Le musée Zanabazar occupe un bâtiment de 1905, construit par un marchand russe et l’un des premiers immeubles à deux niveaux de la ville. Le musée, lui, a été fondé en 1966. Douze salles, de la préhistoire au début du XXe siècle. C’est le musée d’art ancien de la Mongolie, et il se visite en une demi-matinée.
Öndör Gegeen Zanabazar (1635-1723) fut le premier Bogd Gegeen, chef de l’école guélougpa du bouddhisme tibétain chez les Khalkhas, et un sculpteur. Ses bronzes dorés justifient à eux seuls la visite : la Tara blanche, les vingt et une formes de Tara, quatre des cinq bouddhas de méditation coulés en 1683, un stupa. Le cinquième, le Ratnasambhava, est exposé au temple-musée Choijin Lama, pas ici. Les pièces sont petites. Le sujet, ce sont les mains, les drapés, la ligne des épaules. Approchez-vous. Sans quelques repères sur les monastères mongols, les noms de divinités défilent sans accrocher.
L’étage rassemble des thangkas des XIXe-XXe siècles, des masques tsam et de grands appliqués cousus par les ateliers d’Ikh Khüree, l’ancêtre d’Oulan-Bator. C’est la partie la plus immédiatement spectaculaire. Le temple-musée Choijin Lama présente des objets voisins, mais dans leur architecture d’origine : les deux se complètent bien. Le palais d’hiver du Bogd Khan ajoute un troisième angle, celui des objets personnels du dernier souverain.
Balduugiin Sharav (1869-1939), surnommé Marzan, le farceur, a peint la toile la plus connue du pays. Une journée en Mongolie suit le style zurag : pas de perspective, pas de point central, des dizaines de scènes simultanées. Naissance, transhumance, lutte, beuverie, mort. C’est un document ethnographique autant qu’un tableau. Donnez-lui dix minutes pleines. Le musée conserve aussi sa Fête de l’airag, qui dit beaucoup sur l’airag et la sociabilité nomade.
Le musée est dans le district de Chingeltei, à une dizaine de minutes à pied de la place Sükhbaatar. Depuis un hôtel du centre, marchez : le trafic rend souvent le taxi plus lent que vous. Environ 9h-18h de mai à septembre, environ 10h-17h d’octobre à avril, avec une fermeture plus tôt le week-end. Vérifiez la veille, ces horaires bougent. Entrée adulte de l’ordre de 8 000 tugriks, soit environ 2 euros, audioguide anglais compris ; tarifs étudiant et enfant bien plus bas. Le droit de photographier est facturé à part et il est cher : autour de 45 000 tugriks, plus de dix euros, plus de cinq fois le billet. Beaucoup y renoncent. Prévoyez des espèces.
Une heure trente suffit à un visiteur pressé, deux heures à qui lit les cartels. Le Musée national de Mongolie raconte une histoire continue ; le Zanabazar ne raconte rien, il montre des objets. Faire les deux le même jour fonctionne, dans cet ordre. Le musée Gengis Khan est plus récent et plus scénographié ; trois musées d’affilée, c’est trop.
La muséographie a vieilli : vitrines anciennes, éclairage inégal, cartels parfois laconiques. Les pièces majeures sont peu nombreuses et l’accrochage ne les met pas en valeur. Si vous n’avez qu’une journée à Oulan-Bator avant de partir vers Erdene Zuu ou le Gobi, ce n’est pas le passage obligatoire. Si vous restez deux jours, il l’est.
Pour aller plus loin : tous les musées d’Oulan-Bator, que voir à Oulan-Bator, se déplacer dans la capitale, prix concrets en Mongolie.
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