Le temple-musée Choijin Lama, au centre d’Oulan-Bator

Le Choijin Lama est l’un des rares ensembles monastiques anciens encore debout au centre d’Oulan-Bator. Six temples de bois, cernés par des tours de bureaux. Ce n’est pas un monastère vivant : voyez-le comme un musée d’art bouddhique installé dans son décor d’origine. C’est l’une des rares occasions de voir des intérieurs de temple mongols d’avant 1937 restés intacts.

Un temple privé pour l’oracle d’État

Le complexe a été construit entre 1904 et 1908 pour Luvsankhaidav, oracle d’État et frère du huitième Jebtsundamba Khoutoukhtou, le futur Bogd Khan. L’oracle entrait en transe et rendait des avis que le pouvoir consultait avant ses décisions. Ce n’était donc pas un monastère ordinaire, mais une chapelle de cour, contemporaine du palais d’hiver du Bogd Khan. Pour identifier les divinités représentées, lisez d’abord la page sur le bouddhisme tibétain en Mongolie.

Pourquoi il a survécu

Le temple ferme en 1937, au plus fort des purges antireligieuses qui suivent la révolution de 1921. Des centaines de monastères sont rasés. Celui-ci est classé musée dès 1938, présenté comme une pièce à conviction du « passé féodal ». L’étiquette l’a sauvé. Le musée des victimes des répressions politiques raconte l’autre versant de ces années. Le monastère Gandan, rouvert dès 1944 comme seul monastère toléré du pays, a retrouvé une vraie vie religieuse après 1990. Pas ici : le Choijin Lama reste un musée, sans moines ni offices.

Masques tsam, thangkas et une momie

Le temple principal abrite un Bouddha Sakyamuni doré du XVIIIe siècle, la statue de Choijin Lama et le corps embaumé de son maître Baldanchoimbol. Le clou de la visite reste la collection de masques tsam en papier mâché, certains rehaussés de corail : ces danses masquées ont disparu sous le régime communiste et ne sont revenues qu’après 1990. S’y ajoutent thangkas, broderies de soie et sculptures attribuées à Zanabazar, dont le musée des beaux-arts Zanabazar montre l’essentiel. Le temple Yadam aligne des divinités courroucées et une imagerie tantrique explicite : prévenez les enfants.

Accès, horaires et tarifs

Comptez une dizaine de minutes à pied au sud de la place Sukhbaatar ; l’entrée est discrète, derrière un mur, entre deux immeubles. Les transports urbains vous déposent à quelques rues. Les horaires varient selon les sources : le site officiel du musée annonce une ouverture tous les jours, de 9 h à 18 h, quand plusieurs guides donnent des horaires réduits et des jours de fermeture en hiver. Vérifiez la veille avant de vous déplacer. L’entrée tourne autour de 8 000 tugriks, le supplément photo est plusieurs fois plus cher. Prévoyez des espèces. Une heure à une heure trente suffisent, et une demi-journée permet d’enchaîner avec un autre musée du centre.

Ce qui déçoit

Le site est petit et la signalétique inégale : sans guide ni lecture préalable, les salles se ressemblent vite. Le supplément photo surprend beaucoup de visiteurs à la caisse. Les tours voisines écrasent les toits : le site figurait en 2020 sur la liste World Monuments Watch, qui recense des lieux menacés. En hiver, gardez votre manteau : rien n’indique que ces temples de bois soient chauffés.

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