La faune du désert de Gobi

Le Gobi n’est pas un sable mort : cette steppe désertique nourrit une faune complète. Mais les espèces emblématiques sont rares et dispersées sur des milliers de kilomètres carrés. Voici ce que vous verrez vraiment.

Le bouquetin, la valeur sûre

Le bouquetin de Sibérie est l’animal sauvage le plus accessible du Gobi. Il occupe les pentes rocheuses, parfois dès 700 m d’altitude, en hardes de cinq à trente bêtes. À Yolyn Am, dans le parc national de Gobi Gurvansaikhan (créé en 1993, près de 27 000 km² depuis son agrandissement de 2000), on en repère souvent sur les crêtes. Les mâles portent des cornes d’environ 115 cm. L’argali, plus grand mouton sauvage du monde, occupe les mêmes massifs mais se laisse bien moins approcher.

Khulan et gazelles

Le khulan, l’âne sauvage de Mongolie, est la vraie réussite du pays : environ 42 000 individus recensés en 2015, soit l’essentiel de l’espèce. Quasi menacé, il a perdu la moitié de son aire en soixante-dix ans. On le croise en troupeaux sur les pistes, mais il fuit à plusieurs centaines de mètres. La gazelle à goitre, vulnérable, partage ces plaines : elle court vite et à plat, sans bondir. Sa cousine, la gazelle de Mongolie, vit surtout à l’est.

Chameau sauvage et ours de Gobi

Les deux vedettes du Gobi : vous ne les verrez pas. Le chameau sauvage, ou khavtgai, compte environ 950 individus au monde, en majorité en Chine ; la population mongole, confinée à la Grande réserve du Gobi A (46 369 km², réserve de biosphère UNESCO depuis 1991), se compte en centaines d’individus et les comptages varient fortement. Plus petit que le chameau de Bactriane domestique, il porte des bosses basses et coniques. L’ours de Gobi, le mazaalai, est l’un des plus petits ours bruns du monde : 96 à 138 kg pour un mâle. Une étude génétique de 2021 l’estimait à environ 31 animaux. Aucune agence ne peut vous le montrer.

Prédateurs, rapaces et rongeurs

Le léopard des neiges fréquente l’Altaï du Gobi ; la Mongolie en comptait environ un millier selon une estimation de 2016. Vos chances de rencontre sont nulles. Les rapaces sont faciles : Yolyn Am doit son nom au gypaète barbu (yol en mongol), et vautours, aigles et faucons sacres tournent au-dessus des pistes. Ils vivent des rongeurs : gerbilles, spermophiles, pikas, et la gerboise à longues oreilles, nocturne, 24 à 38 g, aux oreilles un tiers plus longues que sa tête. Voir l’observation des oiseaux.

Quand et comment observer

Mai-juin et septembre sont les meilleures périodes ; consultez le climat mois par mois. Sortez à l’aube et au crépuscule ; entre 11 h et 16 h, n’espérez rien voir, les animaux sont à l’ombre. Des jumelles 8x42 ou 10x42 sont indispensables. Un circuit de cinq jours en 4x4 avec chauffeur suffit pour couvrir Yolyn Am, Khongoryn Els et les plaines à khulan. Le 4x4 se négocie au kilomètre ou à la journée : exigez un prix ferme, carburant inclus. Les réserves strictes ne se visitent que sur autorisation ; le takhi de Takhin Tal, dans le Gobi B, demande un voyage à part — voir le cheval de Przewalski.

Erreurs fréquentes

  • Confondre bétail et faune sauvage. Les chameaux, chèvres et moutons que vous croisez appartiennent tous aux éleveurs.
  • Attendre les animaux depuis le camp de yourtes. Il faut rouler, tôt et longtemps.
  • Faire poursuivre un troupeau par le chauffeur. C’est interdit dans les parcs, cela épuise les bêtes, et la photo sera ratée.

À lire ensuite : la faune de Mongolie · la flore et le saxaoul · photographier le Gobi.

Couverture de la méthode Introduction à la langue mongole

Quelques mots de mongol changent tout le voyage

Introduction à la langue mongole — la seule méthode de mongol écrite pour les francophones : 17 leçons, 348 pages en PDF, 2 h d’audio MP3 et un dictionnaire français-mongol. Téléchargement immédiat.

Télécharger la méthode →

Paiement sécurisé · lien de téléchargement par courriel · sans abonnement