Le cheval de Przewalski (takhi), dernier cheval sauvage

Le takhi passe pour le dernier cheval sauvage : contrairement aux mustangs, il ne descend pas d’élevages retournés à la liberté. Une étude de 2018 l’a rattaché à des chevaux déjà gardés par l’homme, un point encore discuté. La Mongolie abrite la plus grande population libre, mais ce n’est plus la seule : on en voit aussi au Xinjiang chinois et à Tchernobyl.

Ce qui le distingue d’un cheval domestique

Le takhi porte 66 chromosomes, contre 64 pour le cheval domestique. Il est petit et trapu : 1,20 à 1,40 m au garrot, 250 à 350 kg. Sa crinière est dressée en brosse, sans toupet. La robe est fauve à extrémités sombres (baie dun, et non isabelle), avec une raie de mulet le long du dos, des zébrures sur les pattes et un museau clair. Il vit en harems ou en groupes de jeunes mâles. À distance, on le confond souvent avec un cheval mongol d’élevage : ce dernier est plus fin, porte un toupet et se déplace souvent entravé.

Éteint à l’état sauvage, puis ramené

L’espèce est décrite en 1881, d’après une peau rapportée par l’explorateur Nikolaï Prjevalski. La dernière observation confirmée date de 1969. Tous les takhi vivants descendent d’une douzaine de fondateurs capturés vers 1900, plus une dernière jument sauvage prise en 1947. La réintroduction commence le 5 juin 1992 : seize chevaux arrivent à Khustain Nuruu, d’abord en enclos d’acclimatation ; les premiers harems sont relâchés environ deux ans plus tard. En 2026, la Mongolie en compte plus de mille, sur une population mondiale estimée entre 2 000 et 2 500. L’UICN classe l’espèce « en danger ».

Khustain Nuruu, le site accessible

Khustain Nuruu est le seul des trois sites praticable en voyage court : 100 km au sud-ouest d’Oulan-Bator, 1 h 30 à 2 h de route goudronnée sauf les derniers kilomètres. Le parc annonce environ 380 chevaux. L’entrée tourne autour de 35 000 tugriks, la nuit en camp de yourtes autour de 60 à 100 dollars repas compris : vérifiez, ces tarifs bougent. Le parc ferme au coucher du soleil, le bivouac est interdit, l’observation se fait avec un garde. Seuls les clients du camp de yourtes du parc font les deux sorties, aube et soir. Sur la route de Karakorum, le parc s’intègre sans détour à un itinéraire d’une semaine.

Khomiin Tal et Takhin Tal

Khomiin Tal, dans le Zavkhan, a reçu 22 chevaux de France en 2004-2005, puis quatre de République tchèque en 2011 ; il a dépassé cent individus en 2020. Takhin Tal, porte d’entrée de la Grande Réserve du Gobi (section B), est à environ 1 000 km d’Oulan-Bator. La population y dépassait 400 têtes avant le dzud de 2022-2023, qui en a tué près de 180. Aucun des deux n’a d’infrastructure touristique : prévoyez un 4x4 avec chauffeur et plusieurs jours de piste.

À quelle heure les voir

La première et la dernière heure du jour. Les harems descendent alors des crêtes vers les points d’eau. En milieu de journée, ils restent en hauteur, hors de vue. On les observe rarement de près : jumelles indispensables, 300 mm minimum pour photographier. Bonnes conditions de mai à octobre, poulains au printemps : voir la meilleure période.

Erreurs fréquentes

La principale : réserver une excursion à la journée qui arrive à midi, l’heure où il n’y a rien à voir. Dormir sur place change tout. Ensuite : espérer approcher à vingt mètres, descendre du véhicule, confondre le takhi avec les chevaux d’élevage qui pâturent aux abords.

→ Voir aussi : faune de Mongolie · gazelle mongole · voyager à cheval · découverte de la Mongolie

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