Tovkhon, l’ermitage de Zanabazar

Tovkhon khiid n’est pas un grand monastère de plaine. C’est un ermitage minuscule, accroché à une crête rocheuse de la montagne Shiveet Ulaan, au-dessus d’une forêt de pins, dans la partie haute de la vallée de l’Orkhon. Il fait partie du paysage culturel inscrit à l’UNESCO en 2004. Quelques temples de bois, des stupas, des rochers : ce qui fait la visite, c’est le lieu et la montée.

Pourquoi ce lieu compte

Zanabazar (1635-1723), premier Bogd Gegeen du bouddhisme mongol, a choisi l’endroit en 1648, à quatorze ans ; les premières constructions de bois datent des années 1651-1654. Il y est revenu des décennies durant pour sculpter, écrire et méditer. C’est ici qu’il a créé, en 1686, l’écriture soyombo, dont le premier signe figure sur le drapeau mongol. Ses bronzes sont exposés au musée Zanabazar, à Oulan-Bator. Le site a été détruit en 1688 par les Oirats, relevé en 1773, gravement endommagé à la fin des années 1930. Les moines sont revenus en 1992 ; la restauration s’est achevée en 1997.

La montée depuis le parking

Tout dépend du véhicule. Un 4x4 récent monte la piste raide au-dessus du parking bas et vous dépose près du sommet en vingt minutes environ ; les vieux UAZ et les minibus n’y passent pas. Sinon, comptez 2,5 à 3 km de sentier raide en sous-bois : 45 minutes à une heure de montée, un peu moins à la descente. Le terrain est terreux, glissant après la pluie, avec des racines et des marches de bois. Chaussures fermées indispensables. On peut louer un cheval et son propriétaire auprès des familles installées en bas, ce qui dépanne si vous marchez mal (voyager à cheval).

Altitude, grotte et curiosités du sommet

Les sources donnent de 2 300 à 2 600 mètres d’altitude. Rien de vertigineux, mais le souffle se fait sentir dans la montée. En haut : la grotte de méditation de Zanabazar, deux puits creusés dans la roche et la grotte dite du « ventre de la mère », un boyau étroit où les pèlerins se glissent en signe de renaissance. Il faut ramper : inutile d’insister si vous êtes corpulent ou claustrophobe. Un panneau interdit aux femmes la partie haute des rochers.

Y aller : la piste est le vrai obstacle

Tovkhon se trouve entre 45 et 60 km de Kharkhorin selon l’itinéraire, uniquement par piste : prévoyez deux à trois heures de route. La dernière partie remonte une vallée latérale, caillouteuse et boueuse après la pluie. Une berline est exclue. Partez avec un 4x4 et un chauffeur.

Saison, durée et budget

La fenêtre réaliste va de fin mai à mi-septembre ; hors de là, la neige bloque la piste et le sentier devient dangereux (quand partir). Comptez trois à quatre heures sur place, montée et descente comprises. L’entrée coûte quelques euros, le cheval environ 10 000 tugriks, à vérifier sur place. Emportez des tugriks en espèces, il n’y a pas de terminal de paiement (argent et paiement). Des camps de yourtes familiaux permettent de dormir au pied de la montagne.

Ce qui déçoit

Le site n’est presque pas expliqué : sans lecture préalable ni guide, vous verrez quelques cabanons de bois. Autour du Naadam, en juillet, la crête est saturée de pèlerins et le calme disparaît. Les moucherons peuvent être pénibles après la pluie : vêtements couvrants recommandés (quoi emporter).

À combiner dans le secteur

La visite se combine bien avec Erdene Zuu, le monastère de Shankh et les chutes de l’Orkhon, tous dans le même secteur, mais sur deux jours : Tovkhon en occupe un.

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