Carburant et pannes dans le désert de Gobi

Dans le Gobi, le problème n’est pas la route, c’est la distance entre deux pompes fiables. Que vous partiez avec un chauffeur ou au volant vous-même, la logistique du carburant commande tout l’itinéraire.

Où sont les pompes

Le goudron descend jusqu’à Dalanzadgad, environ 550 km au sud d’Oulan-Bator par une route asphaltée, soit sept à huit heures de voiture. Au-delà, chaque chef-lieu de soum a en principe une pompe, souvent une seule cuve près d’un kiosque. Elle peut être fermée, vide, ou n’offrir que de l’essence AI-92, parfois de l’AI-80. Le gazole manque souvent. Règle simple : on remet du carburant à chaque occasion et on ne descend jamais sous le tiers du réservoir. De Dalanzadgad aux dunes de Khongoryn Els, comptez 180 à 200 km de piste, trois à cinq heures : l’aller-retour fait 400 km sans pompe sûre. Voyez les distances routières et l’état des routes.

La pénurie de 2026

La Mongolie n’a pas de raffinerie et importe plus de 95 % de son carburant de Russie. Le 3 août 2026, le gouvernement a imposé l’alternance des plaques paires et impaires, un plafond de 50 000 tugriks par plein et l’interdiction de vendre en bidon. Mesures levées le 15 août, mais la pénurie a repris : le 8 septembre, dix-sept soums étaient à sec et l’Ömnögovi, la province du Gobi, figurait parmi les cinq aimags à ravitailler en urgence. Mi-septembre, les importations couvraient la demande, à environ 4 700 tugriks le litre de sans-plomb 95 et 4 200 pour le gazole. Ordres de grandeur : demandez l’état du marché à votre agence la veille du départ.

Jerricans et autonomie

Un 4x4 chargé consomme 15 à 20 litres aux 100 km sur piste, nettement plus dans le sable mou. Les loueurs fournissent un jerrican de 20 litres ; demandez-en un second pour les itinéraires reculés : quarante litres de réserve, c’est 200 à 250 km d’autonomie en plus. Sanglés sur la galerie, jamais dans l’habitacle. En campagne, on paie en espèces : la carte ne passe qu’à Dalanzadgad et dans les grandes villes, voyez argent et paiement. Même raisonnement pour l’eau et les vivres.

Les pannes qui reviennent

Par ordre de fréquence : la crevaison, due à la tôle ondulée et aux pierres coupantes ; les amortisseurs et les lames de suspension ; les durites et les fuites ; le radiateur encrassé de poussière ; l’ensablement. Une tempête de sable peut aussi coûter la journée. Comme le réseau téléphonique ne couvre guère que les soums, une immobilisation loin de tout se résout en attendant le véhicule suivant. Cela arrive, et cela prend des heures.

Ce que le chauffeur emporte

Un chauffeur mongol expérimenté est d’abord un mécanicien. Dans son coffre : deux roues de secours, rustines et compresseur, cric, courroie, durites, filtres, huile, câbles et fil de fer. Les vieux UAZ russes, encore utilisés par certaines agences, sont choisis pour cela : ils se réparent avec trois outils, au bord de la piste. Si vous conduisez seul, ce savoir-faire vous manquera ; prévoyez une assurance couvrant l’assistance et gardez les numéros d’urgence par écrit.

L’erreur la plus coûteuse

Improviser l’itinéraire au jour le jour. Sur un circuit de cinq jours, un détour de 150 km vous laisse sans marge jusqu’au prochain soum. Si la pénurie persiste, l’avion jusqu’à Dalanzadgad économise 1 100 km aller-retour et deux journées de route.

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