Camping et bivouac en Mongolie

La Mongolie est l’un des rares pays où l’on plante sa tente presque partout. Ce n’est pas un vide juridique : les pâturages restent propriété de l’État et d’usage commun. Personne ne vous loue d’emplacement, et personne ne vous chasse si vous respectez quelques usages.

Ce que le droit d’usage autorise

La loi foncière de 2002 maintient les pâturages en usage commun. Les campements d’été et d’automne se partagent ; ceux d’hiver et de printemps, eux, sont enregistrés au nom d’une famille. L’enclos de pierre ou de bois croisé en juillet, même vide, appartient à quelqu’un : on ne s’y installe pas. Évitez aussi les terrains clôturés et les abords d’un ovoo.

Où poser la tente

Trois règles : au moins 100 mètres d’un cours d’eau, jamais dans un lit de rivière sec, jamais sous un arbre isolé. Ne plantez pas la tente à portée des chiens d’un campement. Près d’une yourte, allez vous présenter : la réponse est presque toujours oui, et vous finirez souvent invité au thé. Installez-vous avant la nuit, les pistes ne sont pas éclairées.

Les chiens de garde

Le bankhar, chien de troupeau, prend son travail au sérieux. On n’approche jamais un campement sans lancer « nokhoi khor », « tenez le chien » : c’est la sonnette du pays. Ne caressez aucun chien, même calme ; la question sanitaire se prépare avant le départ. Ces codes de politesse comptent.

Eau, feu et déchets

Traitez toute eau, filtre ou pastilles. Dans les bourgs, les bornes vendent le litre pour quelques tugriks. On ne se lave pas et on ne fait pas la vaisselle dans une rivière ni dans un lac : au Khövsgöl, l’eau est tenue pour sacrée. Creusez vos toilettes loin de l’eau et des pâturages, et remportez tout.

Le bois manque dans la steppe ; l’argal, la bouse séchée, sert de combustible, mais un réchaud à gaz reste plus simple. Achetez cartouche et adaptateur dans les boutiques de trek d’Oulan-Bator : les formats varient d’une enseigne à l’autre, vérifiez que la valve correspond à votre réchaud. Le feu ouvert est interdit en saison à risque : en 2025, les zones vertes d’Oulan-Bator ont été fermées du 28 mars au 10 juin, puis du 20 septembre au 10 novembre. Les dates changent chaque année.

Vent, froid, saison

Le vent est le vrai adversaire. Tente autoportante, profil bas, haubans tendus, pierres sur les sardines dès que le sol est sableux. Même en juillet, les nuits passent sous zéro en altitude. La fenêtre raisonnable va de juin à fin septembre : voyez la meilleure période et, au sud, les tempêtes de sable. Détail du matériel dans quoi emporter.

Parcs nationaux et zones frontalières

Dans les aires protégées, le bivouac est encadré : emplacements désignés par endroits, feu souvent interdit. Comptez 3 000 tugriks par personne, environ 0,70 euro, au parc du Khövsgöl comme au Gobi Gurvansaikhan ; gardez le ticket, il est contrôlé. C’est plus cher dans certains parcs, dont l’Altai Tavan Bogd. Pour ce dernier, ajoutez un permis de zone frontalière : gratuit, mais demandé par une agence mongole licenciée, au moins un mois à l’avance, davantage en haute saison. Tarifs à vérifier sur place.

Erreurs fréquentes

Compter acheter son matériel hors de la capitale. Sous-estimer les temps de route et planter la tente à minuit : vérifiez l’état des pistes. Rester plusieurs nuits au même endroit : l’herbe se couche et vous gênez le troupeau. Partir sans espèces. Croire que le bivouac remplace tout : une nuit en camp de yourtes reste le meilleur moyen de se laver.

À lire ensuite : conduire soi-même, dormir chez l’habitant, électricité, eau et hygiène, sécurité en Mongolie.

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