Le bassin de Nemegt est l’un des gisements de dinosaures les plus riches de la planète. Il occupe l’ouest de l’aimag d’Omnogovi, au pied du massif du même nom, plein ouest de Dalanzadgad. Ce n’est pas un site aménagé : pas d’infrastructure, pas de sentier balisé. Une taxe locale peut être demandée selon la zone : faites confirmer par l’agence.
Trois formations s’empilent ici : Djadokhta, Barun Goyot, puis Nemegt au sommet, datée du Maastrichtien, autour de 70 millions d’années. La différence avec les falaises rouges de Bayanzag est nette : Nemegt n’a pas conservé des dunes mais des rivières en tresses et des plaines inondables, avec tortues, poissons et mollusques. La géologie a taillé des falaises abruptes et des ravines étroites. Les affleurements se nomment Nemegt, Altan Uul, Tsagaan Khushuu, Bugiin Tsav et Khermen Tsav.
Deux grandes séries ont ouvert le bassin : les campagnes soviéto-mongoles de 1946-1949, puis les expéditions polono-mongoles de 1963 à 1971, dirigées par Zofia Kielan-Jaworowska. En 1965, plus de 20 tonnes de fossiles partent pour Varsovie dans le cadre de cette coopération ; une partie, dont l’holotype d’Opisthocoelicaudia, a depuis été rendue à Oulan-Bator. Le pillage est autre chose : depuis 1924, la loi mongole fait des fossiles une propriété de l’État, et le trafic n’a jamais cessé. Un Tarbosaurus pillé a été adjugé plus d’un million de dollars à New York en mai 2012 avant d’être rendu en 2013 ; un crâne, une main et des pieds de Deinocheirus, passés par une collection privée européenne, sont revenus le 1er mai 2014. Conséquence pour vous : ne ramassez rien, pas même un éclat d’os, n’achetez aucun fossile en souvenir, et contentez-vous de photographier.
C’est loin. Depuis Dalanzadgad, comptez de l’ordre de 400 à 500 km de piste pour Nemegt et Khermen Tsav, soit deux jours de route à l’aller avec un bivouac. Le plus efficace reste le vol jusqu’à Dalanzadgad, environ 1 h 10, puis un 4x4 avec chauffeur, de l’ordre de 100 à 200 dollars par jour et par véhicule, à diviser entre passagers, à reconfirmer. Comptez quatre à cinq jours aller-retour depuis Dalanzadgad, dont une seule journée sur les affleurements. Un circuit de sept jours ne vient pas ici : en boucle routière depuis Oulan-Bator, tablez sur dix jours. Prévoyez l’autonomie en eau et en vivres et surtout en carburant : faites le plein dès que possible, une panne sèche ici n’a pas de solution rapide. Le réseau téléphonique disparaît. Mai-juin et septembre sont les meilleures fenêtres.
Vous ne verrez ni squelette monté, ni chantier de fouille : les campagnes sont rares et discrètes. Au sol, des esquilles d’os gris, jamais un dinosaure complet. Deux jours de piste pour cela : le calcul ne tient que si le paysage vous intéresse autant que la paléontologie. Pour voir des fossiles, le musée d’Oulan-Bator en donne davantage en une heure.
À suivre : les dinosaures du Gobi · le désert de Gobi · le Gobi occidental.
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