En 1206, une assemblée de chefs proclame Temudjin souverain de la steppe sous le nom de Gengis Khan. Moins d’un siècle plus tard, ses héritiers tiennent le plus grand empire terrestre d’un seul tenant de l’histoire. En Mongolie, il en reste peu de traces.
Presque rien n’est inventé. L’élevage fournit les chevaux, et chaque cavalier en mène plusieurs : on change de monture sans s’arrêter. L’arc composite, collé de bois, de corne et de tendon, se tire au galop. La chasse collective, vieille pratique de la Mongolie d’avant Gengis Khan, entraîne à l’encerclement. Le principe décimal — dizaines, centaines, milliers, tumen de dix mille hommes — vient des empires antérieurs de la steppe. La nouveauté tient à son application systématique, qui brise les loyautés de clan (voir son ascension vers le pouvoir). Le reste est capturé : machines de siège et ingénieurs viennent des pays conquis, chinois puis persans. Les relais du yam portent les ordres d’un bout à l’autre du continent.
La guerre contre les Jin, en Chine du Nord, commence en 1211 ; leur empire tombe en 1234. L’empire khwarezmien est détruit entre 1219 et 1221 (voir les conquêtes en Asie). Les principautés russes sont soumises entre 1237 et 1240, la Pologne et la Hongrie frappées en 1241, Bagdad prise en 1258. La défaite d’Aïn Djalout, en 1260, arrête l’avance mongole au Proche-Orient. Les Song du Sud cèdent en 1276 ; les expéditions contre le Japon, en 1274 et 1281, échouent. Le coût humain fut considérable, mais les estimations varient énormément : elles dérivent de chroniques médiévales aux chiffres jugés invraisemblables. Aucun bilan fiable n’existe.
L’unité politique sécurise les routes marchandes : marchands, artisans et religieux traversent l’Eurasie. Dès la mort de Möngke, en 1259, une guerre de succession divise l’ensemble en quatre : Yuan en Chine, Djaghataï en Asie centrale, ilkhanat en Perse, Horde d’Or à l’ouest. Koubilaï déplace le centre vers Pékin (voir l’empire après Gengis Khan). Vers 1294, ces khanats couvrent encore environ 23 millions de kilomètres carrés selon les estimations courantes.
Un empire nomade bâtit peu en dur. Karakorum, dont Ögödeï fait élever murs et palais à partir de 1235, fut rasée par les Ming en 1380, et ses pierres réemployées au monastère voisin. C’est aujourd’hui un site archéologique, pas une ville : des fondations fouillées sous l’herbe, et deux tortues de granit en surface. Kharkhorin est dans l’Ovorkhangai, à environ 360 km à l’ouest d’Oulan-Bator, route goudronnée, cinq à huit heures.
Ce qui se visite vraiment, c’est Erdene Zuu, fondé en 1585 avec ces pierres, aujourd’hui ceint d’un mur de stûpas. Des temples peuvent être fermés pour restauration : renseignez-vous avant de venir. Les purges de 1939 n’ont laissé que trois temples debout ; le culte a repris en 1990. Le musée de Kharkhorum, ouvert en 2011, expose une maquette de la capitale : commencez par là. Le site appartient au paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, classé à l’UNESCO en 2004, au centre du pays. À Oulan-Bator, le musée national Gengis Khan, ouvert en 2022, occupe un bâtiment de neuf étages ; il ferme le mardi (9h-17h, dernière entrée à 16h). Prévoyez l’Orkhon dans un itinéraire de trois semaines.
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