Au bord du lac Khovsgol, une journée à cheval se décide la veille, sans réservation ni contrat. C’est simple et bon marché ; c’est aussi ce qui explique la plupart des mauvaises surprises.
Trois circuits. Les pensions de Khatgal sont le plus simple : elles appellent une famille du village, le cheval est là le lendemain matin. Les camps de Jankhai et de Toilogt, sur la rive ouest, organisent la même sortie, plus cher et mieux encadré. Reste l’accord direct avec un éleveur croisé sur la piste : le moins cher, mais aucun recours si ça tourne mal. Rien de tout cela ne se réserve depuis la France.
Tout se règle en tugriks espèces : pas de distributeur fiable au village, retirez avant de monter. Le cheval seul se compte à l’heure ou à la demi-journée, l’accompagnateur en plus. Passée par une pension ou un camp, la sortie de deux heures tourne plutôt autour de 15 à 30 euros ; une formule complète de plusieurs jours, guide, repas et nuitées compris, 50 à 90 euros par jour. Une journée simple, sans nuitée, revient nettement moins cher. Ordres de grandeur, à faire confirmer sur place (budget du Khovsgol). Le droit d’entrée du parc reste à part.
En pratique, la question ne se pose pas : le propriétaire ne lâche pas ses bêtes seules, un homme de la famille monte avec vous. Tant mieux. Les pistes forestières se ressemblent, le réseau tombe dès qu’on entre dans la forêt ou qu’on s’éloigne du village, et un cheval échappé rentre seul au campement. Ce n’est pas un guide touristique : il ne parle en général ni français ni anglais. Quelques mots de mongol changent la journée.
C’est ce qui gâche le plus de sorties. L’emeel traditionnelle est montée sur un arçon de bois, haut devant et derrière, orné de disques métalliques ; aucun rembourrage, et des étriers courts. Deux heures passent ; au-delà, elle use. Demandez s’il existe une selle russe ou anglaise, et une couverture supplémentaire. Pantalon sans grosse couture intérieure, chaussures fermées à petit talon (quoi emporter).
Un débutant tient deux à trois heures au pas le long de la rive : c’est la sortie la plus vendue, et elle suffit à beaucoup. La journée entière suppose d’avoir déjà monté, car le trot est sec et se passe debout sur les étriers. Le cheval d’ici est petit, rustique et peu habitué au contact : on l’approche par la gauche, jamais par l’arrière (voyager à cheval). Pour les cols et la taïga, voyez les treks de plusieurs jours.
Quatre, dans cet ordre : le prix exact et ce qu’il comprend, monture de l’accompagnateur incluse ou non ; y a-t-il un casque, souvent non, apportez le vôtre ; quel itinéraire et quelle heure de retour ; que se passe-t-il s’il pleut. Vérifiez aussi votre assurance : beaucoup de contrats excluent l’équitation. Khatgal n’a qu’un petit hôpital et une pharmacie ; l’hôpital provincial est à Moron, deux heures de route, et Oulan-Bator à un peu plus d’une heure de vol de là (sécurité).
La fenêtre utile va de juin à fin septembre. En juillet et en août, les moustiques rendent pénibles les sorties de fin de journée ; juin et septembre sont plus confortables. Deux déceptions classiques : croire qu’on va galoper, alors qu’on marche, et ne réserver qu’une nuit sur place, ce qui ne laisse aucune marge si le temps tombe.
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