Le circuit classique du désert de Gobi s’arrête aux dunes de Khongoryn Els. Au-delà commence le Gobi occidental : l’ouest de l’Ömnögovi, puis le Gobi trans-altaïque de Govi-Altai. Presque personne n’y va, et les distances expliquent pourquoi.
Le premier palier est Khermen Tsav, au nord de Gurvantes : un canyon de grès rouge d’environ 250 km², profond de 100 à 200 mètres. Il appartient au bassin de Nemegt, la « vallée des dragons ». On y voit des os fossiles à même le sol. Une loi de 1924 les rend propriété de l’État et interdit leur sortie : on regarde, on ne ramasse rien.
Plus à l’ouest, la province de Govi-Altai couvre 141 448 km² pour environ 57 000 habitants : la moins dense du pays. On y visite Eej Khairkhan, montagne de granit de 2 275 mètres : neuf vasques naturelles sur le versant est, des pétroglyphes à une demi-heure de marche. Le sud de la province relève de la Grande Réserve du Gobi, créée en 1975, classée réserve de biosphère en 1991 et agrandie depuis : près de 68 000 km² aujourd’hui, en deux blocs, le Gobi A et le Gobi B.
Le Gobi A abrite les derniers ours du Gobi, les mazaalai : une trentaine d’individus selon l’étude génétique de 2021. Vous n’en verrez pas, et la zone centrale n’est pas ouverte au tourisme. Le Gobi B accueille depuis 1992 la réintroduction du cheval de Przewalski ; le troupeau dépassait 400 têtes avant le dzud de 2022-2023, qui en a tué environ 180, sans décompte public plus récent. Les deux blocs sont des zones strictement protégées : permis et droit d’entrée, à faire établir par l’agence avant le départ.
Depuis Dalanzadgad, comptez 400 à 450 km de piste jusqu’à Khermen Tsav : deux jours de 4x4 avec une nuit d’étape, trois jours minimum aller-retour. L’autre porte d’entrée, pour Eej Khairkhan et le Gobi B, est la ville d’Altai, à un peu plus de 1 000 km d’Oulan-Bator ; de là, encore des heures de piste vers le sud. La liaison est goudronnée ; depuis 2022, les 21 chefs-lieux de province le sont tous. Des vols desservent Altai, à fréquences et tarifs variables : vérifiez peu avant le départ. Sur place, un 4x4 avec chauffeur est indispensable.
Mai-juin et septembre sont les meilleures fenêtres ; juillet est brûlant et le printemps apporte les tempêtes de sable. Voir le climat mois par mois. Pour atteindre Khermen Tsav et revenir, prévoyez 9 à 10 jours depuis Oulan-Bator : un circuit de 7 jours n’y suffit pas. Le coût tient presque entièrement au véhicule : faites chiffrer un tarif journalier tout compris, 4x4, chauffeur et carburant, avant de réserver.
Trois erreurs reviennent. Sous-estimer l’eau et le ravitaillement : passé Gurvantes, il n’y a plus de magasin sérieux. Négliger le carburant et la mécanique : les stations sont espacées de centaines de kilomètres et on répare soi-même. Croire que le téléphone passe : le réseau disparaît vite. Aucun camp de yourtes dans ce secteur : c’est le bivouac.
Pour qui a déjà vu le Gobi central, accepte cinq à huit heures de piste par jour et cherche le vide plutôt qu’une liste de sites. Les autres verront plus en roulant moins.
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Dire bonjour, demander son chemin, remercier son hôte : trois phrases changent la façon dont on vous reçoit sous la yourte.
Introduction à la langue mongole, de Louis-Simon Roy : la seule méthode progressive de mongol écrite en français. 12 leçons, chacune avec son dialogue, son vocabulaire, ses règles de grammaire, ses exercices et leur corrigé. Les autres ouvrages francophones décrivent la langue ; celui-là l’enseigne pas à pas.
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