L’idée revient chez les voyageurs au long cours : acheter des chevaux, traverser la steppe pendant un mois, les revendre à l’arrivée. Des étrangers le font chaque été. Mais c’est une opération d’éleveur, pas une prestation touristique.
En dessous de trois ou quatre semaines, l’achat n’a pas d’intérêt. Entre la recherche, le matériel et la perte à la revente, vous payez plus qu’en louant avec un guide. Comptez plusieurs jours pour trouver, essayer et négocier. Pour un trek court, louer un cheval au Khövsgöl ou voyager à cheval et à chameau reste plus simple.
Les marchés au bétail existent, mais ce n’est pas la bonne porte d’entrée. On achète à une famille d’éleveurs, par un guide ou un interprète, près d’un chef-lieu de district. Khatgal et la vallée de l’Orkhon servent souvent de point de départ. Sans intermédiaire de confiance et sans un minimum de mongol, renoncez. Essayez la bête avant de payer : sellage, montoir, comportement à l’attache, réaction au bruit.
Un cheval de selle ordinaire se négocie en millions de tugriks, soit plusieurs centaines d’euros ; une bête solide, habituée à porter, coûte bien davantage. L’inflation a poussé ces montants : ne vous fiez à aucun chiffre d’un vieux récit, faites estimer par un local (voir nos exemples de prix). Ajoutez la selle, la bride, les entraves, les cordes et les sacoches, à chercher au marché Narantuul. Et prévoyez trois chevaux pour un cavalier seul : un monté, un de bât, un de rechange pour alterner et encaisser une boiterie.
Il n’y a généralement pas de titre de propriété. La marque au fer et la parole du vendeur tiennent lieu de preuve, et tout se paie en liquide : c’est l’obstacle. Les distributeurs plafonnent vers 500 000 à 800 000 tugriks par jour, donc plusieurs jours de retraits à Oulan-Bator, ou des espèces à changer sur place (voir argent et paiement). Le vol de bétail existe : un animal mal acquis vous met en tort. Achetez devant témoins et faites rédiger un reçu : nom et numéro de carte d’identité du vendeur, description de l’animal et de sa marque, prix, date. Faites acter le transfert à l’administration du district et demandez au vétérinaire ce qu’il faut pour le déplacer entre districts.
Vous revendrez moins cher, souvent nettement, et il faut des jours pour trouver preneur. Deux parades : convenir d’un rachat avec le vendeur dès le départ, ou viser un chef-lieu avant la fin de la saison, fin septembre. Passé octobre, il ne reste que des acheteurs au prix de la viande : personne ne nourrit une bouche de plus tout l’hiver. Exporter l’animal est hors de portée : certificats, quarantaine et fret coûtent plusieurs fois son prix.
Ces chevaux vivent d’herbe, pas de grain : il leur faut de longues heures de pâture chaque nuit, bien entravés. Un cheval mal entravé part, et le voyage s’arrête là. Un cavalier lourd sur une selle de bois provoque vite des plaies de dos : inspectez le garrot chaque soir, alternez les montures, descendez à pied dans les pentes, accordez des jours de repos. On ne monte pas une bête boiteuse et on n’abandonne pas un cheval à l’arrivée. Ces montures restent demi-sauvages ; les chutes loin de tout sont le vrai danger. Beaucoup de contrats excluent l’équitation : relisez votre assurance.
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