Le mariage — хурим (khurim) — reste la cérémonie la plus coûteuse de la vie mongole. Le pays a enregistré 14 225 mariages et 4 436 divorces en 2024. On s’y marie de plus en plus tard : en 2019, l’âge moyen au premier mariage atteignait 29 ans pour les hommes et 26 ans pour les femmes, contre 26,2 et 24,2 ans neuf ans plus tôt.
Tout commence par la demande. La famille du garçon se présente avec un хадаг (khadag), l’écharpe de soie bleue des grandes occasions, et des cadeaux. Si elle est acceptée, les deux familles fixent la date, souvent après avoir consulté un lama ou le calendrier lunaire, un usage hérité du bouddhisme tibétain.
Le jour venu, la mariée est conduite à la yourte neuve : c’est le бэр буулгах (ber buulgakh). Elle pose le pied sur un feutre blanc, цагаан эсгий (tsagaan esgii), allume le premier feu du foyer, гал голомт (gal golomt), puis sert le premier thé au lait aux anciens. Trois jours plus tard vient la fête du retour dans la famille de la mariée, эргэлтийн найр (ergeltiin nair). À la campagne, les festivités peuvent s’étaler sur trois jours.
La règle est claire : la famille du marié fournit la yourte et du bétail, celle de la mariée l’intérieur — lit, coffres, ustensiles, tapis de feutre, vêtements et bijoux. Le logement doit être monté et meublé avant l’arrivée de l’épouse. Une yourte neuve à cinq treillis se compte en millions de tugriks, davantage une fois équipée : à environ 4 100 tugriks pour un euro en septembre 2026, comptez quelques centaines d’euros pour le logement nu. Le prix dépend de la finition : demandez un devis sur place. Les invités, eux, apportent de l’argent, des meubles ou des ustensiles, pas des objets décoratifs.
À Oulan-Bator, tout tient en une journée. Enregistrement à l’état civil, puis cérémonie au Palais des mariages, Гэрлэх ёслолын ордон (Gerlekh yoslolyn ordon), inauguré le 14 juin 1976 dans le district de Soukhbaatar, près du musée des victimes des répressions politiques. Elle est brève et plafonnée à quarante invités pour les deux familles réunies ; les réservations ouvrent en début d’année pour l’année entière. Tarifs affichés : environ 1,7 million de tugriks en semaine et 2,5 millions aux dates réputées favorables, soit 400 à 600 euros.
Le vrai budget est ailleurs. En 2024, la presse mongole chiffrait le banquet du soir, dans un restaurant de la capitale, entre 165 000 et 250 000 tugriks par convive pour 250 à 350 personnes, et le mariage complet entre 50 et 100 millions de tugriks, soit 12 000 à 25 000 euros.
Cela arrive surtout l’été, en séjour chez l’habitant. Donnez un billet dans une enveloppe, tendu de la main droite ou des deux mains ; 50 000 à 100 000 tugriks suffisent pour un étranger de passage. Pantalon long, chemise, et acceptez le deel si on vous en prête un. Au menu : mouton bouilli, buuz, airag et beaucoup de vodka. Si vous ne buvez pas, touchez la coupe des lèvres et rendez-la de la main droite : refuser le bol lui-même est la vraie maladresse.
On vous demandera de chanter. Préparez une chanson, même courte et mal chantée : personne ne juge, mais se dérober déçoit. Ne comptez pas sur un horaire, rien ne commence à l’heure annoncée, et partir avant les anciens se remarque. Relisez les codes de politesse et les interdits avant d’entrer dans la yourte.
À lire ensuite : la famille mongole, la première coupe de cheveux et le dossier culture et voyage.
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement