De 1691 à 1911, la Mongolie extérieure est une marche de l’empire mandchou. Cette période, plus que l’épopée de Gengis Khan, explique la physionomie religieuse et urbaine du pays.
En 1688, le chef dzoungar Galdan envahit le pays khalkha. Les princes se placent sous la protection de l’empereur Kangxi. En mai 1691, l’assemblée de Dolon Nor formalise leur soumission ; en 1694, les trois khans khalkha entrent dans l’aristocratie impériale.
Les Qing découpent le pays en aimags — trois d’abord, quatre en 1725 avec le Sain Noyon, détaché du Tusheet Khan — divisés en bannières ou khoshuu. Ce découpage préfigure les aimags que gère aujourd’hui le gouvernement mongol. Chaque bannière a un territoire fixe : les éleveurs ne circulent plus librement. Un général impérial siège à Uliastai dès 1733 ; un premier amban s’installe à Ikh Khuree en 1758.
Zanabazar (1635-1723), premier Jebtsundamba Khutuktu, fait du bouddhisme tibétain le ciment du pays. Sa résidence nomade, fondée en 1639, se déplace une vingtaine de fois — jusqu’à vingt-neuf selon les décomptes — avant de se fixer en 1778 au bord de la Tuul : c’est Ikh Khuree, l’Ourga des Russes, futur Oulan-Bator. À partir du troisième, Pékin cherche les réincarnations au Tibet, pour couper le lien avec la noblesse locale. Les monastères deviennent de gros propriétaires de troupeaux.
Impôts et achats se règlent en argent métal, absent du pays. Bannières et princes empruntent aux maisons de commerce chinoises, à des taux écrasants, et remboursent en bétail. Une estimation souvent reprise chiffre la dette de 1911 à 30 millions de taels d’argent : un ordre de grandeur, pas un chiffre sûr. Le ressentiment contre ces créanciers pèsera lourd.
Les Qing s’effondrent ; princes et clergé proclament l’indépendance. Le 29 décembre 1911, le huitième Jebtsundamba Khutuktu (1869-1924), né à Lhassa, est intronisé Bogd Khan, chef religieux et souverain. Le traité de Kiakhta de 1915 ne lui reconnaît qu’une autonomie. Il reste souverain nominal après la révolution de 1921, jusqu’à sa mort le 20 mai 1924.
Le palais d’hiver du Bogd Khan est au sud d’Oulan-Bator, dans le district de Khan-Uul. Des temples bâtis entre 1893 et 1903 entourent un palais de style russe. Musée depuis 1926, il conserve environ 8 600 objets : trône, thangkas, bottes offertes par Nicolas II. Le site est en restauration : fin 2025, seul le palais d’hiver se visitait. Horaires théoriques : 9h-20h du 15 mai au 15 septembre, 10h-17h en semaine hors saison. Confirmez l’ouverture avant de partir.
Ailleurs : Erdene Zuu à Kharkhorin, fondé en 1585 ou 1586, dont trois temples seulement ont survécu ; Amarbayasgalant, bâti de 1727 à 1736 pour abriter la dépouille de Zanabazar ; Gandan, fondé en 1809, seul monastère autorisé à rouvrir en 1944.
La Mongolie comptait environ 83 000 moines en septembre 1937, moins de cinq cents fin 1938. Plus de 700 monastères ont été détruits. Le monastère de Manzushir, fondé en 1733 sur le versant sud du Bogd Khan Uul, à environ 6 km au nord-est de Zuunmod et 46 km d’Oulan-Bator par la route, reste en ruines : un temple restauré sert de musée. C’est l’excursion la plus courte pour mesurer la perte.
Histoire de la Mongolie · Centre de la Mongolie · Découverte de la Mongolie
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode — 49 € →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement