Les ruines du monastère d’Ongi

Ongi, ou Ongiin Khiid, est une étape presque obligée sur la route qui relie Karakorum au désert de Gobi. Le site occupe les deux rives de la rivière Ongi, dans le soum de Saikhan-Ovoo, province du Dundgovi, à environ 18 km au sud du chef-lieu, Saikhan-Ovoo.

Deux ensembles, une seule ruine

Ongi n’est pas un monastère mais deux. Sur la rive sud, Khutagt, le plus ancien : la fondation du site est généralement placée en 1660, mais certaines sources mongoles la datent du milieu du XVIIIe siècle. Il réunissait onze temples et les bâtiments administratifs. Sur la rive nord, Barlim, bâti au XVIIIe siècle, en comptait dix-sept, dont l’un des plus vastes de Mongolie. Au total une trentaine de temples, quatre universités bouddhiques et plus de mille moines à l’apogée. C’était l’un des grands foyers du bouddhisme tibétain dans le pays.

1939, la destruction

Tout a été rasé en 1939, pendant les purges antireligieuses menées sous Khorloogiin Choibalsan. Plus de deux cents moines ont été tués. Les survivants ont été emprisonnés, défroqués ou incorporés de force dans l’armée. Presque tous les monastères du pays ont subi le même sort. Le musée des victimes des répressions politiques à Oulan-Bator et l’histoire de la révolution de 1921 éclairent ce que vous voyez ici.

Une reconstruction lente

Après 1990, trois moines formés à Ongi soixante ans plus tôt sont revenus sur place. Un temple a été inauguré en 2004. Un stûpa commémoratif porte les noms des moines tués en 1939. Deux petits musées aménagés dans des yourtes montrent des statues de bronze, des objets rituels et des fragments sauvés. Le reste, sur plusieurs hectares, se résume à des murs de terre et à des stûpas penchés.

Accès, durée et saison

Environ 500 à 550 km séparent Ongi d’Oulan-Bator, soit une longue journée de route. Le bitume ne va pas jusqu’au site et les derniers kilomètres se font sur piste, d’où l’intérêt de louer un 4x4 avec chauffeur. Depuis Karakorum, comptez de l’ordre de 260 km et quatre à cinq heures ; d’Ongi à Bayanzag, comptez de l’ordre de 150 à 200 km et trois heures de piste. Vérifiez les distances routières et l’état des routes avant de partir. Sur place, une à deux heures suffisent pour les ruines, le temple et les musées ; une demi-journée si vous montez aux ovoo des collines.

Dormir sur place

Plusieurs camps de yourtes sont installés à quelques centaines de mètres des ruines, et la plupart des agences y font étape. Les plus confortables annoncent, en pension complète, des tarifs qui tournent autour de 70 à 95 dollars par personne et par nuit selon la saison ; des familles louent des yourtes pour bien moins cher. La saison va grosso modo de mai à octobre. Confirmez le prix à la réservation et comparez avec nos exemples de prix.

Ce qui déçoit

L’entrée reste modique, quelques milliers de tugriks ; prévoyez des espèces : ne comptez pas pouvoir payer par carte. La rivière, elle, est irrégulière. Les prélèvements miniers des années 2000 l’avaient presque tarie ; la plupart des mines du bassin ont depuis cessé, mais le débit reste faible en fin d’été et le lit peut être à sec. Autre point : ce sont des ruines, pas un monastère vivant comme Erdene Zuu. Si vous ne devez en voir qu’un seul, ce n’est pas celui-ci. Juin et septembre restent les mois les plus sûrs : voyez la meilleure période pour partir.

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