La Mongolie pratique le bouddhisme tibétain de l’école Gelug, celle du dalaï-lama. Ce n’est pas un emprunt récent, mais le tissu religieux du pays depuis plus de quatre siècles : détruit, puis reconstruit.
En 1578, Altan Khan, chef des Tümed, reçoit le lama tibétain Sonam Gyatso et lui donne le titre de dalaï-lama, de dalai, « océan » en mongol. L’alliance entre pouvoir mongol et clergé Gelug est scellée. En 1585, Abtai Sain Khan fonde Erdene Zuu avec les pierres de Karakorum. Sous la dynastie Qing, les monastères deviennent la première force économique du pays. Le bouddhisme n’a jamais effacé le chamanisme : les deux coexistent, souvent chez les mêmes personnes.
Zanabazar (1635-1723), arrière-petit-fils d’Abtai Sain Khan, fut reconnu premier Jebtsundamba, chef spirituel des Khalkha. Sculpteur remarquable, ses bronzes sont exposés au musée Zanabazar. Le huitième de la lignée, le Bogd Khan (mort en 1924), devint souverain de la Mongolie autonome en 1911, perdit le pouvoir lors de la reprise chinoise de 1919, fut rétabli par la révolution de 1921, puis régna sans pouvoir jusqu’à sa mort. Le régime écarta ensuite toute nouvelle réincarnation, interdite formellement en 1929. Le neuvième ne fut intronisé publiquement en Mongolie qu’en 2011. En mars 2023, le dalaï-lama a reconnu un dixième Jebtsundamba, un enfant mongol.
Dans les années 1920, le pays comptait environ 110 000 moines, près d’un tiers de la population masculine. Les purges de 1937-1938 ont liquidé et brûlé plus de 700 monastères ; les estimations les plus citées parlent de 18 000 lamas exécutés. Les ruines d’Ongi ont été laissées en l’état et se passent de commentaire. Le musée des victimes des répressions politiques documente la période en une heure de visite.
Gandan, rouvert en 1944 comme vitrine du régime, fut longtemps le seul monastère en activité ; d’autres ensembles ont survécu comme musées d’État. Depuis 1990, près de 200 temples ont été relevés ; le recensement de 2020 donne 51,7 % de bouddhistes. Attendez-vous donc à des bâtiments reconstruits plutôt qu’à des ensembles anciens. Amarbayasgalant (1727-1736, 360 km de route au nord-ouest d’Oulan-Bator : trop loin pour la journée, dormez sur place) fait en partie exception : seule sa section centrale a survécu aux purges.
Tournez toujours dans le sens des aiguilles d’une montre, autour du temple comme des moulins à prières, exactement comme autour d’un ovoo. Retirez chapeau et lunettes de soleil, couvrez épaules et genoux, parlez bas, ne touchez ni autel ni objet rituel, ne passez pas devant une personne en prière. Ces règles prolongent les usages mongols ordinaires.
Les extérieurs ne posent guère de problème. À l’intérieur, la photo est souvent payante, parfois interdite, et le flash l’est presque partout. Au temple-musée Choijin Lama, le supplément photo peut dépasser le billet : demandez le tarif à la caisse. Pendant un office, rangez l’appareil. Voir nos conseils pour photographier la Mongolie.
Les cérémonies commencent généralement vers 9 h et beaucoup de chapelles ferment l’après-midi : arriver à 15 h est l’erreur classique. Comptez une heure à Gandan, deux à Erdene Zuu. L’entrée est payante dans la plupart des temples ; prévoyez de petites coupures et vérifiez sur place, les tarifs changent. En hiver, beaucoup de salles sont à peine chauffées : gardez votre manteau. Les danses masquées tsam du Danshig Naadam, annuel depuis 2015, changent de dates chaque année : vérifiez le calendrier ; à Tsagaan Sar, les temples sont bondés.
À lire ensuite : religion et croyances · les monastères bouddhistes · le temple Aryabal · l’ermitage de Tovkhon.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode — 49 € →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement