Le khalkha s’écrit en cyrillique depuis le 1er janvier 1946 : trente-cinq lettres, dont deux, Ө et Ү, absentes du russe. Les lire prend une soirée. Les prononcer est une autre affaire, et un francophone qui garde ses réflexes reste incompris même sur trois mots. L’écriture traditionnelle, co-officielle depuis 2025, revient sur les documents officiels ; ce que vous lirez reste en cyrillique.
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Quatre habitudes vous trahissent. Le français accentue la fin du groupe ; le mongol, non. La place exacte de l’accent fait débat, mais ce sont les voyelles longues qui portent le mot. Le français nasalise : ан se dit a + n, jamais « an ». Il écrase aussi la longueur, qui ici change le sens. Enfin le R raclé ne passe pas : le р mongol est roulé. D’où la plupart des erreurs classiques des francophones.
Chaque voyelle sauf и a une longue, écrite doublée : аа, ээ, оо, өө, уу, үү ; le i long s’écrit ий. Rien de cosmétique : цас (tsas), c’est la neige ; цаас (tsaas), le papier. Tenez la longue deux fois plus longtemps. C’est le premier point à travailler dans vos cent premiers mots mongols.
Ө se place entre notre « eu » et notre « o ». Ү est un « ou » très fermé, parfois décrit comme notre « u » : visez entre les deux. Le piège : у ne se lit jamais « u » à la française, c’est un « ou » plus ouvert, articulé en arrière. Les confondre change le mot : ус, l’eau ; үс, le cheveu. Le détail est dans l’alphabet cyrillique mongol.
Les voyelles se rangent en deux camps : а, о, у d’un côté, э, ө, ү de l’autre, и neutre. Un mot simple, suffixes compris, ne mélange pas les deux ; les composés, eux, le font : Сүхбаатар (Sukhbaatar). S’y ajoute l’arrondissement : un radical en о ou ө l’impose derrière. Inutile de la maîtriser pour parler ; elle sert de détecteur de fautes et structure les bases de la grammaire mongole.
Л n’est pas notre L : c’est une fricative latérale sonore, l’air filant sur les côtés de la langue. Peu de langues l’ont ; le « ll » gallois en est la version sourde, proche mais distincte. Баярлалаа (bayarlalaa, merci) en contient deux : c’est le mot le plus massacré par les visiteurs. Х est un H raclé, jamais muet. Puis ж = dj, ч = tch, ш = ch, ц = ts, з = dz. Ces sons reviennent dans toutes les formules de politesse et les salutations.
Dès la deuxième syllabe, les brèves s’affaiblissent ou tombent : Баярлалаа sonne « bayarl-laa » : c’est le а intérieur qui tombe, pas le second Л. Un н final, ou suivi d’une consonne, se dit « ng » ; devant б, la nasale se cale sur lui : Улаанбаатар s’entend « oulaam-baatar ». Et Мөрөн, la porte du Khövsgöl, ne se dit pas « moron » mais à peu près « meureung ». Dites-le mal à un chauffeur, vous irez ailleurs. Voyez comprendre les noms de lieux mongols avant de traiter avec les taxis d’Oulan-Bator.
Deux à trois heures avant le départ suffisent pour l’alphabet et ces dix sons. Vous ne parlerez pas, mais on vous comprendra, et l’anglais se raréfie vite hors du centre d’Oulan-Bator. Pour aller plus loin : combien de temps pour apprendre le mongol, les cours de mongol à Oulan-Bator. L’accent de la capitale n’est pas celui de l’Ouest : voyez les dialectes du mongol.
À lire ensuite : apprendre le mongol avant de partir, se faire comprendre en urgence, plan du site.
Méthode de mongol
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