et destiné à des gens qui vont rester deux ans. Le dictionnaire mongoltoli.mn se consulte en ligne et gratuitement, en mongol uniquement. Restent les applications de phrases : elles donnent le démarrage, rarement plus, et leur catalogue de mongol change d’une année sur l’autre. Avant de vous y installer, regardez le nombre de mots annoncé : quelques dizaines de phrases ne sont pas un parcours progressif, et aucune de ces applications ne vous dira que votre longue est trop courte.
Trois avertissements. D’abord, aucun cours de mongol ne figurait au catalogue de Duolingo en novembre 2026 : il n’existe pas d’arbre de leçons gamifié pour cette langue, et il faut s’attendre à travailler sur du matériel plus austère. Ensuite, certains sites gratuits bien placés dans les résultats de recherche enseignent le mongol de Mongolie-Intérieure en écriture verticale : c’est une autre norme et un autre alphabet, inutilisable à Oulan-Bator. Vérifiez toujours que le cours est en cyrillique khalkha ; la carte des dialectes du mongol explique pourquoi. Enfin, les traducteurs automatiques sont faibles sur le mongol, et leurs modules hors ligne le sont davantage que la version connectée : dans la steppe, sans réseau, c’est le pire moment pour s’en apercevoir. Préparez vos applications utiles et leurs téléchargements avant de quitter la capitale.
Pour faire reconnaître un niveau, deux examens existent pour les étrangers : le TOMFL, organisé par l’Institut d’études mongoles de l’Université nationale, et le ToPMON, organisé par l’Université nationale d’éducation. Le ministère de l’Éducation a annoncé des mesures pour leur donner un statut officiel. Les sites de préparation décrivent pour le TOMFL six niveaux notés M1 à M6, avec un M3 demandé aux candidats étrangers à un diplôme universitaire : information non confirmée par une source officielle, à vérifier auprès de l’institut. Rien de tout cela ne concerne un voyageur, mais c’est utile à qui envisage d’étudier ou de travailler sur place.
Apprendre des phrases en transcription latine sans lire le cyrillique. C’est l’erreur la plus répandue et la plus coûteuse : dehors, hors du centre d’Oulan-Bator, rien n’est translittéré. Dix heures d’alphabet en premier, toujours. L’écriture traditionnelle verticale, en revanche, est redevenue co-officielle avec le cyrillique dans les documents d’État depuis janvier 2025 : superbe sur les façades, sans aucune utilité sur la route. Ne lui donnez pas une heure.
Compter sur l’anglais. La Mongolie se classait 95e avec 447 points à l’indice EF de maîtrise de l’anglais publié le 19 novembre 2025, dans la bande « niveau très faible », pour une moyenne mondiale de 488. L’indice ne mesure que les candidats volontaires à un test en ligne, donc il surestime plutôt qu’il ne sous-estime. Les guides d’agence parlent très bien anglais, rarement français ; les chauffeurs, les familles d’éleveurs et les guichets de gare routière, non. Le russe dépanne encore chez les plus de cinquante ans de la steppe, plus du tout chez les jeunes.
Repousser le travail à l’arrivée. Les cours sur place sont bons, mais trois semaines de cours donnent l’alphabet, la politesse et les chiffres, pas la conversation : autant avoir déjà payé ces heures-là chez soi, à zéro euro de l’heure, et garder le temps sur place pour ce qu’on ne peut faire que là-bas.
Dix à vingt heures bien placées changent déjà un voyage, et personne n’attend davantage d’un étranger. Si vous n’avez qu’un week-end, faites l’alphabet et apprenez cinq formules. Si vous avez six semaines, faites la trentaine d’heures du programme décrit plus haut, à trois quarts d’heure par jour : c’est le meilleur rapport entre l’effort fourni et ce que le voyage vous rendra. Et si vous n’avez qu’une demi-heure par jour, partez dix semaines à l’avance au lieu de six. Si le pays vous retient, ce qui arrive souvent, les paliers suivants vous attendront sur place : à ce moment-là, le mongol cesse d’être un outil de voyage pour devenir autre chose.
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