La Grande réserve du Gobi

La Grande Gobi couvre environ 53 000 km² le long de la frontière chinoise, dans l’extrême sud-ouest. Créée en 1975, elle a été inscrite au réseau UNESCO des réserves de biosphère en 1991, sur un périmètre plus vaste. Ce n’est pas une destination de vacances, mais une réserve scientifique où l’on n’entre pas librement.

Deux blocs, deux missions

La partie A, plus de 40 000 km², s’étend sur le Gobi transaltaïque. Elle abrite le chameau sauvage, l’ours de Gobi, l’argali, le léopard des neiges et les bosquets de saxaoul. La partie B, environ 9 000 km² plus au nord-ouest, sert surtout à la réintroduction du cheval de Przewalski, dont le troupeau avait été décimé par le dzud de 2009-2010. Environ 110 familles d’éleveurs y vivent avec près de 60 000 têtes de bétail : la cohabitation est le vrai sujet de la réserve.

Le chameau sauvage n’est pas un chameau échappé

Le khavtgai forme une espèce distincte du chameau de Bactriane domestique : plus petit, bosses plus basses et plus coniques, pelage sable, capable de boire une eau plus salée que l’eau de mer. Il en resterait environ 950 au monde, entre la Grande Gobi A et plusieurs réserves chinoises.

L’ours de Gobi : ne comptez pas le voir

Le mazaalai est le seul ours brun au monde à vivre en plein désert. Il en reste moins de cinquante ; une étude génétique de 2021 descend à une trentaine d’individus. Un nourrissage complémentaire existe depuis 1985 aux points d’eau, au printemps et à l’automne. Aucun voyageur ne le verra : les gardes eux-mêmes passent des saisons sans en croiser un.

Y aller : long, cher, incertain

Le siège de la réserve est à Bayantooroi, aimag de Gobi-Altai, une vingtaine de kilomètres au nord de la limite. La porte d’entrée est Altai, la capitale provinciale (2 213 m, environ 18 000 habitants en 2017), reliée à Oulan-Bator par des vols intérieurs peu fréquents. De là, comptez encore une journée complète de piste en 4x4 avec chauffeur. Emportez eau et vivres pour plusieurs jours, du carburant en jerricans, et acceptez l’absence de réseau. Comptez plusieurs milliers d’euros pour une dizaine de jours : voyez nos ordres de grandeur de budget. Fenêtre raisonnable : mai à septembre, avec 40 °C possibles en été et du vent de sable au printemps.

Les autorisations, avant tout le reste

Deux niveaux se cumulent. Le permis de zone frontalière d’abord : toute la bande sud est militarisée, et il se demande à l’avance depuis Oulan-Bator. L’accord de l’administration de la réserve ensuite, car une zone strictement protégée n’est pas un parc national : l’entrée se négocie et s’accompagne souvent d’un garde. Délais et tarifs bougent ; faites-les confirmer par une agence d’Oulan-Bator avant de bloquer vos dates. L’erreur classique : réserver les vols, puis découvrir que le permis n’arrivera pas à temps.

Est-ce pour vous ?

Pour un premier voyage, non. Les paysages sont plus austères que spectaculaires et la faune reste invisible la plupart du temps. Le parc de Gurvansaikhan donne plus à voir pour moins cher, et Khustain Nuruu permet de voir les chevaux sauvages en une sortie à la journée, surtout en fin d’après-midi. Elle se justifie si vous revenez en Mongolie, que le vide vous intéresse et que vous acceptez de rentrer sans photo d’animal rare.

À lire ensuite : le désert de Gobi · le Gobi occidental · la faune du Gobi · le climat mois par mois

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