Le trekking en Mongolie

Marcher en Mongolie n’a rien des Alpes. Presque aucun sentier balisé, aucun refuge, aucun secours organisé. Vous portez, ou faites porter, tout ce que vous mangez et tout ce sous quoi vous dormez. C’est la raison de venir, et ce qui fait rentrer certains marcheurs plus tôt.

Peu de balisage, pas de refuge, pas de réseau

Le pays compte environ 110 aires protégées d’État, près de 20 % du territoire, et très peu de balisage. Deux exceptions : les trois sentiers balisés du Bogd Khan Uul, près de la capitale, et le Mongol Olle à Gorkhi-Terelj, deux boucles de 11 et 17 km, praticables de la mi-juin à la mi-septembre, dates refixées chaque année. Ailleurs, pistes d’éleveurs et trace GPS : téléchargez vos cartes hors ligne, le réseau disparaît au premier col. Vérifiez que votre assurance couvre l’évacuation : c’est le seul secours réel.

Le portage se fait à quatre pattes

Sur les longs itinéraires, les bagages partent à cheval ou à chameau ; vous gardez un sac de journée. Ordre de grandeur : une dizaine de dollars par animal et par jour, plus le chamelier, à confirmer chaque saison. Le matériel manquant s’achète à Oulan-Bator : les chefs-lieux ne vendent rien. Bivouac, pas camping : sac quatre saisons, tente qui tient le vent.

Permis, barrières et espèces

Le droit d’entrée des aires protégées se paie en tugriks au poste, à chaque entrée : 3 000 MNT par personne dans les parcs ordinaires, chiffre 2023 à confirmer sur place, jusqu’à 15 000 dans les réserves strictes depuis l’arrêté de mars 2023, environ 20 000 par visiteur étranger au Khovsgol depuis janvier 2025. Aucun poste n’accepte la carte. Le permis de zone frontalière, lui, est un papier militaire : obligatoire dans l’Altaï, déposé par une agence mongole licenciée. Comptez un à deux mois.

Cinq treks qui valent le déplacement

  • Tavan Bogd, dans l’Altaï : boucle des lacs en quatre à six jours, traversée jusqu’au glacier Potanine en six à huit. Le Khuiten y culmine à 4 356 ou 4 374 m selon les sources. Le plus haut et le plus encadré.
  • Kharkhiraa-Turgen, dans l’Uvs : 70 à 120 km, cinq à huit jours, cols vers 3 000 m. Rien de technique, presque personne.
  • Khan Khentii : mélèzes et tourbières, quatre à sept jours depuis Oulan-Bator, jusqu’au lac Khagiin Khar.
  • Rives du Khovsgol : 136 km de lac, taïga et alpages à yaks. On en marche une portion, jamais le tour.
  • Bogd Khan Uul : Manzushir-Zaisan par le Tsetsee Gun, cinq à sept heures, la seule sans logistique.

Ce que l’on croit à tort possible

L’Otgontenger, point culminant du Khangai, est zone strictement protégée depuis 1992 et son ascension donnée comme interdite depuis 2015 : faites trancher avant de l’inscrire au programme. Le Monkhkhairkhan n’est pas davantage une randonnée : crampons, piolet et corde. Enfin la steppe nue se marche mal : ni relief, ni ombre, ni eau.

Saison, niveau, budget

Fenêtre utile : de fin juin à début septembre. Il gèle la nuit en altitude même en juillet ; il neige parfois en août. Comptez cinq à six heures de marche par jour : un marcheur occasionnel tiendra, mais souffrira. Ajoutez le trajet : deux heures de vol jusqu’à Olgii, puis six à huit heures de piste jusqu’au Tavan Bogd ; deux jours par sens, en plus de la marche. Six jours encadrés depuis Olgii : 600 à 1 800 dollars par personne, souvent hors vol intérieur ; dix à quatorze jours dans l’ouest, 2 400 à 4 000 dollars. Trois erreurs reviennent : permis demandé trop tard, temps de piste sous-estimé, aucune marge météo.

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