Ulaan Tsutgalan est la cascade la plus connue de Mongolie. Elle se trouve dans le district de Bat-Ölzii, province d’Övörkhangai, dans la haute vallée de l’Orkhon, en amont de Kharkhorin et des monuments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2004. Son débit est très irrégulier : il dépend entièrement des pluies d’été.
La chute tombe d’une falaise de basalte noir. Les sources donnent 20 à 27 mètres de hauteur, le plus souvent 24, pour une dizaine de mètres de large, souvent présentée comme la plus grande largeur du pays. À l’échelle mondiale, c’est modeste. L’intérêt tient surtout à la gorge : une vingtaine de mètres de profondeur, des pins accrochés aux parois, et un sentier qui descend jusqu’au fond, près du pied de la chute. La descente est raide et glissante après la pluie. Comptez une à deux heures sur place, une demi-journée si vous longez le canyon.
Au Quaternaire, une éruption à la source de la Tsagaan Azarga a envoyé des coulées de lave sur plusieurs kilomètres dans la vallée. L’Orkhon a ensuite entaillé ces couches de basalte et creusé la gorge actuelle. Les guides locaux datent l’ensemble d’environ 20 000 ans, ordre de grandeur à prendre avec prudence.
La chute ne coule pas toute l’année. En hiver, elle gèle en un mur de glace, mais il faut assumer la Mongolie en hiver et la piste enneigée. Elle se remet en eau après les premières grosses pluies d’été. Fin juillet et août donnent le meilleur débit. En juin, et surtout en septembre après un été sec, le rideau d’eau peut se réduire à un filet : c’est là que les voyageurs repartent déçus. Choisissez votre période de voyage en conséquence et demandez l’état de l’eau au camp quelques jours avant. Si le débit est faible, ne faites pas la piste pour la seule cascade.
Environ 495 km séparent le site d’Oulan-Bator : une longue journée de route, à caler avec nos distances routières. Le goudron va jusqu’à Kharkhorin ; au-delà, le revêtement varie d’une année à l’autre. Selon les sources, la piste rocailleuse fait de 30 à 75 km, avec plusieurs passages à gué : faites préciser l’état du jour par votre chauffeur. Comptez 4 à 5 heures depuis Kharkhorin. Un 4x4 haut sur pattes et un chauffeur habitué sont indispensables : c’est l’un des cas où louer un 4x4 avec chauffeur se justifie pleinement. Après un orage, la boue et la montée des gués bloquent parfois le passage ; lisez notre page sur l’état des routes.
Plusieurs camps de yourtes jalonnent la vallée : l’un est installé au bord même de la chute, un autre à environ 7 km. Confort simple : sanitaires communs, repas au camp. Ordre de grandeur, à partir d’environ 100 000 tugriks la nuit dans les camps du secteur, davantage en pension complète, nettement moins chez l’habitant. Le bivouac reste possible le long de la rivière, à l’écart des troupeaux. Ces tarifs bougent chaque saison : confirmez-les et comparez avec nos exemples de prix.
Seule, la cascade ne justifie pas le détour. Elle prend son sens dans un circuit. L’ermitage de Tovkhon demande deux à trois heures de piste depuis la chute, puis une montée à pied : comptez la journée entière. Ajoutez le monastère Erdene Zuu à Kharkhorin, et les lacs de Naiman Nuur que l’on rejoint surtout à cheval.
Pour situer l’étape : le centre de la Mongolie · Arvaikheer · itinéraire de deux semaines
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