La place Sukhbaatar à Oulan-Bator

La place Sukhbaatar est le point zéro d’Oulan-Bator. Un rectangle dallé, fermé au nord par le palais du gouvernement et longé au sud par l’avenue de la Paix. Un calcul local sur photo aérienne lui prête une capacité de plus de 30 000 personnes au coude à coude. Elle a été conçue pour des défilés, pas pour s’y attarder.

Le palais du gouvernement et le Gengis Khan assis

Le palais, construit de 1947 à 1951, abrite le parlement et ne se visite pas. En 2005, le mausolée de Sukhbaatar qui occupait son perron a été démoli. Une colonnade monumentale l’a remplacé, achevée en 2006 pour le 800e anniversaire du couronnement de Gengis Khan. Au centre, un Gengis Khan de bronze assis sur un trône ; de part et d’autre, Ögödei et Koubilaï, assis eux aussi, encadrés par deux généraux à cheval, Mukhali et Bo’orchu. Ne confondez pas ce monument avec la statue équestre de 40 mètres de Tsonjin Boldog, à 54 km à l’est.

La statue de Sukhbaatar et le nom de la place

Au milieu de la place, la statue équestre de Damdin Sukhbaatar date de 1946 et porte la signature du sculpteur Sonomyn Choimbol, mais a été refondue en bronze en 2011. Elle marque l’emplacement d’un rassemblement du 8 juillet 1921, l’année de la révolution qui a fait basculer le pays dans l’orbite soviétique. La place a été rebaptisée place Gengis Khan en 2013, puis a repris son nom en 2016. Les deux appellations circulent encore, y compris chez les chauffeurs.

1990 : la place où le régime a cédé

Le 10 décembre 1989, environ 300 personnes manifestent dans la capitale. Le 4 mars 1990, elles sont plus de 100 000. Le 7 mars, dix militants entament une grève de la faim sur la place. Le bureau politique démissionne le 9 mars selon la plupart des sources, sans un coup de feu, et les premières élections pluralistes se tiennent en juillet 1990. Vous vous tenez donc exactement là où la transition démocratique s’est jouée. Aucune plaque ne le signale, ce qui déçoit souvent.

Ce qu’il y a autour

À l’est : le théâtre d’opéra et de ballet, rose, bâti à la fin des années 1940, le palais de la Culture qui abrite la galerie nationale d’art moderne, et la Central Tower de 2008. À l’ouest : la mairie, la Bourse de Mongolie installée dans un ancien cinéma, et la poste centrale. Au sud : la Blue Sky Tower. Derrière le palais se trouvent le musée national de Mongolie, fermé le lundi, entrée de l’ordre de 20 000 tugriks, à vérifier sur place, et le musée Gengis Khan inauguré en octobre 2022. Le musée Zanabazar est à dix minutes à pied vers l’ouest, le temple Choijin Lama un peu au sud. Les horaires changent entre été et hiver.

S’en servir comme repère

La place est gratuite et ouverte en permanence. C’est le point de rendez-vous de tout le monde. Comptez vingt à trente minutes sur place, une demi-journée si vous enchaînez avec deux musées. La plupart des hôtels du centre sont à moins de vingt minutes à pied ; sinon, voyez comment circuler dans la ville. Le 11 juillet, le cortège des neuf étendards blancs part d’ici vers 9 h 30 pour ouvrir le Naadam. En janvier, par moins vingt-cinq degrés, la place est un piège à vent sans le moindre abri : cinq minutes suffisent. Elle est parfois clôturée pour une cérémonie officielle, et n’offre aucun café.

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