Gengis Khan, conquérant mongol et fondateur d’un État

En Mongolie, son nom est partout : billets, aéroport, panneaux routiers.

Temudjin, un enfant du Khentii

Il naît Temudjin vers 1162 dans les collines du Khentii, au nord-est de l’actuelle Oulan-Bator. La date est discutée : 1155, 1162 ou 1167. L’Histoire secrète des Mongols rapporte l’empoisonnement de son père, l’abandon par le clan, la captivité ; il se bâtit ensuite un réseau d’alliés. Voir naissance et enfance de Temudjin.

1206, le kouriltai qui crée un État

En 1206, après l’élimination de ses derniers rivaux Jamuqa et Toghrul, une grande assemblée, le kouriltai, se réunit près des sources de l’Onon et le proclame Gengis Khan. Le titre, souvent traduit par « souverain universel », garde un sens débattu. Voir son ascension vers le pouvoir et la Mongolie avant Gengis Khan.

Yassa, poste impériale, tolérance religieuse

Armée et société passent à un modèle décimal, jusqu’au tumen de dix mille hommes : les liens tribaux sont brisés, l’avancement dépend de la loyauté. Son droit coutumier, la Yassa, ne nous est parvenu que par citations indirectes ; l’écriture ouïgoure est adaptée au mongol. Des relais de poste, le yam, permettent de changer de monture ; leur essor revient à ses successeurs. Les clergés de toutes confessions sont exemptés d’impôt. Le bilan humain des campagnes en Asie reste très contesté.

1227, une tombe introuvable

Il meurt en août 1227 pendant la campagne contre les Xia occidentaux. Sa sépulture n’a jamais été retrouvée. La tradition, suivant le chroniqueur persan Rachid al-Din, la situe près du mont Burkhan Khaldun, dans le Khentii. Ses abords, l’Ikh Khorig, longtemps interdits, restent réglementés. Le massif est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015. Voir la fin de sa vie et l’empire après lui.

Ce qu’on peut voir aujourd’hui

La statue équestre de Tsonjin Boldog est l’étape la plus simple : 54 km à l’est d’Oulan-Bator, un peu plus d’une heure de route. Inaugurée en 2008, elle atteint 40 mètres et repose sur un centre d’accueil de 10 mètres ceinturé de 36 colonnes. On monte à l’intérieur jusqu’à la tête du cheval ; comptez une demi-journée.

À Oulan-Bator, le musée national de Mongolie, au nord-ouest de la place Sukhbaatar, replace l’empire dans l’histoire du pays. Le musée national Gengis Khan, ouvert en octobre 2022, lui consacre plusieurs étages. Devant le palais du gouvernement, une statue assise du khan date de 2006, 800e anniversaire du kouriltai. Tout se fait à pied : voir que visiter à Oulan-Bator.

Karakorum, à environ 370 km au sud-ouest, devient capitale impériale sous Ogodeï en 1235. Presque rien ne subsiste en surface : on visite le monastère Erdene Zuu, bâti en 1586 avec ses pierres. À Dadal, au nord-est du Khentii, l’ovoo de Deluun Boldog marque un lieu de naissance revendiqué : plusieurs centaines de kilomètres, route puis piste, peu de vestiges.

Un nom omniprésent

Gengis Khan figure sur les coupures de 500 à 20 000 tugriks, Sukhbaatar sur les petites valeurs. L’aéroport international, ouvert en juillet 2021 à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale, porte son nom. En 2013, Ondorkhaan, chef-lieu du Khentii, a été rebaptisée Chinggis : sur place, beaucoup emploient encore l’ancien nom. Ce culte date des années 1990 ; le régime socialiste l’avait étouffé. Voir la Mongolie actuelle.

À suivre : les conquêtes mongoles · histoire de la Mongolie · découverte de la Mongolie

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