La randonnée à cheval en Mongolie

Presque tous les camps de yourtes proposent des chevaux. D’une formule à l’autre, ce n’est pourtant pas la même activité. La déception vient souvent de là : on réserve un trek en imaginant une promenade, ou l’inverse.

Balade ou vrai trek

La balade dure deux à quatre heures, au pas, avec un accompagnateur, et se décide la veille sur place. Aucune expérience n’est requise ; elle suffit à la majorité des voyageurs. Le trek enchaîne cinq à six heures de selle par jour, trois à dix jours durant, parfois trois semaines, avec chevaux de bât, camp le soir et gués à traverser. Le mongol les distingue : морь унах (mori unakh), monter ; морин аялал (morin ayalal), le voyage. Les agences emploient le second pour tout. Faites préciser le nombre d’heures en selle par jour, pas le nom du produit.

Où monter

Le parc de Gorkhi-Terelj, à environ 1 h 30 d’Oulan-Bator, sert aux sorties de deux heures à trois jours : pratique, très fréquenté, peu dépaysant. La vallée de l’Orkhon reste le meilleur terrain pour un premier trek : relief doux, familles d’éleveurs proches, piste jamais loin (l’Orkhon à cheval). Le lac Khovsgol ajoute forêt, cols et tourbières : plus beau, nettement plus dur (treks autour du lac). L’Altai Tavan Bogd s’adresse aux cavaliers confirmés et exige un permis de zone frontière. Dans le Gobi, le cheval n’apporte rien : les distances se couvrent en 4x4 et la monture locale est le chameau.

La selle décide de tout

L’эмээл (emeel), la selle traditionnelle, est un arçon de bois haut devant et derrière, sans rembourrage, à étriers courts. Deux heures passent ; cinq jours usent. Les récits de treks écourtés y reviennent souvent. Demandez avant de payer s’il existe une selle russe ou anglaise, et une couverture. Pantalon sans couture intérieure, chaussures fermées à petit talon : voir quoi emporter.

Le niveau réellement demandé

Rien de technique. Le cheval mongol est petit, rustique et peu habitué au contact : on l’approche par la gauche, jamais par l’arrière. La difficulté est dans les cuisses, le dos et la répétition ; on sait au deuxième ou au troisième jour si l’on tiendra. Comptez 20 à 30 km par jour, au pas pour l’essentiel : qui espère galoper dans la steppe sera déçu. Le trot d’ici est sec et se passe debout sur les étriers.

Les prix

Ordres de grandeur, à confirmer par écrit. Deux heures au départ d’un camp : 15 à 30 euros. Formule complète avec guide, chevaux, repas et nuitées : 120 à 200 euros par jour chez une agence, moins avec un guide indépendant. Un séjour équestre de deux semaines vendu depuis l’Europe tourne autour de 2 500 à 3 500 euros. En direct auprès d’une famille, tout se négocie en tugriks espèces : bien moins cher, sans aucun recours. Vérifiez si la monture de l’accompagnateur et le cheval de bât sont compris (exemples de prix).

Sécurité, saison, assurance

La fenêtre utile va de la mi-juin à la fin septembre ; les agences annoncent mai-octobre, mais les extrêmes sont froids (quand partir). Septembre est calme et doré, avec des nuits sous zéro. Le casque n’est pas toujours fourni : apportez le vôtre. Les chutes sont banales et l’hôpital utile est à Oulan-Bator. Surtout, beaucoup de contrats d’assurance voyage excluent l’équitation, ou la couvrent mal quand elle est l’objet du séjour : lisez cette ligne avant de réserver. Votre accompagnateur ne parlera sans doute ni français ni anglais ; quelques mots de mongol changent la journée. Les taons de juillet et la pluie, qui gonfle les gués, font le reste.

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