Sur presque chaque col de Mongolie, un tas de pierres hérissé de bâtons et d’écharpes bleues. C’est un ovoo. Vous en croiserez plusieurs par journée de route. Voici quoi faire devant, et quoi éviter.
Le mot mongol ovoo signifie simplement « tas ». Des pierres le plus souvent, des branches ou du sable là où la pierre manque. Les écharpes bleues, les khadag, rappellent le Ciel éternel. Le culte a un fond chamanique sur lequel s’est greffée une couche bouddhique documentée depuis le XVIe siècle. Interdit sous le régime communiste, il a repris après 1990. L’UNESCO a inscrit ces pratiques en 2017 sur sa liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
Le point haut est le plus proche du ciel. Un col est aussi un seuil : on y remercie le maître du lieu, le gazriin ezen, pour la route faite, et on lui demande la suite. Il existe aussi des ovoo près des sources, des rivières et aux carrefours ; certains ne sont que des repères de piste, sans valeur religieuse. Sur les pistes du pays, comptez un ovoo à chaque col un peu marqué.
Trois tours dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire le sens du soleil. Ramassez une pierre à chaque tour et posez-la sur l’amas. Formulez un souhait, le plus souvent un trajet sans incident. Comptez cinq à dix minutes, arrêt compris. C’est gratuit : ni gardien, ni billet. Pressé, un chauffeur se contente de klaxonner en passant, et c’est admis. Dans le doute, faites ce que font les Mongols présents.
Une pierre suffit. Les autres offrandes courantes : quelques gouttes de lait, de thé au lait, d’airag ou de vodka, projetées vers le ciel, l’air puis la terre avec l’annulaire droit ; des billets de faible valeur, des bonbons, un khadag bleu. On voit aussi des béquilles, des plâtres et des housses de volant, laissés en remerciement d’une guérison ou d’un trajet sans casse.
Les cérémonies d’ovoo, ovoo takhilga, se tiennent surtout de la fin du printemps à la fin de l’été, à des dates fixées localement d’après le calendrier lunaire. Ces dates ne figurent dans aucun calendrier officiel : renseignez-vous sur place. Les cérémonies d’État des montagnes sacrées, elles, sont fixées par décret et annoncées à l’avance. Le décret présidentiel n° 110 du 16 mai 1995 a rétabli le culte d’État de trois montagnes : le Bogd Khan Uul, le Burkhan Khaldun et l’Otgontenger. La liste s’est étoffée depuis : l’Altai Tavan Bogd et le Gobi Gurvansaikhan y ont été ajoutés en 2012. Le Burkhan Khaldun, dans le Khentii, lié à Gengis Khan, est inscrit au patrimoine mondial depuis 2015.
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