Ce mémorial occupait une petite maison en bois du centre d’Oulan-Bator, l’ancienne résidence du Premier ministre Peljidiin Genden. Il racontait les purges des années 1930. Avant de l’inscrire à votre programme, sachez ceci : la maison a été démolie en octobre 2019 et le musée n’avait toujours pas rouvert à l’été 2025.
Fermé vers 2017 par l’inspection spécialisée — une expertise concluait à 94 % de dégradation — le bâtiment a été démonté en octobre 2019. Une tour de plus de vingt étages, la Minister Tower, occupe la parcelle. Le promoteur a promis de reconstruire la maison sous verre dans les premiers niveaux : quatre dans le projet de 2019, deux dans l’état de 2025. Des locaux ont été remis à la fondation Genden fin 2024 et, en mai 2025, le directeur S. Bekhbat annonçait une ouverture pour l’automne suivant, la collection attendant dans les réserves du Musée national. Fin août 2025, rien n’avait ouvert, et nous n’avons rien trouvé depuis.
Beaucoup de guides le listent encore. L’adresse, rue Olympique (Olimpiin gudamj), est à cinq cents mètres au sud-est de la place Sukhbaatar, sept minutes à pied : il n’y a rien à voir sur place, seulement la tour. N’y allez que si la reconstruction a ouvert ; faites vérifier par votre hôtel.
La maison datait de 1928 ou de 1930 selon les sources, sur les plans d’un ingénieur allemand. Genden (1892 ou 1895–1937), Premier ministre de 1932 à 1936, y a vécu. Il a refusé d’appliquer la campagne de Staline contre le clergé bouddhiste, quinze ans après la révolution de 1921. Destitué, emmené en URSS, il a été fusillé à Moscou le 26 novembre 1937, puis réhabilité en 1956. Sa fille, G. Tserendulam, a obtenu confirmation de l’exécution en 1992 et a ouvert le musée le 10 septembre 1996.
Sept salles, environ 160 pièces : photographies, coupures de presse, objets personnels, armes, objets religieux de lamas exécutés, une porte de prison. Le bureau de Genden restait en l’état, une salle listait les noms province par province. Trente à quarante-cinq minutes suffisaient pour en faire le tour.
Les chiffres officiels donnent environ 36 000 personnes réprimées entre 1922 et 1962, dont plus de 31 000 réhabilitées. Les estimations de morts vont de 20 000 à 35 000, dont près de 18 000 moines ; 746 monastères ont été liquidés.
Le monument aux victimes, une fonte de cuivre du sculpteur L. Bold installée en 1997, se dresse devant le Musée national de Mongolie : en plein air, gratuit, cinq minutes de halte. Le 10 septembre est le jour national du souvenir. Dans le musée, la salle sur la Mongolie socialiste (1921–1990) couvre la période ; comptez une heure et demie, entrée payante, tarif à vérifier sur place. Le temple-musée Choijin Lama et le monastère de Gandan montrent ce qui a survécu ; les ruines du monastère d’Ongi, dans le Gobi, ce qui a été détruit. Le mémorial de Zaisan donne le point de vue soviétique, assumé. Ces visites tiennent en toute saison et sauvent une journée d’hiver.
Les répressions ont tué l’équivalent de trois à cinq pour cent de la population de l’époque, l’essentiel concentré entre septembre 1937 et avril 1939. Le seul musée qui racontait cela tenait dans une maison privée, portée par une famille ; il a disparu sous une tour de bureaux. C’est déjà une information sur la place faite à cette mémoire.
À lire ensuite : les musées d’Oulan-Bator et l’histoire de la capitale.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode — 49 € →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement