Tsagaan Sar, le nouvel an mongol

Tsagaan Sar, le « mois blanc », est la plus grande fête du calendrier mongol. Elle se déroule à l’intérieur des appartements et des yourtes, pas sur les places publiques. C’est une fête familiale et privée, et cela change tout pour qui voyage à cette période.

Une date qui bouge chaque année

La date suit le calendrier lunaire mongol. Elle tombe entre fin janvier et début mars et ne coïncide pas toujours avec le nouvel an chinois. En 2027, elle couvre les 7, 8 et 9 février, précédés du bituun le 6. La date officielle est confirmée chaque année : vérifiez-la avant d’acheter vos billets d’avion. Trois jours sont fériés, parfois prolongés d’un jour.

Bituun, la veille

La veille s’appelle bituun. On nettoie la maison de fond en comble, on solde ses dettes de l’année, on pose trois morceaux de glace devant la porte pour le cheval de la divinité Palden Lhamo. Le soir, la famille mange en petit comité des produits laitiers et des buuz. Le fond bouddhiste de la fête se voit surtout dans les monastères, très fréquentés ces jours-là, à commencer par Gandan.

Les buuz se comptent par centaines

Les buuz, raviolis de mouton à la vapeur, sont pliés des jours à l’avance et congelés dehors. Une jeune famille en prépare quelques centaines, un foyer d’aînés plus d’un millier. Sur la table trônent l’uuts, un dos de mouton avec sa queue grasse, et l’ul boov, des gâteaux empilés en couches impaires, dont le nombre marque le rang du foyer : trois chez une jeune famille, jusqu’à sept ou neuf chez les aînés. On boit du thé au lait salé et de la vodka. Tout refuser est impoli ; goûter suffit.

L’ordre des visites et le salut zolgokh

On rend visite aux aînés dans l’ordre d’âge, en commençant par le plus vieux de la famille. Chaque visite dure une demi-heure environ et les tournées s’étalent parfois jusqu’au quinzième jour lunaire. Le salut, le zolgokh, se fait bras tendus : le plus jeune glisse ses avant-bras sous ceux de l’aîné et lui soutient les coudes. Il ne se pratique pas entre époux. Chacun porte son plus beau deel, et l’hôte glisse au départ un petit cadeau, bonbons ou billet, à recevoir des deux mains. Les autres règles de savoir-vivre restent valables.

Ce que cela change pour un voyageur

Trois jours de pays à l’arrêt. Administrations, banques, musées et beaucoup de restaurants ferment ou réduisent fortement leurs horaires. Les vols et les trains intérieurs se remplissent des semaines à l’avance, parce que tout le monde rentre chez ses parents. C’est aussi le plein hiver : à Oulan-Bator, février tourne autour de –10 °C le jour et –22 °C la nuit en moyenne, avec des pointes bien plus froides, et une pollution de l’air lourde. La plupart des camps de yourtes saisonniers sont fermés jusqu’au printemps.

Faut-il venir pour Tsagaan Sar ?

Sans invitation, non : vous ne verrez qu’une ville vide et des rideaux baissés. Avec une famille, c’est l’une des rencontres les plus fortes du pays. Passez par une agence locale ou par un séjour chez l’habitant, réservé plusieurs mois à l’avance. Apportez un cadeau simple, chocolats ou écharpe. Demandez avant de photographier. Et si vous venez surtout pour les paysages et les chevaux, le Naadam de juillet est un bien meilleur choix.

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