Le monastère de Gandan à Oulan-Bator

Gandantegchinlen, que les Mongols appellent simplement Gandan, est le principal monastère bouddhiste du pays. Il occupe une colline à l’ouest du centre d’Oulan-Bator. C’est un lieu de culte en activité, pas un musée : vous y croiserez plus de fidèles mongols que de touristes.

Un monastère qui a survécu aux purges

Gandan naît en 1809, sous le quatrième Jebtsundamba Khutuktu, d’un simple temple bâti sur la colline. Le nom Gandantegchinlen vient du palais que le cinquième y fait élever entre 1834 et 1838. À la fin des années 1930, les purges staliniennes rasent la quasi-totalité des monastères mongols ; Gandan ferme à son tour. Il rouvre en 1944 sur ordre de Choibalsan et reste, jusqu’au tournant de 1990, le seul monastère en activité du pays : une vitrine tolérée, animée par une poignée de moines. Le musée des victimes des répressions politiques raconte l’autre versant de ces années, ouvertes par la révolution de 1921. Depuis 1990 la communauté a grossi. En mars 2023, le dalaï-lama a reconnu en Inde le dixième Jebtsundamba Khutuktu, plus haute autorité du bouddhisme mongol.

La statue de Migjid Janraisig

C’est la pièce maîtresse. La statue d’origine, dressée entre 1911 et 1913, mesurait 25,6 mètres ; elle a été démontée à la fin des années 1930 et emportée en URSS, où elle aurait été fondue. Celle que l’on voit aujourd’hui date de 1996 : 26,5 mètres, une vingtaine de tonnes de cuivre, 8,6 kg d’or et plus de 2 000 pierres précieuses. Le temple est étroit : on ne la voit jamais entière d’un seul regard. Faites-en le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, comme les fidèles.

Les offices du matin

Les chants commencent tôt et le plus dense se joue en matinée, autour de 9 heures. Arrivez entre 9 h et 10 h 30 : les temples sont ouverts, les moines récitent, le genévrier brûle. On entre, on reste debout au fond, on ne passe pas devant les officiants. L’après-midi, plusieurs halls ferment et le site perd beaucoup.

Tenue et photographie

Épaules et genoux couverts, chapeau retiré en entrant dans un temple. Dehors, photographiez librement. À l’intérieur, un droit de prise de vue se paie séparément, de l’ordre de 10 000 tugriks pour la photo et davantage pour la vidéo ; certaines salles l’interdisent complètement, regardez les panneaux. Pas de flash pendant un office, et demandez avant de cadrer un moine. Nos pages politesse et coutumes et photographier la Mongolie détaillent le reste.

Accès, durée et budget

Gandan est à 2,5 km à l’ouest de la place Sükhbaatar : 30 à 40 minutes à pied, 10 à 30 minutes en taxi selon les embouteillages, qui sont réels — voir se déplacer à Oulan-Bator. Comptez 1 h à 1 h 30 sur place, 2 h si vous suivez un office. L’enceinte est en principe d’accès libre, un droit étant parfois perçu ; le temple de Janraisig, lui, est payant. Les tarifs bougent souvent : tablez sur quelques milliers de tugriks, jusqu’à environ 20 000 pour un billet complet, soit 1 à 5 euros. Prévoyez des espèces et vérifiez sur place. Le site se visite toute l’année, mais en hiver les cours sont balayées par le vent.

Ce qui peut décevoir

Gandan n’est pas un monastère de steppe. Il est cerné d’immeubles, de voitures et de vendeurs de graines pour les pigeons, et une partie des bâtiments est récente. Si vous cherchez l’atmosphère ancienne, visez plutôt Erdene Zuu ou Amarbayasgalant ; en ville, le temple-musée Choijin Lama a bien mieux traversé le siècle.

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