En Mongolie, personne ne vous demandera votre nom de famille : il n’en existe pas au sens français. Comprendre le système évite les maladresses dès la première rencontre.
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Un nom officiel se lit ainsi : prénom du père au génitif, puis prénom de la personne. Tsakhiagiin Elbegdorj veut dire « Elbegdorj, fils de Tsakhia », le suffixe -giin marquant l’appartenance. Au quotidien, ce patronyme se réduit à une initiale : Ts. Elbegdorj. Il change à chaque génération : ce n’est pas un nom de famille. Si le père n’est pas légalement établi, c’est le prénom de la mère qui sert, comme le veut la parenté mongole.
Les prénoms sont des mots courants, souvent soudés deux par deux : Бат (bat, solide), Эрдэнэ (erdene, joyau), Мөнх (monkh, éternel), Цэцэг (tsetseg, fleur). D’où Bat-Erdene, « joyau solide », prénom le plus répandu du pays en 2012 avec environ 13 500 porteurs, ou Altantsetseg, « fleur d’or ». Les mêmes racines composent les noms de lieux : l’alphabet cyrillique et un peu de prononciation suffisent.
Beaucoup de prénoms viennent du tibétain, héritage du bouddhisme : Dorj, Lkhagvasuren. Une série reprend les jours de la semaine, empruntés au tibétain : Даваа (Davaa, lundi), Лхагва (Lkhagva, mercredi). Autre famille, les noms de protection : Нэргүй (Nergui, « sans nom ») ou Enebish (« pas celui-ci ») égaraient les esprits après la mort d’un enfant, logique proche du chamanisme. On comptait encore près de 8 900 Nergui en 2012. Le vrai rite de l’enfance reste la première coupe de cheveux.
Le régime communiste a interdit les noms de clan dans les années 1920 (période socialiste). L’interdiction a été levée en 1997 et l’овог figure sur les cartes d’identité depuis 2000. Beaucoup de familles avaient oublié le leur : elles ont pris Боржигин (Bordjigin), celui de Gengis Khan, porté aujourd’hui par des centaines de milliers de Mongols. À l’oral, vous ne l’entendrez quasiment jamais.
Par le prénom, toujours, jamais par le patronyme. Pour marquer le respect, ajoutez гуай (gouai) après le prénom, surtout à un aîné. ах (akh, grand frère) et эгч (egtch, grande soeur) s’emploient pour une personne un peu plus âgée. Demander un nom : Таны нэрийг хэн гэдэг вэ? (tany neriig khen gedeg ve). Répondre : Миний нэрийг ... гэдэг (minii neriig ... gedeg). Voir aussi saluer et se présenter et les formules de politesse.
Sur un billet d’avion ou une liste de clients, le champ « nom » reçoit le patronyme ou l’овог : cherchez votre chauffeur au prénom. L’erreur classique : appeler quelqu’un par le prénom de son père — la tireuse Otryadyn Gundegmaa a longtemps été appelée « Otryad » par la presse étrangère. Depuis, l’usage international s’est standardisé : la judoka Bavuudorjiin Baasankhuu, médaillée d’argent olympique en 2024, est couramment désignée « Baasankhuu Bavuudorj », prénom en premier.
Un prénom mongol ne se retient que si on sait le lire et le prononcer. Retenir le nom de son chauffeur, appeler correctement la grand-mère sous la yourte : c’est là que l’accueil bascule du poli au chaleureux. Notre méthode de langue mongole, en français, est faite pour cela :
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