Le yak et le khainag : l’élevage de montagne en Mongolie

Le yak (sarlag) n’est pas un animal de steppe. Il pâture surtout au-dessus de 2 000 mètres, souvent au-dessus de la limite des arbres, mais on en croise plus bas : les rives du Khovsgol sont à 1 645 mètres. Plus de 90 % du cheptel mongol vit dans le Khangai, le Khovsgol et l’ouest montagneux. C’est le deuxième cheptel mondial, derrière la Chine. Dans le Gobi, trop chaud pour lui, c’est le chameau de Bactriane qui tient ce rôle.

Le khainag, l’hybride que vous verrez le plus

Croisé avec un bovin ordinaire, le yak donne le khainag : plus de lait, plus de viande. Les mâles sont stériles, les femelles fécondes. Beaucoup d’animaux vus près des campements sont des hybrides : poil plus court, silhouette moins massive. L’éleveur fait la différence en un regard, vous non.

Lait, aaruul et produits laitiers

Une femelle donne de l’ordre de 500 à 700 kg de lait par saison, avec plus de 7 % de matière grasse. La traite va de juin à octobre, avec un pic en juillet. De ce lait sortent l’urum (crème cuite), le byaslag (fromage pressé), l’aarts et surtout l’aaruul, le caillé séché qui durcit sur les toits de yourte. L’aaruul sec est dur comme une pierre et franchement acide. On le suce, on ne le croque pas. Le thé au lait salé passe mieux.

Poil, cordes et transport

Le feutre de la yourte est en laine de mouton, pas en yak. Le yak fournit le duvet fin (16 à 20 microns, proche du cachemire), le poil long tressé en cordes, et la peau. Un adulte rend 1,3 à 1,75 kg de fibre par an. Il porte jusqu’à 150 kg à 4 ou 5 km/h. Écharpes et plaids en duvet se ramènent d’Oulan-Bator : voir artisanat et souvenirs.

Où en voir et combien de temps

Deux zones faciles. Le Khangai : Tsetserleg est à 450–500 km d’Oulan-Bator, 7 à 9 heures en 4x4, une dizaine en bus, sur route goudronnée ; les troupeaux commencent aux cols alentour. Le Khovsgol : 670–690 km jusqu’à Moron par la route, 11 à 13 heures, ou un vol d’environ 1 h 10, quelques rotations hebdomadaires seulement, à réserver tôt ; puis 100 km jusqu’à Khatgal. Autour du lac, les yaks traversent la piste sans arrêt. Une demi-journée chez une famille suffit pour voir la traite et le fromage. Une nuit chez l’habitant se négocie en direct autour de 10 à 20 USD par personne, repas compris, le double via une agence : à confirmer sur place.

Le festival du yak

Le principal se tient à Bat-Ulzii, dans l’Uvurkhangai, à une dizaine de kilomètres des chutes de l’Orkhon, traditionnellement le 23 juillet : lasso sur yaks non dressés, courses, concours de produits laitiers. Un second, dans le Khovsgol à Alag-Erdene, n’est pas reconduit chaque année. Faites confirmer les dates avant de caler votre itinéraire.

Erreurs fréquentes

  • Venir hors saison. En avril, ni traite ni aaruul frais ; l’aaruul sec, lui, se garde toute l’année.
  • Approcher un yak par l’arrière pour la photo. Moins docile que le cheval : une mère avec son veau charge.
  • Croire que le yak compte parmi les cinq museaux : il est recensé avec les bovins, d’où des totaux nationaux variables.
  • Refuser le bol tendu à l’arrivée. Prenez-le de la main droite, goûtez, rendez-le : voir les coutumes.

À lire ensuite : quand partir · la vallée de l’Orkhon · la faune de Mongolie.

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