Le lac Ugii, ou Ögii nuur, occupe une cuvette peu profonde de l’est de la province d’Arkhangai, à 1 337 m d’altitude. Il mesure environ 7,9 km sur 5,3 km, pour 25 à 26 km². Sa profondeur maximale atteint 15,3 m, la moyenne 6,6 m, et près de la moitié du plan d’eau fait moins de 3 m. Tout découle de là : l’eau chauffe vite, le poisson abonde, les oiseaux d’eau s’y arrêtent.
Le lac est à environ 360 km à l’ouest d’Oulan-Bator et à 80 km de route au nord de Karakorum, soit 65 km à vol d’oiseau. Comptez six à sept heures de route depuis la capitale. L’axe principal est goudronné, la fin du trajet se fait sur piste : vérifiez l’état des routes et prévoyez un 4x4 avec chauffeur. Le lac reçoit le Khugshin Orkhon et se déverse dans l’Orkhon : il s’insère naturellement dans un circuit par la vallée de l’Orkhon.
Le site est inscrit à la convention de Ramsar depuis le 6 juillet 1998 et classé zone importante pour la conservation des oiseaux par BirdLife. Environ 150 espèces y ont été recensées : oies, canards, grues, et des raretés comme le pélican frisé, l’oie cygnoïde ou le pygargue de Pallas. Soyez lucide : ces espèces rares restent rares, et un passage d’une demi-journée sans jumelles ne montrera que des canards. Les secteurs peu profonds et les roselières sont les plus productifs : demandez au camp où se poster. Pour le contexte général, voyez l’observation des oiseaux en Mongolie.
Quatorze espèces de poissons sont recensées dans le lac, dont la perche et le brochet. La pêche n’ouvre qu’à la mi-juin et se ferme début novembre ; les dates annoncées varient, faites-les confirmer. Un permis est obligatoire, y compris pour les étrangers. Le tarif d’une vingtaine de dollars souvent cité est celui des permis de parc national, et le lac Ugii n’en est pas un : n’attendez pas de guichet sur place. Le plus sûr est de faire établir le permis par votre agence avant d’arriver. Sans permis, vous vous exposez à une amende et à la confiscation du matériel.
Plusieurs camps de yourtes bordent le lac. Ordre de grandeur pour la région : 120 000 MNT et plus la nuit en chambre, ou 40 à 120 dollars par personne en pension complète selon le standing, à recouper avec nos exemples de prix. Une nuit suffit largement ; deux si vous pêchez ou observez sérieusement. Le lac est pris par les glaces de novembre à mai environ. Le passage de printemps suit la fonte des glaces, en mai, et celui d’automne s’étale sur septembre ; ces dates bougent chaque année. Voyez la meilleure période.
À une vingtaine de kilomètres au sud, le musée de Khöshöö Tsaidam, ouvert en 2008, abrite les stèles turques de Kül Tegin, mort en 731, et de Bilge Khagan. Plus loin viennent Erdene Zuu puis les chutes de l’Orkhon. Les déconvenues, elles, sont connues : moustiques le soir en été, qualité des camps très inégale, sanitaires parfois sales, karaoké nocturne dans les yourtes voisines, sorties en barque annulées sans prévenir. Le paysage est doux, pas spectaculaire. Si vous cherchez du relief et de l’eau claire, le Terkhiin Tsagaan Nuur ou le lac Khovsgol méritent davantage le détour.
Mongolie centrale · Itinéraire d’une semaine · Distances routières
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