Plus de 500 espèces ont été recensées en Mongolie, mais les zones humides y sont rares. Tout se concentre sur quelques lacs, séparés par des centaines de kilomètres de steppe. Destination ornithologique sérieuse, donc, mais pas facile : beaucoup de route pour peu de sites.
Le lac Ogii, en Arkhangai, est site Ramsar depuis juillet 1998. À 360 km à l’ouest d’Oulan-Bator, cinq à sept heures de route, il se greffe sans détour sur un circuit de la vallée de l’Orkhon. Grues, oies cygnoïdes, anatidés en halte. Deux nuits suffisent : la rive nord se fait à pied.
Le parc national de Khar Us Nuur, créé en 1997, couvre 8 503 km² et abrite les plus vastes roselières d’Asie centrale. Plus de 200 espèces y sont notées. Un mirador métallique, près de l’angle sud-ouest du lac le long de la route goudronnée Khovd–Altai, donne sur les îles de roseaux : c’est le poste le plus commode sans bateau. Le pélican frisé, moins de 200 individus dans toute l’Asie de l’Est, subsiste dans ces grands lacs de l’Ouest : ne comptez pas le voir. Plus au nord, le bassin d’Uvs Nuur, classé à l’UNESCO en 2003, est un bien transfrontalier de douze secteurs dispersés, dont cinq seulement en Mongolie et pas tous accessibles depuis Ulaangom, la base logique. Quatre à six jours pour l’un ou l’autre, pas les deux.
La vallée de la Khurkh, dans le Khentii, accueille cinq espèces de grues d’Asie de l’Est, dont trois nicheuses, et environ 70 couples de grues à cou blanc. Une station de baguage, ouverte en 2015, y marque aujourd’hui environ 6 500 oiseaux par an. C’est un site de recherche, pas un centre de visite : passez par une agence. Plus loin, la réserve de Mongol Daguur, en Mongolie orientale, suppose 700 km jusqu’à Choibalsan puis une journée de piste.
La grue demoiselle est la plus petite des grues : 85 à 100 cm de long, 155 à 180 cm d’envergure. Elle niche en steppe sèche, pas dans les marais, et se voit au bord des pistes un peu partout. C’est l’espèce que vous verrez le plus sûrement. L’aigle royal, lui, se repère au-dessus des crêtes de l’Altai, dans le Bayan-Olgii. Les oiseaux du festival de l’aigle d’or, début octobre près d’Olgii, sont en revanche des aigles captifs de chasseurs kazakhs : spectacle culturel, pas observation.
Mai et juin : plumage nuptial, chant, migrateurs encore en passage vers la Sibérie. Avant mai, les lacs sont souvent pris par la glace. Le retour s’étale d’août à début octobre, avec un pic en septembre. Juillet est chaud et silencieux ; voir la meilleure période.
Une longue-vue sur trépied n’est pas un luxe : les oiseaux d’eau restent souvent à plusieurs centaines de mètres. Jumelles 8x42 et housse anti-poussière complètent la liste ; voir quoi emporter. Ordre de grandeur : 100 à 150 USD par jour pour un 4x4 avec chauffeur, carburant en sus, 65 à 100 USD de plus pour un guide anglophone. Ces tarifs bougent, vérifiez. Les vols intérieurs vers Khovd et Olgii durent environ deux heures, Ulaangom deux heures et demie à trois heures selon le vol, avec quelques rotations par semaine et une franchise bagages souvent limitée à 15 kg.
Cumuler l’ouest et l’est en deux semaines : les distances routières l’interdisent. Prendre un guide généraliste qui ne connaît pas les oiseaux. Camper au ras de l’eau, ce qui fait fuir les nicheurs. Sous-estimer le vent, qui rend un trépied léger inutilisable dès la mi-matinée.
À lire ensuite : la faune de Mongolie · les oiseaux du Khovsgol · flore et steppe · le coût d’un voyage.
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