Le chameau de Bactriane en Mongolie

Le chameau à deux bosses est le moins nombreux des cinq museaux mongols. C’est pourtant lui que vous croiserez dans le désert de Gobi, et, avec le cheval, l’une des deux montures proposées au voyageur.

Un cheptel de 500 000 têtes, concentré dans le sud

Le recensement arrêté fin 2025 compte 501 300 chameaux, soit 0,9 % des 58,1 millions de têtes de bétail. Le troupeau a gagné 4,3 % en un an et presque doublé depuis son creux des années 2000 : près de 900 000 dans les années 1950, un peu plus de 250 000 au plus bas. La répartition est très inégale : un tiers environ vit dans le seul aimag d’Ömnögovi, et une cinquantaine de districts n’en comptent aucun. Hors du sud, en croiser relève de l’exception : c’est l’affaire des éleveurs du Gobi et des chameliers.

La laine et le lait avant la viande

La laine se récolte au printemps, à la mue, en peignant l’animal à la main : 5 à 8 kg par bête et par an, dont 70 % environ de fibre fine. On la retrouve en chaussettes et en plaids ; la qualité des souvenirs varie beaucoup. Les chamelles sont traites deux fois par jour, pour un à deux litres quotidiens. Le lait se boit frais ou fermenté sous le nom de khoormog, plus épais et plus gras que l’airag de jument. Dans les districts les plus chameliers, il fournit jusqu’à la moitié du revenu en argent d’une famille, loin devant les autres espèces du troupeau.

Domestique ou sauvage : deux espèces

Celui que l’on monte est domestique. Le khavtgai, le chameau sauvage, est une espèce distincte, séparée depuis plusieurs centaines de milliers d’années : plus petit, bosses basses et coniques, capable de boire une eau plus salée que l’eau de mer. Il en resterait 1 000 à 1 800 au monde, dont 400 à 1 100 en Mongolie, dans la partie A de la Grande Réserve du Gobi, créée en 1975 : un peu plus de 46 000 km². L’UICN l’a reclassé en danger en 2025, après deux décennies en danger critique, mais la population baisse toujours. N’espérez pas en voir : la réserve n’a aucun service touristique et l’accès est réglementé. Le reste de la faune du Gobi, le cheval de Przewalski compris, s’approche plus facilement.

La balade à dos de chameau : ce qu’elle vaut

Elle se pratique surtout aux dunes de Khongoryn Els et, près de Bayanzag, aux dunes de Moltsog Els. Comptez de l’ordre de 10 000 à 15 000 tugriks l’heure, 30 000 la journée, soit quelques euros ; le tarif se fixe sur place et change d’un camp à l’autre, faites-le confirmer avant de partir. Assis entre les deux bosses, on tient mieux que sur un dromadaire, mais l’allure reste lente, environ 5 km/h, et le roulis fatigue le dos. La déconvenue classique : la balade incluse dans un circuit de cinq jours se réduit souvent à vingt minutes d’aller-retour au pied des dunes, en file, longe tenue par le chamelier. Pour avancer vraiment, demandez une demi-journée à l’agence. Une heure suffit à la plupart.

Quand y aller

Mai-juin et septembre sont les meilleures fenêtres : les températures du Gobi restent tenables et les camps sont ouverts. Au printemps, les bêtes muent et paraissent pelées, c’est normal. Le Festival des mille chameaux se tient depuis 1997 à Bulgan, dans l’Ömnögovi, à 680 km d’Oulan-Bator ; sa date change selon les années, entre fin janvier et début mars : confirmez-la avant de réserver.

À lire ensuite : voyager à cheval et à chameau · aller au Gobi en avion · dormir chez l’habitant · prix en Mongolie.

Quelques mots de mongol changent tout le voyage

Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.

Télécharger la méthode — 49 € →

Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement