Khermen Tsav est un canyon d’érosion de grès rouge, dans l’ouest de l’Ömnögovi, au-delà du bourg de Gurvantes. On l’écrit aussi Hermiin Tsav ou Khermeen Tsav : utile pour les cartes. C’est l’un des sites les plus difficiles à atteindre du désert de Gobi : personne n’y passe par hasard.
Un amphithéâtre de ravines, de pinacles et de falaises rouges, de l’ordre de 250 km², avec des parois qui atteignent par endroits une centaine de mètres. En bas, un fond plat, du sable, quelques bosquets de saxaoul. La lumière fait tout : à midi le site s’aplatit, au lever et au coucher il devient irréel. Voyez photographier le Gobi. Prévoyez une demi-journée de marche pour en faire le tour utile, et deux nuits sur place si vous avez fait la route.
Khermen Tsav appartient au bassin de Nemegt, la « vallée des dragons », où affleurent les couches du Crétacé supérieur. Les expéditions paléontologiques polono-mongoles de 1963 à 1971, dirigées par Zofia Kielan-Jaworowska, y ont fouillé les « couches rouges de Khermeen Tsav ». Le petit cératopsien Bagaceratops rozhdestvenskyi, nommé en 1975 par Teresa Maryńska et Halszka Osmólska, a son spécimen type ici ; l’ankylosaure Zaraapelta et l’oiseau Gobipteryx y sont aussi documentés. Voir les dinosaures du Gobi. On aperçoit encore des esquilles d’os dans les ravines : depuis 1924 elles appartiennent à l’État. On regarde, on ne ramasse rien.
En pratique, une seule solution : un 4x4 avec chauffeur, au départ de Dalanzadgad. Comptez 400 à 450 km de piste, soit deux jours de route avec une nuit d’étape, et autant au retour. Sur piste, la moyenne tombe entre 25 et 40 km/h. Pour rejoindre Dalanzadgad, le vol depuis Oulan-Bator dure environ 1 h 10 et fait gagner deux jours ; par la route, c’est 550 à 575 km d’asphalte et huit à dix heures. Aucun transport public ne dessert le canyon.
Ni camp de yourtes, ni pompe, ni magasin, ni gardien. C’est du bivouac. Prévoyez 4 à 5 litres d’eau par personne et par jour ; le dernier ravitaillement sérieux est Dalanzadgad, Gurvantes ne garantit rien. Un 4x4 chargé boit 15 à 20 litres aux 100 km sur piste : la boucle en demande 120 à 180 litres. Deux jerricans n’en ajoutent que 40 : comptez le plein plus trois ou quatre bidons. Le réseau téléphonique disparaît. Le carburant a connu des ruptures en 2026 : demandez à l’agence l’état du marché la veille du départ, et lisez carburant et mécanique.
Juin et septembre. Les tempêtes de sable vont de mars à mai : mai reste praticable, mais venteux. Juillet est brûlant. Voyez le climat mois par mois. Depuis Oulan-Bator, comptez neuf à dix jours par la route, sept à huit avec le vol. Le coût tient au véhicule : six à huit jours de 4x4 avec chauffeur, 80 à 130 € par jour carburant compris, environ 155 € en formule tout compris. Ordres de grandeur 2026, à faire chiffrer par écrit.
Trois reviennent. Greffer Khermen Tsav sur un circuit classique : il ajoute cinq jours, ce n’est pas un détour. Arriver épuisé et repartir après quatre heures : huit cents kilomètres de piste pour une fin d’après-midi. Sous-estimer la panne : ici, on répare soi-même ou on attend. Demandez un téléphone satellite, deux roues de secours, et laissez votre itinéraire à Oulan-Bator. Si vous hésitez encore, lisez d’abord le Gobi occidental dans son ensemble.
À suivre : circuit de 7 jours dans le Gobi · où dormir dans le Gobi · quoi emporter · quoi emporter.
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