Le deel est la longue robe croisée des Mongols. Chez les éleveurs nomades, ce n’est pas un costume folklorique mais un vêtement de travail quotidien.
Le deel se croise sur le devant, le pan gauche recouvrant le pan droit, et se ferme sur le côté droit par cinq ou six brides. Col droit, manches longues, longueur sous le genou. L’espace entre poitrine et ceinture sert de poche. À cheval, les pans couvrent les cuisses et la ceinture maintient les reins.
Un modèle par saison : le dan deel non doublé l’été, le terleg légèrement ouaté à la mi-saison, les versions d’hiver ouatées ou doublées de peau de mouton.
Le détail qui trahit l’origine se lit au bord de l’ouverture de la poitrine : arrondi chez les Khalkha, majoritaires, carré chez les Bouriates du nord. Dorvod, Bayad et Torguud ont leurs propres coupes. Teintes classiques : bleu, olive, bordeaux. La mosaïque ethnique a ses exceptions : chez les Kazakhs de l’Altaï, le vêtement n’est pas un deel mais un manteau brodé d’un tout autre style.
Une bande de soie ou de coton enroulée plusieurs fois autour de la taille. La convention veut un nombre impair de mètres pour les hommes, trois ou cinq, pair pour les femmes, deux ou quatre. En ville, beaucoup préfèrent aujourd’hui une ceinture de cuir à boucle ouvragée. Nouer un bus demande de l’aide : faites-vous montrer à l’achat.
Cuir épais et rigide, semelle plate multicouche, aucune distinction entre pied droit et pied gauche. La pointe relevée reçoit plusieurs explications : le pied se dégage de l’étrier en cas de chute, l’avant garde une poche d’air chaud, et la semelle ne blesse pas la terre, lecture bouddhiste souvent avancée. Le nombre de motifs cousus, de huit à trente-deux, signalait le statut. On ne marche pas dans des gutal : pour la randonnée, achetez du vrai matériel.
Dans la steppe, tous les jours. À Oulan-Bator, presque plus, sauf chez les aînés et aux grandes occasions : Tsagaan Sar, le nouvel an lunaire, qui tombe selon l’année entre fin janvier et début mars, et le Naadam, du 11 au 13 juillet. Instituée en 2019, la Journée nationale du costume tombe le 9 juillet : l’occasion d’en voir beaucoup dans la rue, notamment autour de la place Sukhbaatar. Hors festival, les plus belles pièces sont au musée national.
Le marché Narantuul offre le plus grand choix et les prix les plus bas ; il observe un jour de fermeture hebdomadaire et ferme les jours fériés : vérifiez avant de traverser la ville. C’est aussi le point chaud du vol à la tire, voir la sécurité par quartier. Le grand magasin d’État vend des deels à l’étage souvenirs : plus cher, mais prix affichés et cabines d’essayage. Faites-vous annoncer le prix en tugriks et comparez deux ou trois échoppes : les tarifs ont beaucoup monté en dix ans, et un modèle simple coûte bien moins qu’un ensemble complet avec bottes et chapeau. Prévoyez des tugriks en espèces. Des ateliers cousent sur mesure en une à trois semaines : commandez dès l’arrivée, pas la veille du vol retour.
Deux déconvenues fréquentes : acheter un deel ancien sans certificat, alors que l’exportation d’objets de plus de cinquante ans exige une autorisation ; et l’acheter en pensant le porter chez l’habitant, où une bonne polaire vous servira davantage.
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