La révolution démocratique de 1990 et la Mongolie d’aujourd’hui

La Mongolie a changé de régime en un hiver, sans un mort. Ce qui s’est joué sur la place Sukhbaatar explique le pays que vous trouverez en arrivant.

Décembre 1989 : la première manifestation

Le 10 décembre 1989, quelques centaines de personnes se réunissent à Oulan-Bator et fondent l’Union démocratique mongole. Les rassemblements deviennent hebdomadaires ; en janvier 1990, la place rassemble déjà des milliers de personnes. Le régime issu de la révolution de 1921, étroitement lié à l’URSS, ne fait pas tirer.

Mars 1990 : la grève de la faim

Le 7 mars 1990, dix militants entament une grève de la faim sur la place, en habit traditionnel. Des arrêts de travail de soutien suivent en province, jusqu’à la ville minière d’Erdenet. Le 9 mars, le bureau politique du parti unique démissionne en bloc. Le monopole du parti disparaît ensuite de la constitution.

1990-1992 : les urnes, puis la constitution

Les premières élections pluralistes ont lieu en juillet 1990 : participation officielle de 97,9 % le 29 juillet, et l’ancien parti unique garde la majorité. La constitution actuelle est adoptée le 13 janvier 1992 et entre en vigueur le 12 février 1992 : république parlementaire, multipartisme, propriété privée. Une révision de 2023 a porté le parlement de 76 à 126 sièges, dès le scrutin de 2024 ; voyez les institutions.

Le choc économique

Les estimations varient : l’aide soviétique atteignait jusqu’au tiers du PIB. Elle disparaît en 1990-1991. Le PIB recule de plus de 20 % entre 1990 et 1993, l’inflation dépasse 300 % en 1992. Pénuries, rationnement, chômage : cette décennie reste un souvenir dur. Les troupeaux d’État sont privatisés ; puis les dzuds — ces hivers qui déciment le bétail — du début des années 2000 poussent des éleveurs vers la ville.

Mines et quartiers de gers

Depuis les années 2010, cuivre et charbon font l’essentiel des exportations, vendues à la Chine : la croissance suit les cours mondiaux. Oulan-Bator concentre près de la moitié des habitants du pays, et plus de la moitié de ses résidents vivent dans les quartiers de gers, sans chauffage central : d’où la pollution de l’air en hiver. La Mongolie actuelle tient dans cet écart entre la capitale et la steppe.

Ce qu’on peut voir aujourd’hui

La place Sukhbaatar reste le centre de la ville, à pied depuis la plupart des hôtels. Elle s’est appelée place Gengis Khan de 2013 à 2016. Statue équestre de Sukhbaatar au milieu ; au nord, le palais du gouvernement, bâti en 1951, abrite le parlement ; sa colonnade de 2006 porte le Gengis Khan assis en bronze. Au nord-ouest, derrière le palais, le Musée national de Mongolie consacre une salle à la période socialiste, la suivante à la Mongolie démocratique : photos de la grève de la faim et des premiers scrutins. Fermé dimanche et lundi hors saison, ouvert tous les jours du 15 mai au 15 septembre ; les horaires changent, confirmez-les avant de vous déplacer. Voir aussi le programme de visite et l’histoire de la ville.

Ce que cela change pour votre voyage

Le paiement par QR code est courant dans la capitale. Selon le Global Findex 2025, 98 % des adultes mongols ont un compte bancaire. Dans la steppe, c’est l’espèce ; retirez avant de partir et calez votre budget. La 4G couvre la capitale et les chefs-lieux de province, mais de longues portions de piste restent sans réseau.

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