La vallée de l’Orkhon, patrimoine mondial

Le paysage culturel de la vallée de l’Orkhon est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004. Le bien couvre 121 967 hectares de pâturages sur les deux rives de la rivière, à environ 320 kilomètres à vol d’oiseau à l’ouest d’Oulan-Bator. Ce n’est pas un monument, mais une région entière du centre de la Mongolie, toujours pâturée par les troupeaux des éleveurs.

Pourquoi ce classement

L’UNESCO a retenu les critères (ii), (iii) et (iv). Ce qui est protégé ici, c’est une continuité : depuis le VIe siècle, la même vallée a servi de centre politique aux Turcs, aux Ouïgours, puis aux Mongols de Gengis Khan. Attendez-vous à beaucoup de steppe et à peu de pierres debout.

Karakorum et Erdene Zuu

Le bourg de Kharkhorin occupe le site de Karakorum. De la capitale impériale, il ne reste qu’un champ d’herbe, des fondations et une tortue de granit, facile à repérer au nord de l’enceinte : beaucoup de visiteurs sont déçus. Le vrai monument est juste à côté. Erdene Zuu, fondé vers 1585-1586 par Abtai Sain Khan, est ceint d’un mur de stupas : le projet en prévoyait 108, chiffre sacré du bouddhisme, total probablement jamais atteint. Comptez deux heures, plus une heure au musée de Karakorum. L’enceinte se parcourt librement ; l’entrée des temples est payante, quelques dizaines de milliers de tugriks, tarif à vérifier sur place.

Khar Balgas et les stèles turques

Khar Balgas, capitale ouïgoure fondée vers 744 et détruite en 840, n’est plus qu’un grand quadrilatère de murs de terre. À une cinquantaine de kilomètres au nord de Kharkhorin, le site de Khoshoo Tsaidam conserve les stèles de Kul Tegin (732) et de Bilge Khagan (735), parmi les plus anciens textes connus en langue turque. Un petit musée les abrite, mais les pièces majeures, dont le buste de Kul Tegin, sont au musée national, à Oulan-Bator. Comptez une demi-journée de piste aller-retour : à ne faire que si l’archéologie vous intéresse.

Tovkhon et les chutes de l’Orkhon

L’ermitage de Tovkhon, fondé vers 1648 par Zanabazar, se perche vers 2 600 mètres. La piste finale est rude et s’achève par une montée à pied d’environ deux kilomètres et demi ; elle n’est praticable qu’en été et au début de l’automne, la neige la fermant ensuite. Les chutes de l’Orkhon, hautes d’une vingtaine de mètres, sont à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Kharkhorin, soit quatre à cinq heures de piste. Leur débit dépend des pluies : fin juillet et août sont les plus sûrs. Le monastère de Shankh se glisse sur la route.

Y aller et combien de temps

Oulan-Bator–Kharkhorin représente environ 370 kilomètres de route goudronnée, soit six à huit heures avec les arrêts. Des bus et minibus partent du terminal Dragon, en principe chaque jour en saison : confirmez la veille. Ensuite, tout se fait en piste : prévoyez un 4x4 avec chauffeur et vérifiez l’état des routes. Trois jours sur place sont un minimum, quatre ou cinq pour ajouter Tovkhon et les chutes. La vallée s’intègre bien à un itinéraire de deux semaines.

Budget, saison et erreurs fréquentes

Une nuit en camp de yourtes, repas compris, va d’environ 40 euros dans les camps simples à 100 euros dans les plus confortables ; confirmez en réservant. Trois erreurs reviennent : chercher la ville de Gengis Khan, sous-estimer la lenteur des pistes, et tenter l’aller-retour depuis la capitale dans la journée. La bonne période va de juin à septembre.

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