Deux massifs jumeaux ferment l’ouest de la province d’Uvs, au nord des hautes montagnes de l’Altai. Le Kharkhiraa culmine un peu au-dessus de 4 000 m ; le Turgen presque autant, son sommet le Deglii Tsagaan étant donné entre 3 965 et 4 029 m selon les sources. Une dizaine de pointes enneigées, des glaciers, une centaine de kilomètres carrés de neige permanente sur le seul Turgen. Ces montagnes alimentent le bassin de l’Uvs Nuur, classé à l’UNESCO en 2003, et sont protégées depuis 1993.
Pas un trek mais une famille de boucles, de 70 à 120 km, soit cinq à huit jours de marche. Le tracé classique enfile la vallée de l’Uliastai, le Khukh Nuur, le Yamaat puis le Kharkhiraa. Deux cols font le gros du travail : le Yamaatiin Davaa, vers 2 944 m, et le col du Kharkhiraa, entre 2 930 et 3 000 m selon les sources. Rien de technique sur ces boucles : ni crampons ni corde annoncés. C’est de la marche longue, 15 à 18 km par jour, avec des gués glaciaires qui gonflent l’après-midi : passez tôt le matin.
Ulaangom est à environ 1 330 km d’Oulan-Bator. Par la route, comptez une bonne journée de bus, souvent davantage. Le vol direct tient en deux heures et demie, mais la desserte est irrégulière : vérifiez avant d’en dépendre. De la ville, il reste trois à quatre heures de piste en 4x4 avec chauffeur jusqu’au départ de marche, du côté de Tarialan.
Les bagages partent à chameau, les guides suivent à cheval ; vous gardez un sac de journée. Limite de poids variable selon l’agence, en sacs souples : faites-la confirmer. Les vallées sont occupées l’été par des Dörvöd, des Bayad et des Khoton, montés avec leurs yaks. On vous invitera sous la ger : la visite a ses codes. Ce ne sont pas des campements pour voyageurs : rien ne s’y achète.
Fenêtre utile : fin juin à début septembre. Il gèle la nuit en altitude même en juillet, et il peut neiger en août. C’est du bivouac, pas du camping : sac quatre saisons, tente qui tient le vent, filtre à eau, sandales de gué. Le matériel manquant s’achète à Oulan-Bator, pas à Ulaangom. Le droit d’entrée se paie en espèces au garde. Le tarif, distinct pour les étrangers, est révisé régulièrement : faites confirmer le montant sur place. Les tracés classiques ne touchent pas la frontière russe et n’exigent pas de permis de zone frontalière ; si le vôtre remonte au nord, il en faut un. Vérifiez que votre assurance couvre l’évacuation : ici, ni réseau ni secours.
Moins haut et moins technique : aucun sommet de 4 300 m, aucune traversée glaciaire sur les itinéraires classiques, des cols qui plafonnent vers 3 000 m. Le trek du Tavan Bogd reste le bon choix si vous venez pour la glace. L’intérêt est ailleurs : marcher une semaine sans croiser un autre groupe, chez des éleveurs mongols et non kazakhs, avec du léopard des neiges sur le papier et des bouquetins en vrai. En contrepartie, tout est plus loin et rien n’est organisé. Un circuit encadré de dix à quatorze jours depuis Oulan-Bator coûte entre 2 400 et 4 000 dollars par personne, logistique comprise. En indépendant, la difficulté n’est pas la marche mais de trouver chameaux et chamelier, ce qui se négocie sur place.
→ combien de jours prévoir dans l’ouest · erreurs fréquentes dans l’ouest · Ulaangom en pratique
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