L’irbis est l’un des animaux les plus connus de Mongolie, et l’un des plus rarement vus. Voici ce que l’on sait de lui.
Le léopard des neiges occupe les reliefs rocheux de l’ouest, du centre et du sud du pays : l’Altaï mongol, le Gobi-Altaï, les chaînes du Khangai, et marginalement la bordure des Sayan au nord. L’habitat confirmé couvre environ 328 900 km². Les noyaux les mieux suivis sont les monts Tost, dans le Gobi du Sud, et le massif de Jargalant Hairhan près de Khovd. Il est aussi présent dans le Gobi Gurvansaikhan, ce qui ne signifie pas qu’on le croise à Yolyn Am. Le parc Altaï Tavan Bogd, lui, reste peu prospecté et pauvre en détections.
La première évaluation nationale, menée de 2017 à 2021 avec 1 475 pièges photographiques, a donné 953 adultes, dans une fourchette de 806 à 1 127. C’est une estimation statistique, pas un comptage. Des communications officielles plus récentes avancent un chiffre bien inférieur : plus de 650. Un nouveau recensement national est annoncé pour 2026. Retenez l’ordre de grandeur, de quelques centaines à un millier d’adultes, et méfiez-vous des nombres présentés comme exacts. L’espèce est classée « vulnérable » par l’UICN depuis 2017.
C’est le vrai sujet. Dans les monts Tost, le suivi par colliers montre un ongulé tué tous les huit jours en moyenne, dont 73 % de proies sauvages et 27 % de bétail. La perte reste rare, mais elle est lourde pour une famille vivant de l’élevage nomade, et elle déclenche parfois des représailles. Le loup demeure l’ennemi désigné numéro un, mais l’irbis paie aussi.
En avril 2016, le Parlement a classé les monts Tost en réserve naturelle : la première aire protégée nationale créée pour cette espèce. Les 37 licences minières qui s’y trouvaient encore n’ont été annulées qu’en 2018. Trois outils fonctionnent sur le terrain : les enclos renforcés, les fonds d’assurance du bétail gérés par les communautés, et la vente d’artisanat en feutre par les familles qui s’engagent à ne pas tuer de prédateurs. La chasse est interdite : la loi mongole range l’irbis parmi les espèces très rares. Le trafic de peaux persiste ; des arrestations ont eu lieu à Oulan-Bator en septembre 2025.
Pratiquement nulles sur un circuit classique. Ni le Gobi en trois jours ni un itinéraire de deux semaines ne donnent une chance sérieuse. Voir un irbis suppose une expédition dédiée de dix à quatorze jours, en fin d’automne ou en hiver, dans l’Altaï occidental, avec des pisteurs locaux qui scrutent les crêtes à la longue-vue. Comptez de l’ordre de 4 000 à 7 000 € par personne sans les vols internationaux, davantage si l’agence les inclut ; vérifiez auprès des agences. L’accès se fait par un vol intérieur vers Khovd, seule ligne de l’ouest maintenue en hiver : celle d’Olgii s’interrompt à la saison froide, vérifiez les dates avant de réserver. Puis plusieurs heures de piste ; par la route, plus de 1 400 km depuis la capitale. Les déconvenues fréquentes : croire qu’une agence peut « garantir » l’observation, sous-estimer le froid, et oublier que beaucoup de participants ne ramassent que des traces, des crottes et une silhouette lointaine.
À lire ensuite : la faune de Mongolie · les animaux du Gobi · le cheval de Przewalski · l’extrême ouest
Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.
Télécharger la méthode — 49 € →Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement