La Mongolie entre le Japon et l’URSS : Khalkhin Gol et l’indépendance

Après la chute de l’empire mandchou, la Mongolie cherche une garantie contre Pékin. Elle la trouve à Moscou, au prix fort.

1939 : la bataille de Khalkhin Gol

Au printemps 1939, des incidents éclatent sur la rivière Khalkhin Gol, à l’extrême est du pays, entre la Mongolie et le Mandchoukouo tenu par l’armée japonaise du Guandong. Les combats durent du 11 mai au 16 septembre 1939. Gueorgui Joukov, commandant adjoint pour la cavalerie en Biélorussie, prend le 12 juin le commandement du 57e corps spécial. Le 20 août, il lance une offensive d’encerclement qui écrase les forces japonaises. Le cessez-le-feu entre en vigueur le 16 septembre.

La défaite pèse lourd. Tokyo renonce à s’étendre vers la Sibérie et se tourne vers le Pacifique. Le pacte de neutralité soviéto-japonais du 13 avril 1941 confirme ce choix, et l’URSS pourra ensuite dégarnir son Extrême-Orient.

Les purges des années 1930

La contrepartie intérieure est brutale. Le Premier ministre Peljidiin Genden résiste aux demandes de Staline sur la répression du clergé : écarté en 1936, il est exécuté à Moscou en 1937. Khorloogiin Choibalsan applique ensuite la ligne soviétique. Entre 1937 et 1939, moines, nobles et cadres du parti sont arrêtés par dizaines de milliers. Les estimations varient ; les travaux historiques citent le plus souvent 20 000 à 35 000 exécutions et plus de 700 monastères rasés.

1945 : guerre puis indépendance

Le 10 août 1945, deux jours après l’URSS, la Mongolie déclare la guerre au Japon. Ses cavaliers rejoignent le groupe de cavalerie mécanisée soviéto-mongol d’Issa Pliev, qui pousse vers la Mongolie-Intérieure. Le traité sino-soviétique du 14 août 1945 prévoit que la Chine reconnaîtra l’indépendance après un référendum. Il a lieu le 20 octobre 1945 : participation annoncée de 98,47 %, oui officiellement unanime. Le scrutin, à parti unique, relève de la formalité. En janvier 1946, le gouvernement nationaliste chinois reconnaît l’indépendance de la Mongolie extérieure.

Ce qu’on peut voir aujourd’hui

Le mémorial de Zaisan domine le sud d’Oulan-Bator, dans le district de Khan-Uul. Inauguré en 1971 pour le cinquantenaire de la révolution de 1921, il honore les soldats soviétiques et mongols tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa fresque circulaire en mosaïque déroule 1921, Khalkhin Gol, la victoire de 1945 et les vols spatiaux communs. Au pied de la colline, un char T-34 de la brigade « Mongolie révolutionnaire », placé là en 2003. Accès libre par l’escalier.

Les sites de Khalkhin Gol sont dans le sud-est du Dornod, à 360 km de Choibalsan et plus de 1 000 km de la capitale. Le musée de la Victoire de Khalkhgol, ouvert en 1984, rassemble plus de mille pièces ; des monuments jalonnent les anciennes positions et Choibalsan a son musée Joukov. Zone frontalière : permis et guide mongol obligatoires, 4x4 indispensable, aucun transport public. Comptez un vol pour Choibalsan puis une longue journée de piste, de juin à août.

Le musée mémorial des victimes des répressions politiques, ouvert en 1996 dans l’ancienne maison de Genden, a été démoli en 2019. Une reconstruction est annoncée : vérifiez avant de vous déplacer. Le 10 septembre reste la journée nationale de commémoration. Les ruines du monastère de Manzushir, rasé en 1937 au pied sud du Bogd Khan Uul, montrent ce qu’ont fait les purges.

À lire ensuite : les réformes démocratiques, l’histoire mongole d’ensemble et l’histoire d’Oulan-Bator.

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