Le loup gris, chono en mongol, occupe tout le pays : taïga du nord, steppe centrale, marges du Gobi, montagnes de l’Altaï. C’est l’animal dont on vous parlera le plus et que vous verrez le moins.
Aucun recensement national fiable n’existe. L’Académie des sciences de Mongolie avançait 30 000 individus en 1980 ; les estimations publiées depuis tournent plutôt autour de 10 000 à 20 000. Ce sont des ordres de grandeur, rien de plus. La répartition, elle, a bougé : le loup s’est raréfié dans la steppe orientale et le Gobi, et a augmenté dans les provinces de l’ouest.
L’Histoire secrète des Mongols fait remonter la lignée de Gengis Khan à Börte Chono, un loup bleu-gris, uni à une biche fauve. Cette ascendance animale se retrouve dans le chamanisme. Le même animal tue le bétail. Beaucoup d’éleveurs évitent son nom et disent kheeriin nokhoi, le chien de la steppe : le nommer l’attirerait vers le troupeau. Si vous dormez chez l’habitant, vous entendrez le respect et la colère dans la même phrase.
Une famille nomade vit de ses cinq museaux. Une nuit d’attaque peut effacer plusieurs mois de revenu. L’effet se mesure aussi dans les parcs : à Khustain Nuruu, les loups ont tué 109 poulains de cheval de Przewalski entre 1993 et 2011, dont 52 % avant l’âge d’un mois.
Le loup n’est pas une espèce protégée. Depuis juin 2025, la loi sur les animaux dispense de permis et de redevance celui qui abat un loup gris pour protéger des personnes ou son troupeau. Hors ce cas, il faut un permis du gouverneur de sum, valable cinq jours, de l’ordre de 250 000 tugriks, environ 60 € ; tarif réglementaire à vérifier. Tirer sans permis expose alors à une amende et à environ 2 millions de tugriks de réparation écologique.
Faibles, même sur trois semaines. Espérez une empreinte ou un hurlement de nuit, pas une photo. Les meilleures fenêtres sont l’aube et le crépuscule, de fin d’automne à l’hiver, dans l’ouest vide : Altaï mongol, Khovd, Uvs. Dans la steppe orientale et le Gobi, grande réserve comprise, il s’est raréfié : vos chances y sont encore plus minces. Aucune agence ne peut le garantir ; celle qui le promet ment. Le loup ne menace guère qui bivouaque : les chiens de garde des campements, eux, mordent vraiment.
Vous verrez des peaux, des crânes et des canines au marché Narantuul. L’osselet de loup, porté comme porte-bonheur, est courant chez les hommes. Le loup figure à l’annexe II de la CITES : exporter une peau ou un crâne sans permis est illégal, au départ comme à l’arrivée. Préférez un souvenir sans animal.
Pour continuer : la faune de Mongolie, la faune du Gobi, le léopard des neiges et la gazelle mongole.
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