Les cinq museaux : l’élevage nomade mongol

Le bétail mongol porte un nom collectif : tavan khoshuu mal, les cinq museaux — le cheval, le bovin, le chameau, le mouton et la chèvre. Cinq espèces, cinq usages. Leur répartition explique pourquoi la steppe du nord et le Gobi ne se ressemblent pas.

Ce que fait chaque espèce

Le cheval sert au déplacement, au prestige et à l’airag, le lait de jument fermenté. Le bovin donne le lait de tous les jours ; en montagne, il cède la place au yak. Le chameau de Bactriane porte les charges dans le sud aride : c’est l’animal des éleveurs du Gobi. Le mouton fournit la viande et le feutre qui isole la yourte. La chèvre fournit le cachemire, donc l’argent liquide.

Le cheptel national en chiffres

Fin 2025, le recensement préliminaire de l’office national de la statistique donnait 58,1 millions de têtes : 23,9 millions de moutons, 23,2 millions de chèvres, 5,4 millions de bovins, 5,1 millions de chevaux et 501 300 chameaux. Le record date de 2022, avec 71,1 millions. Le chameau pèse moins de 1 % du total : n’espérez pas en croiser ailleurs que dans le Gobi et l’extrême ouest.

La chèvre cachemire et les pâturages

La chèvre représente près de 40 % du cheptel, presque autant que le mouton. Sa progression suit celle du marché du cachemire depuis la privatisation des troupeaux, au début des années 1990. Or elle broute plus ras que le mouton. Le PNUD estime que près de 80 % des terres mongoles sont dégradées. Vous le verrez sans qu’on vous l’explique : sol nu autour des puits, herbe rase, poussière. Lisez la flore de la steppe avant de partir, puis la page souvenirs si vous comptez rapporter du cachemire.

Deux à quatre campements par an

Une famille déménage deux à quatre fois par an, entre pâturages de printemps, d’été, d’automne et d’hiver. Mars et avril : mises bas. Avril et mai : peignage à la main du cachemire. Juin : tonte des moutons et début de la traite des juments. Septembre : engraissement et foin. L’hiver se passe presque immobile, à l’abri du vent.

Le dzud

Le dzud le plus meurtrier additionne une sécheresse d’été et un hiver extrême : les bêtes n’ont pas fait de gras, puis la neige ou le verglas leur ferment l’accès à l’herbe. L’hiver 2023-2024 a tué plus de sept millions d’animaux, plus de 10 % du cheptel, et les épisodes se rapprochent. La famille qui vous reçoit a peut-être perdu la moitié de son troupeau : évitez de demander combien de bêtes elle possède, cela revient à demander un salaire.

Voir tout cela sur place

La steppe commence à une heure d’Oulan-Bator, mais les campements réels se gagnent en 4x4 avec chauffeur, souvent deux à quatre heures de piste. Comptez deux nuits minimum pour voir autre chose qu’une démonstration. Un camp de yourtes touristique se situe autour de 30 à 80 $ par personne en pension complète, une nuit chez l’habitant plutôt entre 20 et 40 $ : ordres de grandeur à reconfirmer avant de réserver. Deux déconvenues fréquentes : prendre un camp touristique pour une famille d’éleveurs, et espérer assister à une transhumance, qui dure quelques heures et ne s’annonce pas. Révisez les codes de la yourte avant d’entrer, et calez vos dates avec la meilleure période.

À lire ensuite : la yourte mongole · voyager à cheval et à chameau · le Naadam · les éleveurs de rennes.

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