Le Monkhkhairkhan, deuxième sommet de Mongolie

Le Monkhkhairkhan se dresse dans l’Altaï mongol, à cheval sur la province de Khovd et le Bayan-Olgii. Son nom dit « la montagne sacrée éternelle », khairkhan étant le mot respectueux réservé aux montagnes. Il passe pour le deuxième sommet du pays, derrière le Khuiten. L’altitude varie selon les relevés : 4 204 m dans les sources mongoles courantes, 4 231 m ailleurs. Retenez un massif autour de 4 200 m, avec près de 1 860 m de proéminence.

Le parc national

Le massif est protégé par l’État depuis 2006 ; la date du statut de parc national varie selon les sources. Le périmètre suit la crête sur quelque 90 km, du nord-ouest au sud-est, et descend à une quinzaine de kilomètres de la frontière chinoise. Conséquence : selon l’itinéraire, un permis de zone frontalière peut être exigé. Faites trancher par votre agence avant le départ. Le décor est sec : 76 à 158 mm de précipitations par an, steppe d’armoise en bas, prairies d’altitude plus haut, quelques rubans de mélèzes au bord des rivières.

Y aller

La base est Khovd, à environ 1 580 km d’Oulan-Bator, desservie par avion. Le chef-lieu du soum de Monkhkhairkhan est ensuite à 155 km de la ville. Aucun transport régulier ne monte dans les vallées : il faut un 4x4 avec chauffeur, une demi-journée de piste, davantage après la pluie. C’est le gros du budget : le véhicule se loue à la journée et se partage entre passagers. Demandez un prix ferme, carburant compris ou non, et comparez-le aux prix courants en Mongolie.

L’ascension

Ce n’est pas une randonnée. Le sommet porte glaciers et névés permanents, et le recul de la glace a laissé des pentes d’éboulis raides. Crampons, piolet, corde et progression encordée sont indispensables : il faut un encadrement réel. La différence avec l’ascension du Khuiten tient moins à la technique qu’à l’isolement : pas de camp de base fréquenté, presque aucune autre cordée, secours lointains. Complétez votre matériel à Oulan-Bator : on ne trouve rien à Khovd.

Les éleveurs de la vallée

Le soum comptait 1 955 habitants au recensement de 2010, sur 2 554 km². Surtout des Uriankhai de l’Altaï et des Zakhchin : on n’est plus en pays kazakh comme à Olgii, la langue et la table changent. L’été, les familles montent avec les yaks dans les hautes vallées, et dormir sous leur ger est la solution normale : aucun camp de yourtes touristique au pied du massif. La montagne a donné son nom à une culture de l’âge du bronze datée de 1800 à 1600 av. J.-C., dans une région riche en pétroglyphes.

Saison et durée

Juillet et août. Avant, la neige tient dans les cols ; après, les familles redescendent. Khovd monte à 40 °C l’été en plaine et tombe à -30 °C l’hiver ; en altitude, il gèle la nuit même en juillet. Trois à quatre jours depuis Khovd suffisent pour approcher et marcher. Visez une semaine si vous montez au sommet.

Plutôt que le Tavan Bogd ?

L’Altai Tavan Bogd est plus haut, plus glaciaire, mieux organisé, et bien plus fréquenté en juillet. Le Monkhkhairkhan offre l’inverse : presque personne, rien d’installé. On l’approche depuis Khovd, pas depuis Olgii. Le Tsambagarav, à cheval sur les deux provinces, s’atteint des deux côtés.

Ce qui déçoit

Ni sentier balisé, ni carte fiable, ni commerce : ravitaillez-vous à Khovd. Le réseau s’arrête peu après le chef-lieu. Le léopard des neiges est annoncé partout et ne se montre pratiquement jamais. Enfin, le sommet reste souvent bouché plusieurs jours de suite. Lisez les erreurs fréquentes dans l’Altaï avant de réserver.

À lire ensuite : Khovd en pratique · combien de jours dans l’Altaï · plan du site.

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