La végétation du Gobi et le saxaoul

Le Gobi est un désert froid, posé sur un plateau qui oscille entre 900 et 1 500 m d’altitude, et bien plus caillouteux que sableux. Il reçoit moins de 200 mm de pluie par an, avec des températures qui descendent à 40 °C sous zéro en hiver et dépassent 40 °C en juillet. Il y pousse donc quelque chose, mais tout est bas, gris et espacé. Qui s’attend à du sable nu sera surpris.

Le saxaoul, l’arbre du désert

Le saxaoul (Haloxylon ammodendron) est le seul ligneux à former des peuplements étendus ; ormes et peupliers ne poussent qu’aux rares sources. Il monte de 2 à 8 m, rarement 12 m, sur un tronc tordu d’au plus 25 cm de diamètre. Il n’a presque pas de feuilles : ce sont les rameaux verts qui font la photosynthèse, ce qui limite l’évaporation. Ses racines descendent jusqu’à 10 ou 11 m pour aller chercher l’humidité profonde. Son bois est si dense qu’il coule dans l’eau. Surtout, il pousse très lentement : il faut environ un siècle pour un sujet de 4 m. Ce chiffre explique tout le reste de la page.

Ce que le saxaoul tient en place

Un peuplement compte quelques centaines de pieds à l’hectare, avec de fortes variations. Ce réseau de racines fixe le sable et casse le vent au ras du sol ; là où il disparaît, les tempêtes de sable gagnent en force. Les saxaoulaies représentent environ un quart de la surface boisée mongole, ce qui en fait une forêt nationale à part entière, même si elle ne ressemble à rien de ce qu’un Européen appelle forêt.

Armoises, salsolas et touffes

Le reste de la couverture végétale tient en arbustes nains : armoises grises (Artemisia), salsolas, stipes et graminées en touffes dures. Rien ne forme de tapis continu. C’est cette maigre ressource qui nourrit les troupeaux des éleveurs du Gobi. Le chameau de Bactriane broute le saxaoul sur pied toute l’année ; les moutons se contentent des rameaux tombés au sol.

Où en voir, et combien de temps

Le nom de Bayanzag signifie « riche en saxaoul » : la saxaoulaie y borde les falaises rouges. On en traverse aussi en approchant de Khongoryn Els. Le parc national de Gurvansaikhan, créé en 1993 et porté à environ 27 000 km², englobe Khongoryn Els, mais pas Bayanzag. Soyez réaliste sur la durée : une saxaoulaie se visite en vingt ou trente minutes à pied. Elle ne justifie pas un détour en soi, mais elle s’intègre sans effort dans un circuit de cinq jours.

Bois de chauffe et désertification

Le saxaoul est le combustible traditionnel du désert. C’est là que le bât blesse : un arbre coupé en une heure a mis des décennies à pousser. La coupe est encadrée, mais elle continue. Ajoutée au surpâturage, elle nourrit une dégradation générale des pâturages mongols, attribuée pour l’essentiel à l’activité humaine plutôt qu’au seul climat. La Mongolie a lancé en 2021 un programme national dit « un milliard d’arbres », dont une partie vise ces zones sèches. Concrètement, en bivouac, n’abattez rien : emportez un réchaud à gaz.

Saison et déconvenues

La végétation ne verdit que de juin à août, après les rares pluies d’été ; le reste de l’année, tout est ocre. Voyez le climat mois par mois avant de fixer vos dates. Deux déconvenues fréquentes : croire qu’on photographiera une forêt alors qu’il s’agit de buissons espacés, et sous-estimer la lumière dure de midi, qui aplatit tout. Lisez nos conseils pour photographier le Gobi et venez tôt le matin.

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