Dans l’Arkhangai, au centre de la Mongolie, un cône volcanique éteint domine un lac d’eau douce né de sa propre lave. Peu de sites mongols laissent lire leur géologie aussi directement.
Le Khorgo est entré en éruption il y a environ 8 000 ans. La lave a barré la vallée de la rivière Terkh et créé le Terkhiin Tsagaan Nuur, le Lac blanc : 16 km de long pour 61 km², à 2 060 m d’altitude, 20 m au plus profond. Autour du volcan, le basalte a figé des bulles que les habitants appellent « yourtes de basalte ». L’ensemble forme un parc national : l’entrée coûte quelques milliers de tugriks par personne, à vérifier sur place.
Depuis le parking, à l’ouest du cône, un escalier de bois mène au bord du cratère en quinze à vingt minutes. Le cratère mesure environ 180 m de diamètre, le cône 120 m de haut, et le sommet culmine à 2 210 m. Pas de lac intérieur, mais des vapeurs sortent parfois des fissures et givrent les parois en hiver. La vue sur la coulée de lave et le lac justifie la montée plus que le cratère lui-même. Comptez une heure pour faire le tour du bord. Chaussures fermées : le basalte coupe.
On se baigne en juillet et en août, mais l’eau reste froide : à plus de 2 000 m, elle ne se réchauffe jamais vraiment, et les entrées sont caillouteuses. Le fond remonte vite : 40 % de la surface fait moins de 2 m. Le lac abrite brochet et perche. La pêche exige un permis, à demander au camp ou à l’administration du parc, et la saison est encadrée : renseignez-vous avant de lancer une ligne. Les rives nord et est se prêtent aux balades à cheval, proposées à l’heure ou à la journée. Les marges marécageuses accueillent oies à tête barrée et tadornes casarca : bon terrain pour l’observation des oiseaux. Répulsif indispensable dans votre sac : mouches et moustiques sont pénibles en juillet.
Le site est à environ 670 km d’Oulan-Bator. L’accès classique passe par Tsetserleg, chef-lieu de l’Arkhangai, puis par le bourg de Tariat, à environ 195 km au nord-ouest. La route est goudronnée sur une grande partie du trajet, mais garde des sections non revêtues : comptez trois à cinq heures selon la pluie. Tariat se trouve à environ 6 km de la pointe nord-est du lac. Des minibus relient Oulan-Bator à Tariat, mais rien ne dessert les camps : le dernier tronçon se négocie sur place. La plupart des voyageurs arrivent en 4x4 avec chauffeur.
Les camps de yourtes se concentrent sur la pointe nord-est, ouverts en gros de juin à septembre. L’écart de confort est énorme : yourte sommaire et latrines d’un côté, douches chaudes et repas servis de l’autre. Comptez, en ordre de grandeur, de 10 000 à 100 000 tugriks la nuit, à confirmer avant de réserver. Le bivouac reste libre et la rive nord offre les meilleurs emplacements. Petites échoppes à Tariat pour l’eau, les nouilles et les cartouches de gaz.
De juin à septembre. Hors saison, les camps ferment et le lac gèle. Deux nuits suffisent : une journée pour le cratère, une pour le lac. Le site est fréquenté : en août, la pointe nord-est tient de la station balnéaire, déchets compris. Marchez vers l’ouest ou gagnez la rive sud pour retrouver du calme.
À suivre : les sources chaudes de Tsenkher, les chutes de l’Orkhon et un itinéraire de deux semaines.
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