En Mongolie, le premier grand événement de la vie d’un enfant n’est pas un anniversaire : c’est la coupe de ses cheveux de bébé, le даахь үргээх (daakh urgeekh). Avec 59 644 naissances en 2024 pour 3,5 millions d’habitants, ces fêtes sont fréquentes : vous pouvez tomber dessus.
Chaque Mongol porte un seul nom personnel, choisi pour son sens (voir les prénoms mongols). Les familles qui ont perdu un enfant donnent parfois un nom protecteur : Нэргүй (Nergui), « sans nom », ou Энэбиш (Enebish), « pas celui-ci ». Avant de sortir le soir, on noircit parfois le front du bébé à la suie pour tromper les mauvais esprits. Conséquence pour vous : on ne s’extasie pas bruyamment devant un nourrisson. Le premier ой (oi), l’an révolu, se fête ; ensuite tout attend la coupe. Voir aussi les tabous à connaître.
Entre deux et cinq ans, le plus souvent entre trois et cinq. La règle courante : les garçons pendant une année impaire de leur vie, les filles pendant une année paire, l’âge se comptant au calendrier lunaire. Le geste double celui pratiqué sur le poulain, dont on coupe la crinière (дэл, del) au printemps de sa troisième année. Le jour faste est fixé par un lama ou un astrologue : un usage encore courant, y compris en ville (le bouddhisme en Mongolie).
C’est un banquet de famille (найр, nair), sous la yourte à la campagne, dans une salle louée à Oulan-Bator. Les ciseaux sont généralement ornés d’une écharpe de soie (хадаг, khadag), qui se tend et se reçoit à deux mains. Chacun passe à son tour, les aînés d’abord, coupe une mèche, prononce un souhait et remet son cadeau. On chante, souvent des chants longs. On mange du mouton et des buuz. Prévoyez une demi-journée. Les mèches sont conservées par la famille.
Un billet glissé dans une enveloppe reste la norme, complété de vêtements ou de jouets ; chez les éleveurs, on offre souvent aussi une bête, qui fonde le troupeau personnel de l’enfant. Si l’on vous invite, calez le montant sur les prix locaux, pas sur les vôtres, et demandez l’usage à votre hôte. Retirez vos togrogs avant de quitter la ville : les distributeurs se raréfient dans les chefs-lieux de district (argent et paiement). N’essayez pas de rivaliser avec les proches.
Un enfant garde les chèvres, ramène les veaux et monte tôt : au Naadam, les jockeys ont de huit à treize ans, la loi interdisant la course avant huit ans, et les chevaux couvrent 15 à 30 km selon leur âge. Beaucoup sont ensuite scolarisés en internat au chef-lieu de district, ce qui vide les campements de leurs enfants une bonne partie de l’année (la vie des éleveurs).
Rien ne se programme : pas de date publique, pas de billet, aucune agence ne peut vous en garantir une. Ces fêtes tombent souvent au printemps, mais la date se fixe tard, au calendrier lunaire. Cela se joue sur l’invitation, donc plutôt lors d’un séjour chez l’habitant. Deux erreurs à éviter : toucher la tête de l’enfant sans y être convié, et sortir l’appareil sans demander (photographier la Mongolie). Méfiez-vous enfin des « cérémonies traditionnelles » jouées dans certains camps : ce n’en sont pas. Le 1er juin, en revanche, la fête des enfants est un jour férié bien réel, parcs bondés et bureaux fermés.
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