Yolyn Am, la vallée des vautours

Yolyn Am est une gorge étroite creusée dans le massif du Züün Saikhan, au sein du parc national du Gobi Gurvansaikhan. Son nom vient de yol, le gypaète barbu en mongol. L’intérêt du lieu tient à une anomalie : un ruisseau y gèle en hiver et laisse un champ de glace au fond du défilé, en plein désert de Gobi.

Accès et temps de trajet

La base logistique est Dalanzadgad, située à une cinquantaine de kilomètres de route à l’est de la gorge, une trentaine à vol d’oiseau. Depuis Oulan-Bator, comptez 550 à 600 km de route, soit huit à neuf heures de voiture, ou un peu plus d’une heure de vol intérieur ; les fréquences et les compagnies changent souvent, vérifiez avant de bloquer votre itinéraire. De Dalanzadgad, l’approche demande une à deux heures, goudron puis piste. Le dernier tronçon, une dizaine de kilomètres entre la barrière d’entrée et le parking, est roulant mais caillouteux. Un 4x4 avec chauffeur reste la formule la plus simple.

La marche depuis le parking

Le sentier remonte le lit du ruisseau. Comptez environ 4 km aller-retour et une à deux heures pour atteindre la partie la plus resserrée, là où les parois se rapprochent et où la glace subsiste le plus longtemps. Le premier kilomètre et demi est facile ; ensuite le terrain devient rocheux et il faut enjamber le ruisseau plusieurs fois. Parcourir la gorge entière représente 8 à 10 km et deux à trois heures dans chaque sens. Des chevaux sont proposés au départ : demandez le prix et la durée avant de monter. Chaussures fermées et coupe-vent sont utiles, il fait nettement plus frais qu’en plaine.

La glace, et la déception fréquente

C’est le point à comprendre avant de venir. Le champ de glace atteint plusieurs mètres d’épaisseur en fin d’hiver. Il tenait autrefois toute l’année ; il fond aujourd’hui beaucoup plus tôt, et la date varie fortement d’une année à l’autre : certaines sources donnent la mi-juillet, d’autres un reliquat jusqu’en septembre. Fin mai et début juin donnent les meilleures chances d’en voir. En août, au pic de la saison touristique, il ne reste souvent qu’un filet d’eau : la gorge garde son allure, mais le mot « glacier » des brochures ne correspond alors à rien. Ne partez pas en comptant sur la glace, et faites confirmer son état par votre agence quelques jours avant.

Le musée et la faune

Un petit musée jouxte l’entrée du parc : quelques vitrines de paléontologie et d’histoire naturelle, dont des animaux naturalisés. Dix minutes suffisent, et l’entrée se paie à part. Pour les fossiles, les collections d’Oulan-Bator sont sans comparaison. Sur le sentier, en revanche, l’observation vaut le détour : gypaète barbu, vautour moine, tétraogalle de l’Altaï, tichodrome échelette, bouquetins de Sibérie sur les crêtes et pikas dans les éboulis. Le léopard des neiges vit dans ces montagnes, mais n’espérez pas l’apercevoir.

Prix, durée et organisation

Le droit d’entrée dans les aires protégées a été relevé en 2025, avec un tarif distinct pour les étrangers, de l’ordre de quelques euros par personne, auquel peut s’ajouter une redevance de véhicule. Les montants ont changé récemment : faites confirmer la somme exacte par votre agence. Prévoyez des tugriks en espèces, il n’y a pas de distributeur sur place. Une demi-journée suffit pour le site, et la plupart des voyageurs dorment dans un camp de yourtes des environs. L’étape s’enchaîne naturellement avec les dunes de Khongoryn Els.

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