Erdene Zuu est tenu pour le plus ancien monastère bouddhique encore debout en Mongolie. Il se dresse à Kharkhorin, dans l’Ovorkhangai, aux abords des ruines de Karakorum. La visite est courte, mais c’est l’un des rares sites mongols où l’intérêt vient du bâti et non du paysage.
Abtai Sain Khan, prince khalkha descendant de Gengis Khan, lance le chantier en 1585, peu avant ou peu après sa rencontre avec le troisième dalaï-lama : les sources datent celle-ci de 1578 à 1587. Le premier temple sort de terre en 1586. Les maçons puisent dans les ruines de l’ancienne capitale impériale toute proche : briques et pierres d’Erdene Zuu en viennent en grande partie. C’est aussi pour cela qu’il ne reste presque rien à voir de Karakorum. Le site appartient au paysage culturel de la vallée de l’Orkhon, classé à l’UNESCO.
Le mur forme un carré d’environ 400 mètres de côté, ponctué de stupas blancs. Le plan en prévoyait 108, le nombre de grains du mala, le chapelet du bouddhisme tibétain. Ce compte n’a sans doute jamais été atteint et plusieurs manquent : inutile de les compter. Le mur se photographie mal depuis l’intérieur : longez-le par l’extérieur en fin de journée.
À son apogée, Erdene Zuu comptait une soixantaine de temples et près d’un millier de moines. Les purges de la fin des années 1930 n’ont laissé que l’enceinte, les trois temples Zuu, le stupa doré et le Lavrin. Des centaines de monastères ont disparu dans le pays et plus de dix mille religieux ont été tués. Le musée des victimes des répressions politiques, à Oulan-Bator, donne le contexte. Les temples survivants sont devenus un musée, puis le culte a repris après 1990.
Les trois temples Zuu, alignés face à l’est, abritent statues, thangkas et masques de danse tsam : c’est la partie musée. Le stupa doré a été élevé en 1799. Le temple Lavrin, de style tibétain, reste actif et accueille des offices. Comptez 1 h 30 à 2 h 30 sur place. Le musée de Kharkhorin, à dix minutes à pied, complète utilement la visite : c’est l’un des meilleurs musées de province.
360 km à l’ouest-sud-ouest d’Oulan-Bator, six à huit heures selon le véhicule, par une route goudronnée pour l’essentiel (distances routières). Des bus quotidiens font le trajet pour quelques dizaines de milliers de tugriks. Le terminal de départ est incertain : le Dragon ou le Nomin, deux kilomètres plus à l’ouest. Vérifiez la veille. La plupart des voyageurs préfèrent un 4x4 avec chauffeur, plus souple pour enchaîner les sites. Kharkhorin figure dans presque tous les itinéraires d’une semaine.
Entrer dans l’enceinte est gratuit. Le billet musée et temples coûte de l’ordre de 10 000 tugriks, moins de 3 €, et la photo à l’intérieur se paie en plus. Ouverture vers 9 h, fermeture vers 18 h l’été. Tarifs et horaires bougent : vérifiez sur place. De mai à septembre l’accès est simple ; en hiver le site reste ouvert, souvent en semaine seulement et sur horaires réduits, glacial et désert.
Beaucoup arrivent en imaginant la capitale de l’Empire et trouvent un champ vide et quelques tortues de pierre. Erdene Zuu n’est pas non plus un grand monastère vivant comme Gandan : c’est d’abord un musée. Ne faites pas 360 km pour lui seul. Complétez avec Shankh Khiid, l’ermitage de Tovkhon et les chutes de l’Orkhon.
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