Le Khan Khentii n’est pas un parc national aménagé. C’est une zone strictement protégée, créée en 1992, d’environ 12 270 km², au nord-est d’Oulan-Bator. Ni sentiers balisés, ni refuges, ni signalisation.
Le massif du Khentii marque la rencontre de la forêt boréale sibérienne et de la steppe : mélèzes, tourbières, crêtes pelées. Il forme la ligne de partage des eaux entre le bassin arctique, par le Baïkal, et celui du Pacifique. L’Onon, la Kherlen, la Tuul, la Kharaa et la Yeruu y prennent leur source ; la Tuul est la rivière qui traverse Oulan-Bator. La grande faune forestière est présente, mais très difficile à observer. Ne venez pas pour cela : lisez plutôt la faune de Mongolie pour calibrer vos attentes.
Le Burkhan Khaldun, dont l’altitude est donnée entre 2 340 et 2 450 m selon les sources, est la montagne la plus sacrée du pays. Elle est inscrite au patrimoine mondial depuis 2015 sous le nom de « Grande montagne Burkhan Khaldun et son paysage sacré environnant », au titre des critères (iv) et (vi) : 443 739 hectares de bien et 271 651 hectares de zone tampon, dans l’aimag du Khentii. La tradition en fait le lieu de naissance et la sépulture probable de Gengis Khan. Aucune tombe n’a jamais été retrouvée et rien ne se visite. Le culte d’État, au grand ovoo du Ciel, reste réservé à quelques officiels, chamanes et lamas. Comprenez le sens des ovoo avant de monter, et n’y touchez pas.
Par l’ouest, on remonte depuis Gorkhi-Terelj, dont l’embranchement se prend à 37 km du centre d’Oulan-Bator et le village à environ 66 km. De là, le lac Khagiin Khar se trouve à 80 km en amont des camps, et les sources chaudes de Yestii 18 km plus loin. C’est la voie des treks à pied ou à cheval, qui se comptent en jours, pas en heures. Par l’est, on passe par l’aimag du Khentii ; l’accès depuis la capitale est détaillé à part. Dans les deux cas, plus de bitume une fois quitté l’axe principal : pistes, gués, tourbières. Prévoyez un 4x4 avec chauffeur et mesurez d’abord l’état réel des routes.
Comptez 4 à 7 jours au départ d’Oulan-Bator pour une vraie incursion. Une journée ne vous mènera qu’à Terelj. La fenêtre utile va de juin à début septembre, avec des moustiques redoutables en juillet et de la neige possible en altitude dès septembre : voyez la meilleure période. Le poste de dépense dominant est le véhicule, facturé à la journée ou au kilomètre selon les agences, jours de retour à vide inclus ; demandez trois devis et comparez-les aux prix courants en Mongolie, qui bougent d’une saison à l’autre. L’hébergement se limite à quelques camps en périphérie et au bivouac. Côté est, voyez où dormir dans le Khentii.
Le statut de zone strictement protégée interdit la chasse et l’exploitation minière, et encadre étroitement le pastoralisme et le tourisme. Les budgets d’entretien et de protection restent faibles, ce qui ne vous dispense de rien : passez par une agence qui connaît les autorisations locales, car elles changent. La déconvenue classique est d’espérer un site historique. Il n’y en a pas. Le Khan Khentii se mérite en marche, en froid et en silence. Si vous cherchez des monuments, le reste de la province vous servira mieux.
À suivre : le Khentii, berceau de Gengis Khan · Dadal · découverte de la Mongolie
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